Auteur : Tsuki^^
Source : tHe GaZeTtE
Il avait beau savoir que rien de ce qu'il dirait ou ferait ne changerais la situation, il continuait obstinément à se débattre. Aoi lui avait pardonné, il avait eu le courage de crier leur amour en public, et qui plus est devant son père !
C'était à peine croyable. Mais pourquoi fallait-il que la police s'en mêle ? Il n'avait absolument rien à leur dire et il ne voulait plus jamais entendre parler de tous ces problèmes.
Soudain, les deux homme s'arrêtèrent et poussèrent violemment le blond contre le mur qui leur faisait face.
Le guitariste manqua de se manger la tête dans le béton, mais fort heureusement pour lui ses mains amortirent le choc.
Il regarda autour de lui et constata qu'il ne se trouvait pas du tout au commissariat, mais dans une rue ou plutôt un cul de sac.
Il se tourna pour leur faire face et demanda nerveusement :
- Qu'est-ce-qu'on fait ici ?
- T'as pas encore compris ?
- Qu'est-ce-que vous voulez dire ? Demanda le blond perdu.
Les deux hommes retirèrent leurs uniformes pour laisser place à des vêtements normaux.
- Vous... vous n'êtes pas de la police ?
- Non.
- Qu'est-ce-que vous me voulez ?
- L'argent que ta mère ne nous a toujours pas donné.
- Je... je n'ai rien à voir là dedans.
- Mais on s'en fout de ça !
- Je n'ai pas votre argent.
- Et tu crois que ça va suffire ?
Uruha était réellement effrayé. Ces hommes lui demandaient de l'argent qu'il n'avait pas et ils ne semblaient pas enclins à discuter.
Alors qu'il songeait à s'enfuir, un autre homme fit son apparition.
-On n'a pas le temps de discuter calmement. Ou tu pais ou on te refait ta petite gueule d'ange.
- Mais j'ai pas d'argent ! J'ai rien à voir dans cette histoire !
- On t'a déjà dis que ce n'était pas une excuse suffisante.
- Je ne suis qu'un étudiant ! D'où vous voulez que je le sorte cet argent ?! Cria le blond apeuré.
- Ca c'est ton problème.
Paniqué, le guitariste tenta de s'en aller mais ils le repoussèrent en arrière. L'homme qui venait de faire son entré s'approcha un peu plus et attrapa les cheveux blonds.
- Evites de trop bouger.
- Vous êtes qui ? La mafia ? Dit-il sur un ton sarcastique.
- Non. Et ça vaut mieux pour toi, sinon t'aurais déjà perdu ta langue.
- ...
- L'argent ?
- J'ai rien je vous dis.
L'homme se releva et prit une longue inspiration. Un autre dit à son intention :
- Hé Yune ! On dirait bien que le petit il cherche les coups !
- Ouais.
Uruha recula et serra les poings comme pour leur montrer qu'il ne se laisserait pas faire. Yune s'avança et coinça brutalement le blond entre lui et le mur. Il saisit le visage du guitariste et lui murmura :
- Une dernière fois : l'argent.
- Mais puisque je vous dis que je ne l'ai pas ! Je ne peux pas l'inventer ! S'énerva le blondinet.
Furieux, le brun lui asséna un coup de genoux qui lui coupa la respiration. A bout de souffle, Uruha s'écroula sur le sol.
Devait-il se contenter de subir ? Ou devait-il se relever et de nouveau leur faire front ?
Il n'allait tout de même pas laisser ces inconnus lui gâcher cet instant. Il devait absolument retourner voir Aoi, coûte que coûte. A peine avait-il fini sa réflexion qu'il sentit une main lui attraper les cheveux.
Yune le tira violemment en arrière et reposa sa question :
- L'argent ?
- Vous êtes sourd ma parole !
- J'aime pas les gamins dans ton genre. Ils pensent que le monde leur appartient alors qu'en faite ils n'ont rien.
- Allez-vous faire foutre ! Je vous dis que je l'ai pas ! S'impatienta le blond.
Ces quelques mots suffirent à faire exploser la colère de l'homme.
Il lui asséna un coup de poing qui l'envoya de nouveau rejoindre le sol.
Il n'avait plus l'intention de retenir ses coups. Il s'approcha et frappa de ses pieds le corps déjà endoloris du guitariste.
Uruha n'arrivait pas à esquiver ni même à se protéger des coups. Chacun de ses membres lui étaient douloureux et le sang coulant sur son visage l'empêchait de bien distinguer les mouvements de son bourreau.
- Yamete !
Le blond releva difficilement la tête et put apercevoir Kai arriver en courant. Pourquoi était-ce Kai et pas Aoi qui venait à son secours ? Yune se retourna et fit face au nouvel arrivant.
- Mais qui voilà ? Tu en as mis du temps.
- Nani ?
- Non pas que j'insinue que tu es en retard ! Loin de moi d'avoir cette idée ! J'espère que nous avons été à la hauteur de tes attentes. Comme tu l'avais prédis, le directeur n'a pas été difficile à convaincre ! Il a suffit de lui dire qu'il ne reverrait plus le blondinet.
- De quoi vous parