Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 3)

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 3)
Auteur: Tsuki

Source: the gazette

Song: SOAD, Defective tragedy


Chapitre trois

La sonnerie de son portable le tira brusquement de son sommeil.

- Moshi, moshi ? Dit-il la voix encore endormis.
- Uruha ! T'as vu l'heure ?


Le blond tourna la tête vers sa table de nuit. 11h30. Putain de réveil qui a pas sonné, il fallait vraiment qu'il investisse là dedans.

- Désolé. Mais... il n'y a pas répétition normalement aujourd'hui ?
- Non, mais on devait allez chez Aoi pour apporter la basse de Reita. Soupira le batteur.
- Ah ! J'avais oublié.
- Allez dépêches-toi ! Je t'attends en bas de chez moi.
- Hai.


Le blond se leva et partit se préparer. Pourquoi devait-il tout le temps jouer le taxi ? Kai ne pouvait-il tout simplement pas essayer d'avoir son permis ?
Après avoir prit une bonne douche, il revint dans sa chambre et choisit quelques vêtements. Il s'arrêta devant son miroir et se dit pour lui-même :

- Il va falloir mettre les bouchées doubles aujourd'hui !

Il sourit et sortit pour prendre sa voiture. Il passa chercher le batteur, qui ne manqua pas de lui rappeler l'heure, puis fila chez le guitariste brun.
Une fois arrivé, les deux musiciens sonnèrent à la porte mais personne ne daigna ouvrir.

- Ba ça valait le coup que tu m'engueules ! Rouspéta le blond.
- C'est bon, il n'a peut-être pas entendu.


Kai frappa contre le bois tout en appelant le brun. Quelques secondes plus tard, celui-ci ouvrit la porte à la volé et à moitié essoufflé.

- Gomen... je, j'étais encore au... lit et Reita est sous... la douche.

Uruha le regarda d'un air accusateur. Le guitariste était en boxer et complètement dépeigné.
Il les fit rentrer puis partit se préparer. Le blond s'affala sur le canapé et soupira.
Il avait oublié à quel point le corps du musicien était beau. Il chassa vite fait cette pensée et ses yeux se posèrent sur le nouvel arrivant.

- Bonjour Reita !
- Salut vous deux.
- Bien dormis ? Aoi t'as pas trop embêté ?
- Arrête avec ça ! Gronda le batteur.
- Et pourquoi je l'aurais embêté ? Demanda le guitariste brun
dans l'encadrement de la porte du salon.


Il s'avança vers les autres et proposa :

- Vous restez manger ?
- Si tu nous invites ? Répondit joyeusement le batteur.
- Bien sûr que je vous invite ! Mais c'est moi qui fais la cuisine !
- On va tous mourir. Soupira le blondinet.
- Alors tu viendras m'aider ! Comme ça Kai pourra discuter musique avec Reita
.

Il afficha un grand sourire moqueur et tira le blond jusque dans la cuisine.

- Attrape le riz et fais le cuir. Ordonna t-il.
- Fais le toi-même !
- Mais c'est bien toi qui as dis que je ne savais pas cuisiner.
- C'est pas ça le problème.
- Alors il est où le problème ? Dit-il en se rapprochant dangereusement du blond.
- C'est toi le problème ! Rétorqua le guitariste en le fixant sur un air de défi.
- Et pourquoi ? Demanda t-il en jouant avec une de ses mèches blondes.
- Tu es continuellement en train de me chercher des poux !
- Mais je n'ai rien fais aujourd'hui, et puis c'est toi qui voulais embrasser Reita à l'hôpital.
- Je fais ce que je veux, on n'est plus ensemble !
- Ne crois pas que je disais ça pour toi bien sûr.
- ...
- C'était plutôt vis-à-vis de Reita. Tu sais très bien que je m'intéresse à lui. Ce que tu fais tout les soirs de ton cul ne me regarde absolument pas.
- Je... de toute façon tu savais très bien toi aussi que je m'intéressais à lui. S'énerva le blond qui perdait son sang froid.
- C'est fort dommage.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot.
- Uruha... tu as perdu avant même d'avoir commencé à jouer.
- Ca c'est toi qui le dis !
- Alors laisse-moi te dire un petit secret.


Il plaqua le guitariste contre le mur et tout en détaillant ses courbes, il lui chuchota à l'oreille :

- Reita et moi avons dormis dans le même lit et nous avons fais l'amour.
- Quoi ?!
- Et laisse-moi te dire une chose... je n'ai jamais eut meilleur partenaire que lui. Sourit-il.
- ...
- Et comme tu as pus le remarquer, il n'a pas fuis, non au contraire il en a redemandé.
- Ce... ce n'est pas vrai.
- Mais si. D'ailleurs je l'entends encore me supplier entre deux gémissements : encore, encore...
- Non, ce... ce n'est pas...
- Encore... encore...


Aoi enfouit son visage dans le cou du blond tout en continuant à souffler ce mot. Ses mains tirèrent les hanches à lui et il bougea son bassin d'abord lascivement puis de façon de plus en plus audacieuse.
Uruha tenta vaguement de le repousser mais il ne pouvait nier son attirance pour le brun et il ne put retenir plus longtemps ses gémissements.

- Aoi... han... yame... te...
- Est-ce-que tu comprends ton erreur maintenant ?
- Han... je... ah, Aoi...
- Pourquoi as-tu voulus rompre ? Moi j'étais bien avec toi. Pourquoi a-t-il fallut que tu ailles trouver Reita ?
- C'est... compliqué... han...
- Pourtant tu le sais bien que tu ne peux pas me résister
.

Il mordilla la peau du cou, passa une de ses mains sous le boxer du blond et entama un mouvement de caresse.
Uruha passa ses bras autour de la taille du guitariste et crispa ses doigts sur le jean serré.
Aoi prit en main le sexe gonflé du blondinet haletant et fit de lents va et viens.

- Tu vois, tu as envi de moi.
- Han... oui... han... Aoi...


Il accéléra le rythme et l'embrassa tout en lui mordillant la lèvre inférieure. Il l'invita à disputer une douce bataille entre leurs langues.
Douce bataille qui se transforma vite en un fougueux ballet. Il sépara leurs bouches et Uruha étouffa un cri plus aigue dans le tee-shirt du brun.
Le corps du blond se raidit et il se libéra entre les doigts du guitariste. Les jambes tremblantes, il se laissa glisser contre le mur.
Aoi s'accroupit et laissa glisser un de ses doigts recouvert de sperme sur les lèvres pulpeuses de son ami.

- C'est maintenant que tu vas comprendre à quel point mon amour pour toi c'est transformé en haine.
- Aoi je...
- Chut mon ange. Sache que si j'ai couché avec Reita, ce n'est pas par amour... non, c'est plutôt par vengeance.
- ...
- Excuse-moi, mais je crois que je n'aurais de cesse de te torturer que quand tu auras touché le fond.


Il se releva, fit couler l'eau et se lava les mains avec un regard de dédain.
Il attrapa un paquet de riz et ignora royalement le blond qui ne semblait plus vraiment comprendre la situation. Il tenta tant bien que mal de se relever à son tour et s'avança vers lui.

- Att... attends un peu, tu veux dire que tout ce que tu fais, tu le fais uniquement par vengeance ?
- Hai, je n'ai jamais rien éprouvé pour Reita sinon de l'amitié.
- Tu dois arrêter de te servir de lui.
- T'as pas l'air de comprendre le mal que ça m'a fait de te voir me lâcher pour un mec qui t'a fuit après que vous ayez baisé ensemble.
- Et moi alors ! Tu m'as toujours donné l'impression que ta guitare comptait plus que moi !
- Et si c'était le cas tu crois que je ferais tout ça ?
- La ferme ! De toute façon c'est fini ! J'ai pas besoin de toi !
- Bizarrement il y a cinq minutes tu ne disais pas ça !
- Ta gueule !
- Je sais très bien que t'y arriveras pas ! Insista t-il en lui emprisonnant le poignet.
- Tu dis que des conneries !
- T'as beau essayé de me repousser, tu ne peux pas nier les sentiments que t'as pour moi !
- Je ressens plus rien pour toi ! T'es qu'un taré complètement accro !
- C'est toi qui raconte des conneries ! S'énerva le brun.


Il ne put retenir plus longtemps sa colère et sa main s'abattit sur le visage du blond.
Sonné, le guitariste ne réalisa pas tout de suite le geste de son ami. Kai entra dans la cuisine et demanda inquiet :

- Ca va vous deux ? On vous entend depuis le salon.
- Euh... oui, ça... ça va très bien... Balbutia Uruha qui venait enfin de comprendre.


Aoi lui lâcha le poignet et le guitariste blond sortit tête baissée de l'appartement. Le batteur leva un regard interrogateur vers le brun.

- Il fallait qu'on mette certaines choses au clair. Expliqua t-il.
- Ouais. Lâcha le brun sans pour autant être convaincu.
- Tu veux bien faire la cuisine ? Je dois parler à Reita.


Le batteur acquiesça d'un signe de la tête et le brun se dirigea vers le salon.
Uruha avait au moins raison sur un point : il ne devait pas se servir du bassiste pour se venger, après tout, lui, n'avait rien demandé.

- Reita est-ce-que...

Il se figea sur place quand il aperçut le blond en pleur qui tenait une photo.

- Pourquoi ? Pourquoi tu m'as rien dis ? Tu croyais sincèrement que je ne m'en souviendrais pas ?
- Euh... de quoi tu parles voyons ?
- Tu t'es servis de moi Aoi.


Il se leva pour lui faire face et lui donna un coup de poing. Le brun se retrouva à terre et Reita quitta à son tour l'appartement. Kai arriva en catastrophe et releva le guitariste qui saignait de la lèvre.

- Mais merde ! Qu'est-ce-qu'il se passe ? Qu'est-ce-que vous avez ?
- ...


Les yeux du brun se posèrent sur la photo.
Ils étaient tout les cinq, Kai au milieu, affichant un magnifique sourire, Uruha et lui se serrant tout en riant et Ruki donnant un baiser sur la joue du bassiste.
Un sourire amer se dessina sur le visage du guitariste et il dit :

- Reita... il fallait que je t'avoue que je t'ai menti... mais je crois que je m'y suis pris un peu tard.

# Posté le mardi 15 janvier 2008 10:39

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 4)

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 4)
Auteur : Tsuki

Source : The Gazette

Chapitre quatre


Cela faisait près d'une heure qu'il marchait sans savoir où aller. Les paroles du guitariste brun lui avaient fait l'effet d'un coup de massue. Bien sûr qu'il avait toujours des sentiments à son égard, mais Uruha avait besoin de plus d'affection.
Un amant et une guitare ne devraient pas être considérés de la même manière ! Pourtant, Aoi semblait avoir moins bien prit la situation qu'il ne le pensait. Mais, tout de même, ce n'était pas une raison pour se servir de Reita ! Il rentra dans un petit bar assez peu connu et s'assit à une table du fond. Le blond n'avait de cesse de ressasser toutes ces pensées agaçantes et cela commençait sérieusement à l'énerver.
Il commanda une bière en se persuadant que cela diminuerait son mal de crâne, enfin, c'était plutôt l'excuse pour se donner bonne conscience.
Après en avoir ingurgité deux d'une traite, le guitariste posa son menton sur la table et contempla sa chope vide. En y réfléchissant un peu mieux, lui aussi c'était servi du bassiste... Non ! C'était différent... il avait simplement profité de son état de faiblesse... c'était encore pire !

- Hmmm...

Les deux bières n'avaient apparemment pas l'effet voulu. Il leva le bras et un serveur lui porta une autre boisson. Il avait une furieuse envi de tout oublié. Perdu dans ses pensées, le guitariste ne vu pas arriver les trois hommes.

- Hey ! Qu'est-ce-que tu fais toute seule ma jolie ?
- Nani ? Rétorqua le blond l'esprit embrumé.
- On a un chagrin d'amour ? Ria l'un d'eux.
- ...
- Tu veux qu'on te console ? Ajouta un autre en s'asseyant à côté de lui.
- Mais ça va pas ou quoi ?! Je suis un mec bandes de cons ! S'emporta le guitariste.
- Sans déconner ! Je peux pas le croire !


Uruha se leva pour très vite se rassoir. L'alcool lui avait visiblement retiré toutes ses forces. Les trois hommes pouffèrent de rire. L'un deux attrapa le blond par le poignet, le souleva avec une facilité déconcertante et l'installa entre eux.
Encore une fois, il se retrouvait dans une position délicate. Ce genre de chose lui arrivait souvent ces temps-ci. Il devait attirer les ennuis... un peu comme un aimant. Le guitariste soupira et tenta de négocier à sa façon.

- Si vous me laissez tranquille, je pais ma tournée !
- Ca marche ! Mais tu bois avec nous !
- Hai !


Le blond fit signe au serveur et ils se retrouvèrent tous avec une bière sous le nez. Sachant parfaitement que boire encore l'achèverait, il se contenta de faire semblant et de regarder les trois autres faire. Ils n'étaient pas de mauvais bougres au fonds... ils manquaient simplement... d'un peu... de... délicatesse. L'un deux leva le bras et clama :

- Je pais ma tournée !
- Encore... murmura le blond.
- Bois moi ça d'un coup !


Voyant le serveur arriver un plateau à la main, il s'enfila d'une traite la boisson. Sa tête lui tournait affreusement et il ne distinguait plus les visages en face de lui. L'alcool était aussi nocif que l'amour qu'il portait pour les deux musiciens.
Pourquoi s'être détourné d'Aoi pour quelqu'un qui ne voudrait pas de lui. Même saoul, il fallait qu'il repense à tout ça, s'en était navrant ! Le blond finit finalement par glisser sur la table, le front contre le bois froid. Après quelques minutes, ou peut-être quelques heures, un jeune homme brun l'interpela :

- C'est pas Aoi qui boit pour oublier d'habitude ?
- Yune ?
- Tu te souviens encore de moi ?
- Je ne devrais pas ?
- Mais non, c'est flatteur.
- Qu'est-ce-que tu fous là ?
- J'aime bien ce bar.
- Ah... *Pourquoi il me dit ça lui ? Et puis pourquoi je lui parle ? J'ai mal au crâne, faut que j'arrête de réfléchir ou mes neurones vont péter !*
- Aoi t'a laissé sortir tout seul ?


Le blond jeta un coup d'½il furtif autour de lui. Effectivement, il était tout seul, ses compagnons de beuverie l'avaient laissé en plan.

- J'ai pas besoin de son autorisation pour me bourrer la gueule ! Et puis, on est plus ensemble.
- Alors le petit blondinet que voilà est célibataire ?!
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- Ne te mets pas en colère pour une simple remarque.
- Je suis pas en colère.
- T'as pas changé en tout cas !


Uruha afficha une magnifique moue boudeuse et s'affala de nouveau sur la table. Alors qu'il avait réussi à ne plus penser à ses problèmes, Yune était apparut de nulle part pour lui parler d'Aoi.
Qu'avait-il fait au bon dieu pour mériter un tel sort ? Ah si, il avait profité de Reita... Monde cruel... l'erreur est humaine alors pourquoi le sort s'acharnait-il autant ? Ses yeux se fermèrent lentement et il tomba dans l'inconscience. L'ex batteur du groupe souleva le corps sans mouvement et l'emmena jusqu'à son véhicule pour l'y déposer sur la banquette arrière.

- Les autres vont se faire du souci s'ils ne te voient revenir... Aoi va se faire un sang d'encre...

Un large sourire étira ses lèvres et il alluma le contact.

______________________________________

Les noms des rues se suivaient, se mélangeaient puis s'effaçaient pour laisser place à d'autres. Reita marchait, traînait serait le mot le plus approprié en faites. Ses yeux brouillaient par les larmes l'empêchaient de discerner correctement le sol. Il s'arrêta devant une cabine téléphonique, y entra puis composa un numéro.
Il le connaissait par c½ur et maintenant il était à peu prêt sûr de savoir à qui il appartenait. Il ne savait pas vraiment ce qui le pousser à appeler mais il avait une terrible envie d'entendre sa voix. Il ne l'avait pas revu depuis son accident mais c'était comme s'il ne l'avait jamais quitté.

*Biiiiip... Biiiiip...*


La voix d'une femme se fit entendre : « Le numéro que vous demandez n'est pas attribué »

- Kuso... Ruki...

Il devait lui parler.

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 07:34

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 5)

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 5)
Auteur : Tsuki^^

Source : tHe GaZeTtE

Song : girugamësh et plein d'autre !



Chapitre cinq

Il était à bout de souffle.
Il savait où trouver Reita mais il ne savait pas se qu'il pourrait bien lui dire une fois devant lui.
Il avait fait une erreur, oui, une énorme erreur et il serait prêt à toutes les punitions mais il ne voulait surtout pas perdre l'amitié du bassiste.
A court d'oxygène mais toujours en vie, Aoi se dirigea vers le quai de gare le plus éloigné.
Une silhouette qu'il ne connaissait que trop bien y attendait, mais attendait quoi ? Le train ? Comment avait-il pus se rappeler de l'endroit où séjourné Ruki ? Un bruit au loin lui fit signe que le train en question arrivait en gare.
Il se pressa un peu plus et eut à peine le temps de poser le pied sur le quai que Reita disparaissait déjà dans une des voitures.
Il se précipita vers lui mais la porte se referma avant qu'il est pus la franchir.

- Chotto matter kudasai !

Mais le boucan des moteurs couvre sa voix et le train démarre.
Il court après cette maudite machine et tente d'attirer l'attention du blond. Il lève les bras, frappe aux vitres mais déjà le train accélère.
Un signe, Reita l'a vu mais il ne bouge pas. Il reste stoïque et fixe d'un air surpris le guitariste qui s'entête à vouloir courir au rythme des roues.
Aoi cri, il tente de lui dire quelque chose mais le son des mots ne lui parvient pas.
Il sait, il sait qu'il n'aura pas de deuxième chance, et pourtant il s'obstine et continu sa course contre le temps.
Le bassiste réagit enfin, il s'avance vers la fenêtre et l'ouvre d'un geste pressé alors qu'Aoi se fait peu à peu distancer. La faible voix du brun retentit enfin à ses oreilles :

- Pardonne-moi ! Ruki... il, il t'aime ! Dis lui qu'Uruha lui demande pardon ! Dis lui que ce n'est pas ta faute !

Les derniers mots meurent sur ses lèvres et le manque d'air le fait trébucher.
Il avait menti mais c'était pour que Reita lui pardonne et pour qu'il trouve le courage de demander pardon à Uruha.
Non, son guitariste n'avait jamais demandé le pardon du chanteur mais il se plaisait à croire qu'Uruha regrettait son geste. Uruha... où se trouvait-il à cet instant ?
Jamais il ne s'était cru capable d'une telle méchanceté envers le blond, jamais... la colère l'avait submergé, il n'était pas lui-même.
Il aurait pu rester ainsi, à réfléchir, pendant plusieurs heures si une main ne l'avait pas tiré de sa réflexion.

- T'es toujours obligé de te donner en spectacle toi ! Fit remarquer un batteur tout sourire.

Il s'accroupit et releva la tête du brun qui restait obstinément baissé par la gêne.

- Allez, on rentre à mon appart et tu m'expliques un peu mieux le pourquoi du comment. Ok ?

Aoi approuva et suivit le batteur jusqu'à son domicile qui, fort heureusement pour eux, ne se trouvait qu'à quelques mètres de la gare.
Il n'avait pas vraiment envie d'en parler, non, il voulait juste aller voir Uruha pour lui demander pardon et pour essayer de le faire changer d'avis.
Mais comment devait-il si prendre ? Il semblait plus qu'évident que le blondinet avait fait un trait sur leur relation.
Il devait le convaincre du contraire ! Uruha avait encore des sentiments pour lui !
Aussi infimes soient-ils... mais ils étaient là. Il devait à tout prix essayer de le convaincre. Il était prêt à tout les sacrifices, même si cela incluait de faire passer la musique après leur relation. La question restait la même pourtant...
Comment faire ? Lui offrir quelque chose ? Non, cela lui donnerait l'impression de se faire acheter.
Uruha pouvait être simple, comme il pouvait être compliqué.
C'était un vrai casse tête ! Fallait-il qu'il aille jusqu'à renoncer à sa fierté et se mettre à genoux ? Il y a des limites tout de même... quoique...

- Tu veux boire quelque chose ?
- Nani ?
- Et oh ! La terre appelle la lune ! Aoi réveilles-toi !
- Pardon... j'étais ailleurs.
- Je vois ça.
- ...
- Bon, tu m'expliques ou tu attends le déluge ? Ironisa le batteur.


Pourquoi devait-il donner une explication ? Il n'y avait rien à expliquer...
Kai était une personne adorable dont le seul but était d'aider les autres, mais Aoi n'avait vraiment pas envie de s'époumoner à justifier ces actes.
Il était en tort, point à la ligne. Voyant que le guitariste brun ne réagissait toujours pas, le batteur s'avança et claqua des doigts pour le faire revenir à la réalité.

- Tu ne veux pas m'en parler ? Demanda Kai un peu vexé.
- Disons que je n'en ai pas besoin...
- Ce n'est pas bien de tout garder pour soi !
- Tu te fais du souci pour rien.
- Ah ?
- Le problème vient de moi et je sais parfaitement comment le régler.
- Alors qu'est-ce-que t'attends pour le faire ?
- J'en sais rien... je crois que j'ai peur de ce que ça pourrait engendrer.
- Si tu voulais bien m'en dire un peu plus je pourrais peut-être t'aider.
- Nan c'est bon. Ne t'inquiète pas.
- Difficile à faire après tout ce que j'ai vu aujourd'hui !
- Laisse-moi m'en occuper, ok ?
- De toute façon, je ne crois pas avoir le choix.
- Non.


Aoi se releva du canapé dans lequel il s'était inconsciemment laissé tomber, puis partit rejoindre son véhicule en bas de l'appartement.
Une personne était appuyée sur sa voiture et semblait l'attendre.

- J'ai cru que j'allais devoir venir te chercher !
- Yune ? Qu'est-ce-que tu veux ?
- Toujours aussi aimable à ce que je vois.


L'ex batteur s'avança vers le guitariste qui s'était figé de surprise.
Il le contourna lentement, s'arrêta dans son dos et posa ses mains sur les hanches du brun qui ne montrait aucunes réactions. Yune sourit et chuchota à l'oreille du guitariste :

- Uruha est toujours aussi imprudent.
- Uruha ?
- Finir ivre dans un bar peu connu, c'est un peu dangereux. Il pourrait tomber sur des personnes mal intentionnées.
- Où est-il ? Demanda subitement Aoi.
- Chez moi. Quand il est tombé inconscient sur la table, j'ai cru bon de l'emmener en lieu sûr.
- ...
- Je n'aurais pas dus ?
- Si, si. Je vais le récupérer.
- Ok, on a qu'à prendre ma voiture.


Aoi acquiesça d'un signe de la tête.
Il ne savait pas si le fait que Yune ait recueillis Uruha soit une bonne ou une mauvaise nouvelle.
Les deux musiciens ne s'étaient jamais vraiment appréciés... Dieu seul sait pourquoi ! Yune profita d'un feu rouge pour engager la conversation.

- Uruha m'a dit que vous n'étiez plus ensemble. C'est vrai ?
- Oui... plus ou moins.
- Plus ou moins ?
- C'est vert.
- Quoi ?
- Le feu.
- Ah !


Il accéléra et n'insista pas plus sur le sujet. Ils se retrouvèrent assez vite devant l'appartement de l'ex batteur.
Yune poussa la porte qui portait le numéro cinq et invita le guitariste à entrer. Le brun s'avança au milieu du salon et demanda froidement :

- Où est-il ?
- Dans ma chambre, il dort.
- Je vais le chercher.
- Tu ne vas quand même pas le réveiller ?! Dit le batteur sur un ton faussement outré.
- Ca lui enlèvera peut-être l'envie de se bourrer la gueule tout seul.
- Tu peux parler ! C'est pas toi qui terminais toujours saoul après t'être fait jeter par une fille ?
- C'est différent.
- Tu vas me dire que tu savais ce que tu faisais peut-être.
- La ferme ! J'ai pas envie d'en parler et encore moi si c'est avec toi ! S'énerva le guitariste brun.
- Je ne voulais pas te mettre en colère.


Yune encercla la taille d'Aoi.
Celui-ci resta stoïque et se contenta de chercher du regard la porte qui pourrait correspondre à la chambre où dormait le blondinet.
Ne constatant aucunes réactions de la part du guitariste, Yune glissa une main sous le jean du brun et lui murmura :

- Tu devrais te détendre un peu. Il ne s'envolera pas.
- A quoi tu joues ?
- Je ne joue pas.
- Alors enlève ta main d'ici.
- Et si je te faisais subir ce que tu as fais à Uruha il n'y a pas si longtemps ?
- Nani ?
- On apprend tellement de chose d'une personne ivre.
- Il t'a dit quoi exactement ? S'inquiéta soudain Aoi.
- Certaines choses...
- Yune !
- Ne te fâche pas, je n'aime pas quand tu es en colère. Ton visage est tellement plus beau quand il reflète le plaisir.
- Quoi qu'il t'ai dit, oublie.
- Soit. Mais je veux quelque chose en échange.
- Mais enfin Yune ! T'as quel âge ?!
- Je veux que tu me laisse revoir tes yeux noyés par l'extase.
- Ce qu'il s'est passé entre toi et moi, n'est rien d'autre qu'un souvenir lointain.
- Oui... mais il est encore tellement présent dans mon esprit.


Agacé par le comportement du batteur, Aoi se défit de son étreinte et se dirigea vers l'une des pièces.
Il en ouvrit la porte, plus fort qu'il ne l'aurait voulu, et y découvrit la salle de bain.

- Ne te sens pas obligé de tout casser. Précisa Yune amusé.

Le guitariste lui lança un regard noir et ouvrit une autre porte. Une voix à son oreille le fit sursauter :

- Encore manqué. Ca c'est la chambre d'ami. Sussura le batteur.
- Arrête de te glisser dans mon dos comme ça ! S'impatienta le guitariste.
- Mais quel mauvais caractère !


Et disant cela, il poussa Aoi à l'intérieur. N'ayant rien vu venir, le brun trébucha et s'étala royalement sur le sol.
Yune avait décidément de drôle de manière pour accueillir les gens, à moins que cet accueil ne lui soit spécialement réservé... Fort possible.
Il se releva tant bien que mal et tomba nez à nez avec le batteur apparemment ravi. Celui-ci passa ses bras autour du guitariste et le fit reculer jusqu'au lit.

- Yune...

Mais sa phrase fut étouffée par les lèvres pressées du batteur. Yune s'amusait à détailler chaque ligne, chaque courbe, chaque creux se trouvant sur le corps en sa possession.
Aoi finit par basculer sur le matelas et se retrouva vite dominé. Les caresses du batteur se firent d'un coup plus osées.
La chemise du brun rejoignit le sol, et ce n'est qu'à l'instant où Yune s'apprêtait à lui retirer son jean qu'il réagit enfin.
Pourquoi se laissait-il ainsi faire ? N'était-il pas venu pour récupérer Uruha ? Ses mains emprisonnèrent celles du batteur, et ses yeux s'ancrèrent froidement dans ceux Yune.

- Non.
- Pourquoi ? Tu en as envie, non ?
- Pas avec toi...
- Avec Uru-pon.
- ...
- Vous êtes incorrigible tout les deux.


Aoi relâcha sa prise. Yune nicha ses mains dans les cheveux de jais et emprisonna les lèvres du guitariste. Un bruit de verre brisé le fit s'arrêter.
Le batteur se redressa lentement, un sourire éclairant son visage, et, tout en caressant la peau pâle du brun, il tourna la tête vers la porte.

- A...

Le c½ur d'Aoi cessa de battre quelques instants. Ses yeux n'arrivaient pas à se décrocher du corps se tenant dans l'encadrement.
Les quelques secondes qui suivirent furent une éternité... éternité durant laquelle les yeux noisettes de son bien aimé exprimèrent la tristesse et la souffrance.
Dernière seconde où la silhouette frêle préfère se retourner, fermer la porte et s'en aller. Dernier instant, où pendant un moment la vie a cessé d'être.
Le bruit de la porte donne le départ et voilà le temps qui redémarre. L'air est lourd, le silence oppressant et la douleur omniprésente.
Le guitariste tente de comprendre la raison pour laquelle il sent soudain sa poitrine se déchirer. Une moitié de lui vient de lui être arraché.
Ce n'est pas comme ça que ça devait se passer... Uruha par pitié, je ne suis pas sûr qu'après ça tu veuilles être sauvé, mais par pitié, revient et dit que tu pourras encore m'aimer. Uruha... pourquoi ne reviens-tu pas ? Uruha...

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 07:42

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 6)

Et si on pouvait tout effacer ? (Chap 6)
Auteur : Tsuki

Source : tHe GaZeTtE

Song : JJ Lin, Plastic Tree et Evanescence.


Chapitre six


Le paysage de Kanagawa défile sous mes yeux noyaient par le chagrin.
Pourquoi cela m'atteint-il ?
J'étais pourtant sûr d'avoir effacé les moindres sentiments que j'avais à ton égard.
Je les avais reniés, rejetés, balayés.
J'avais fait taire mes larmes, allant même jusqu'à tomber dans les bras d'un autre.
Je sais parfaitement qu'il n'y a jamais rien eut d'autre que de l'amitié entre Reita et moi, mais il fut celui qui apaisa mes blessures.
Je ne devrais pas m'attacher à lui, je le sais, mais je continue.
Il est partit rejoindre Ruki, et moi, je le suis tête baissée.
Je ne pense même pas aux conséquences que mon arrivée là-bas pourrait provoquer.
J'ai déjà détruit leur couple une fois... serais-je capable de recommencer ?
L'idée ne me plaît pas, mais Ruki a-t-il autant besoin de Reita que moi j'en ai besoin ?
Je ne sais pas... Et personnellement je m'en moque.
Pour l'instant, je n'arrive à discerner que mon propre mal.
C'est éc½urant et égoïste, je le sais.
Ne me blâmez pas, je ne suis qu'un homme plein de défaut. Ma réflexion se stoppe en même temps que le train.
Les larmes ont séché sur mes joues devenues trop pâles.
Mes yeux rougis font s'interrogés les passants.
Certains y verront un gros chagrin, d'autres penseront que je ne suis qu'une pauvre loque... Mes pas lents me conduisent devant la maison des parents de notre chanteur.
Je pousse le portail et pénètre dans ce qui semble être le jardin. Reita est là, Ruki aussi.
Ils parlent... je n'ose pas m'avancer plus près.
Le petit chanteur semble au bord des larmes, alors que Reita s'évertue à rester calme pour ne pas le brusquer.
Ces gestes rapides trahissent malgré tout son malaise.
J'avance un pied.
Ruki semble réfléchir.
J'avance le deuxième.
Reita ne prononce plus un mot, ne fait plus un geste.
Je réfléchis aux mots dont je vais avoir besoin pour pouvoir l'interpeler.
Ruki acquiesce d'un signe de la tête et se rapproche du bassiste. Mon c½ur s'accélère.
Le petit blond se blottit contre Reita qui passe ses bras hésitants autour de sa taille.
Des sueurs froides parcourent mon corps figé.
Une seule pensée me parvient : Il ne m'aidera plus.
Le regard de Ruki s'arrête sur moi et je le sens plus menaçant que jamais.
Il s'écarte lentement du bassiste qui vient de comprendre en me voyant.
Je connais la suite de l'histoire, et pourtant, je n'essaie pas de la changer.
Mon corps reste obstinément de marbre face à ce petit homme qui je le sais, me hait. Sa main s'abat sur mon visage.
Il déverse toute sa ranc½ur sur moi, je le laisse faire.
J'essaie de faire attention à ce qu'il me vocifère, mais je m'aperçois que je me concentre tellement pour me forcer à écouter que j'en oublie de saisir le sens des ses mots.
Reita n'a pas daigné intervenir, il regarde et se tait.
Je lève mon regard perdu vers lui et m'incline en signe d'excuse.
Ma gorge est sèche et ma bouche ne daigne pas laisser sortir les mots qu'il faut.
Je me retourne sans plus d'explication et cours, oui je cours, pour ne pas voir vos yeux remplis de haine.
Mes jambes m'entraînent dans les rues de cette ville qui ne m'est pas si inconnue.
Ma respiration se presse et mes lèvres tentent de laisser passer l'air qui est nécessaire à mes poumons.
Je fonce tête la première dans la foule de jeunes qui manifestent pour je ne sais quelle raison.
Les corps se bousculent, se heurtent, puis se séparent pour s'entrechoquer de nouveau.
Je me laisse porter par le rythme de leur pas.
Je m'élance dans une autre rue, traverse les routes et parcoure les derniers mètres qui me séparent de la plage vide en cette saison.
Haletant, je me laisse tomber sur le sable froid. La fraîcheur de l'air me calme et je me mets à rire sans vraiment savoir pourquoi.
Ne devrais-je pas plutôt pleurer ? La situation est-elle si comique ?
En y réfléchissant un peu mieux, elle est presque stupide.
Ce mettre dans de tels états pour un homme, pour un être humain... pour un être fait de chair et d'os... pour toi.
Oui mais voilà, c'est toi !
Et pas n'importe qui d'autre ! Mes jambes sont lourdes d'avoir trop courue, mais me portent quand même jusque dans l'eau agitée.
Je retire mes chaussures et laisse l'écume recouvrir mes pieds désormais nus.
Je regarde lascivement le soleil disparaître à l'horizon.
Je n'y arrive pas, je n'y arrive plus.
Pleurer m'est-il devenu impossible ?
Où sont passés ces fins filets d'eau salé qui matérialisaient les sentiments de l'homme ?
Peut-être m'en suis-je servi à mauvais escient et que maintenant la source s'en trouve être tarie.
Les vagues éclaboussent mon jean sans aucune retenue.
La marée monte à une vitesse vertigineuse !
Je ne sais pas si je tremble de froid ou de fatigue.
Mes yeux sont toujours fixés sur l'horizon d'où a disparu le soleil.
J'inspire un bout coup et laisse cet air marin remplir mes poumons.
Cette bouffé d'oxygène m'étourdit et je perds peu à peu mon assurance.
Mes pieds glissent et mon corps bascule en arrière.
La chute est infiniment longue et seul le contact froid de l'eau me fait prendre conscience qu'elle est terminée.
Seul, face au ciel parsemé d'étoile, je me sens comme un enfant abandonné par sa mère.
J'ai le c½ur lourd mais mon esprit est vide.
Alors c'est ça l'amour ?

_________________________________________________


Le bassiste s'avance vers le petit blond et le sert contre lui.
Il ne savait pas vraiment s'il devait être heureux.
Il se souvenait juste... non, il ne se souvenait pas en faites.
Il avait juste le pressentiment que lui et Ruki étaient liés.
Il n'en était pas certain, mais il faisait simplement ce que son c½ur lui dictait, et puis, Ruki semblait honnête.
Il se débarrassa de ses derniers soupçons et murmura à l'oreille du blond :

- On devrait peut-être aller le chercher.
- ...
- Tu devrais lui pardonner. Même si je ne me souviens plus vraiment dans quelles circonstances tout cela c'est passé, je ne pense pas qu'il est voulu te faire du mal...
- Peut-être, mais je voudrais entendre des excuses sincères.
- Il t'en donnera.
- Je veux rester avec toi ce soir.
- Nani ?
- Je vais dire à mes parents que tu restes dormir.
- Ok...


Ruki laissa le bassiste seul.
Il savait très bien que le chanteur ne se sentait pas prêt à pardonner, mais il ne pouvait pas se résigner à laisser Uruha tout seul dans cette ville.
Alors il composa le numéro qui lui semblait être le plus approprié.

- Bonsoir c'est Reita.
- Reita ! T'es où ?
- C'est bon, je vais bien.
- Ah, vous n'arrêtez pas de me faire peur aujourd'hui ! Uruha qui disparaît, ensuite c'est toi et pour finir c'est Aoi que je retrouve à bout de souffle sur le quai de gare !
- Justement. Est-ce que toi et Aoi pourriez venir à Kanagawa ? Je voudrais que vous vous occupiez d'Uruha.
- Uruha est à Kanagawa ?
- Hai. Vous pouvez ?
- On arrive.
- Merci.


Il raccrocha et laissa traîner son regard sur le ciel.
Son teint saumon rappelait ces soirs d'été où ils restaient tous allongés dans l'herbe à se raconter divers histoires.
Ces soirs d'été... il se souvenait. Un sourire se dessina sur son visage à présent serein.
Ses yeux balayèrent une dernière fois la voûte céleste et ses pensées se dirigèrent vers le guitariste blond.
Où se trouvait-il maintenant, à une heure pareille ?
Seul...

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 04:15

Et si on pouvait tout effacer (Chap 7)

Et si on pouvait tout effacer (Chap 7)
Auteur : Tsuki

Source : tHe GaZeTtE

Song : Miseinen version piano, last word (rentrer en soi)


Chapitre sept

Pourquoi ne t'ais-je pas poursuivi ?
J'aurais du me relever et te courir après.
J'aurais du mettre ma fierté à bas et te supplier à genoux de bien vouloir de nouveau me regarder.
Au lieu de ça, je suis resté sur ce lit, figé.
Je pensais que la situation ne pouvait pas être pire... j'avais tort, me voilà bien puni pour mon audace.
Mais pourquoi Yune doit-il être mon bourreau ?
Dans cet appartement désormais vide de ta présence, seul retentit mes sanglots étouffés et sa respiration saccadée.
Ces gestes se font plus pressés.
Un n½ud se forme au niveau de mon estomac.
J'ai peur.
Pas de Yune, non, lui je sais ce qu'il attend de moi.
Non, j'ai peur de ne plus jamais te revoir.
Mon c½ur bat si vite... je sens ses mains frôlaient mes hanches.
Je ne veux pas de ça.
On dirait que tu as emmené avec toi le reste de mes forces.
Cruel petit ange... ne viendras-tu pas à mon secours ?
Non... tu sembles déjà si loin.
Mon corps se soulève, portait par les mains si fortes de ce cher batteur.
La scène me dégoûte et pourtant je ne ferais rien pour l'arrêter.
L'amour que je te porte n'est-il pas assez grand pour que tu veuilles ainsi me délaisser ?
Ma peau frissonne au contact de l'air frais de la chambre... mes vêtements m'ont quitté.
Je suis nu et j'observe tranquillement la scène se dérouler.
Je suis plus froid qu'un glaçon et cela semble lui plaire. Je le laisse faire comme il lui plaît.
Poupée docile inanimée.
Il tire mon bassin à lui et c'est une autre partie de moi qui semble se déchirer.
Mon c½ur avait mal, mais là, c'est mon corps tout entier qui souffre.
Ses mouvements s'accélèrent.
Mes mains se resserrent sur les draps froissés.
Mes yeux se ferment sous la douleur et ma voix s'étrangle.
Je sens la sueur perler sur nos deux corps qui s'entrechoquent au grès de ses caprices. Caprices insatisfaits puisqu'il accentue encore un peu plus la cadence.
Mon corps se tend alors qu'il lève mes cuisses et recommence ses vas et viens de plus belle.
Je rouvre les yeux et laisse tomber mon regard sur la fenêtre. J'ai mal.
Ses coups se font plus profonds et il se libère en moi.
Ses bras enlacent ma taille et il reprend son souffle à mes côtés.
Il met son visade dans mon cou et fini par s'endormir.
Longues heures d'éternitées. J'attends.
Je n'arrive même plus à penser correctement, mes idées s'embrouillent et seul ton visage triste me parvient.
La soirée est déjà bien avancée quand mon portable se mets à vibrer.
Kai ? Il s'inquiète encore ?
Yune vient de se réveiller.
Je décroche.

- Quoi ?
- Wahou ! Quel accueil ! Merci bien Aoi !
- Gomen. Je suis fatigué.
- Ba c'est pas le moment ! Viens tout de suite à la gare, j'ai deux billet pour Kanagawa !
- Kanagawa ? Tu vas voir Ruki ?
- Rectification : Nous allons voir Uruha.
- Uruha ?
- Je ne te le répèterais pas deux fois ! Je t'attends, le train est là dans une demi-heure !


Et le batteur raccrocha aussi sec.
Kanagawa ? Uruha ?
Qu'est-ce-que ça signifiait ?
Pourquoi leur guitariste se trouvait-il là-bas ? Autant de questions qui lui firent oubliées où il se trouvait lui-même.
Yune s'assit sur le bord du lit et demanda d'un air rêveur :

- C'était votre nouveau batteur ?
- Oui.
- Il a l'air strict.
- C'est pas plus mal...
- Alors tu t'en vas ?
- Oui.
- Dis-moi Aoi, tu es bête ou tu le fais exprès ?
- Nani ?
- Tu te rends compte de ce que je t'ai fais ou pas ?
- Oui.
- Et c'est le seul effet que ça te fait ?
- Comment veux-tu que je réagisse ? Que je pleure ?
- Ce serait plus drôle. Avoua le batteur d'un ton moqueur.
- Je ne te laisserais pas ce plaisir.


Le guitariste brun se releva, se rhabilla puis courut à la gare. Yune s'accouda à la fenêtre et murmura pour lui-même :

- Tu es un peu lent à la détente... J'ai eu ce que je voulais mais toi tu as peut-être perdu à jamais ce que tu désirais. Qui sait... peut-être me retomberas-tu dans les bras une fois le chagrin passé.

Un sourire étira son visage et ses paupières se fermèrent de satisfaction.

__________________________________________


Kai s'entêtait à faire des aller retour sur la voie qui accueillerait bientôt le train qui les conduirait à Kanagawa.
Cinq minutes !
Il ne restait plus que cinq minuscules minutes !
Aoi n'avait jamais vraiment été ponctuel.
Mais tout de même !
Il ne savait pas grand-chose de la situation.
Personne n'avait réellement daigné lui expliquer en faites.
Chose rare et inhabituelle.
Cette position lui déplaisait fortement !
Il avait toujours sut être là pour chaque membre du groupe, tel qu'il soit !
Et aujourd'hui, la situation lui échappait !
Le scénario avançait, mais sans lui, il était exclu du récit.
Il était en colère, oui, contre qui ?
Contre lui-même.
Savoir qu'il était impuissant le mettait hors de lui.
Un bruit sourd retentit au loin, le train arrive.
Une voix féminine retentit dans la gare :

- Le train en partance pour Kanagawa va entrer en gare.

La machine s'arrête mais ne coupe pas ses moteurs.
Le batteur lance un dernier regard furtif sur le quai.
Toujours pas là.
Il soupira et patienta encore un peu.
De nouveau, la voix d'une femme résonna :

- Le train en partance pour Kanagawa va partir, veuillez-vous éloigner des bordures du quai.

Kai rentre dans un wagon et prend place sur un siège.
Aoi dépêche-toi bon sang !
Le train démarre et quitte la gare dans un bruit assourdissant.
La porte du compartiment s'ouvre à la volé et laisse apparaître un guitariste brun complètement essoufflé.

- Aoi !
- Désolé... pour... le retard...
- Pas grave. Sourit le batteur ravi.


Aoi prit place en face du brun.
Tout deux restèrent silencieux le long du voyage.
Aoi semblait plus vide encore qu'une coquille abandonné et Kai espérait bien que leur arrivé à Kanagawa changerait les choses.
Mais par où commencer ?
Reita n'avait donné aucune précision.
Il avait juste dit qu'ils devraient s'occuper d'Uruha.
Est-ce-que cela voulait dire qu'Uruha se trouvait aussi chez Ruki ?
C'était plus que flou !
La réflexion du brun fut stoppée par l'arrêt du train.
Les deux musiciens descendirent et se dirigèrent vers la demeure familiale de leur chanteur.
Elle n'était qu'à quelques minutes de la gare.
Ils entrèrent dans la plus grande discrétion et frappèrent à la porte principale.
Ruki vint leur ouvrir et fut bien surpris de retrouver deux membres de son groupe derrière la porte de ses parents.

- Qu'est-ce-que vous faites là ?
- C'est moi qui leur ai dit de venir ! S'excusa Reita derrière lui.
- Ah ! Bon ba entrez.
- Merci. Dire en c½ur les deux bruns.


Après avoir salué les parents du petit chanteur, ils s'installèrent tout les quatre dans le salon et le bassiste prit la parole :

- Je suis content que vous soyez là.
- Même moi ? Sourit tristement Aoi.
- Même toi.
- Où est Uruha ? Demanda le batteur inquiet.
- Justement, c'est pour ça que je vous ai appelé.


Aoi daigna enfin relever la tête et écouta attentivement leur bassiste.
Celui-ci leur raconta ce qui c'était passé, sans pour autant mettre la faute sur le dos de Ruki.

- Et vous n'avez aucune idée d'où il pourrait être ? Interrogea le batteur de plus en plus inquiet.
- Non...
- Il n'y avait pas un endroit où il aimait bien aller ? Questionna le guitariste brun.
- La plage.
- Hein ?
- La plage. Insista Ruki.


Ni une ni deux.
Les deux bruns se levèrent et partirent en direction de la plage la plus proche.
Des cinq membres du groupe ils étaient les deux à moins bien connaître cette ville, mais peu importé, il fallait avant tout retrouver le guitariste blond.
Ils s'élancèrent dans les rues, regardant chaque panneau, chaque nom, chaque indication pouvant leur servir.
Aoi s'efforçait de suivre Kai, mais sa respiration lui faisait défaut. Saloperie de clope !
Il devait revoir Uruha, il devait lui demander pardon.
A cette pensée, le guitariste accéléra et passa devant le batteur.
Au bout de dix minutes de course acharnée, la plage leur apparut enfin.
Aoi ne prit même pas la peine de regarder avant de traverser la route.
Des klaxons furieux retentirent et les freins des voitures <3èrent pour stopper leur course.
Le brun quitta le goudron sans se préoccuper des hurlements de terreur des piétons qui passaient par là.
Ses poumons semblaient sous le point de craquer quand il s'arrêta enfin.
Ses yeux affolés cherchèrent la présence du blond.
Ses pupilles se stoppèrent sur un corps étendu sur le sable. Uruha ?
Oubliant la douleur de ses jambes, il se précipita sur lui.
Reconnaissant ses vêtements, il tomba à genoux, prit le corps du blond entre ses bras et appela le nom de son bien aimé :

- Uruha ! Uruha s'il te plaît, réveille-toi !
- Hum... Aoi ? Pourquoi tu cris comme ça je ne suis pas sourd.
- ... Tu es vivant ! S'émerveilla le brun en larme.
- Mais bien sûr ! Je me suis endormis c'est tout !
- Tu nous as fait peur imbécile ! Kai et moi on court à travers la ville depuis tout à l'heure !
- Go... gomen.
- Ne refais plus jamais ça ! Gronda le guitariste brun.
- Oui, oui. Mais qu'est-ce-que tu fais ici ? Tu ne devrais pas être avec Yune ?
- Reita nous a appelé pour qu'on vienne. Et non je n'ai rien à faire avec Yune !
- Pourtant vous aviez l'air de bien vous entendre.
- C'est un malentendu ! Je n'aime pas Yune !
- Vraiment ? La scène que j'ai vue me laisse pourtant croire le contraire.
- Mais c'est toi que j'aime imbécile ! S'énerva le brun.
- Moi ?
- Mais dis lui Kai ! Supplia Aoi en se retournant.


Mais personne ne daigne répondre, pas même bouger. Il n'y a personne.

- Kai ?

Les battements de son c½ur s'accélérèrent de nouveau. Ses yeux cherchèrent, scrutèrent mais en vain.
Le guitariste blond se libéra de l'étreinte d'Aoi et observa à son tour les environs.
Son regard se stoppa, et, pointant du doigt un endroit il demanda inquiet :

- Dis Aoi, c'est quoi là-bas ?

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 04:24

Modifié le mardi 29 janvier 2008 04:02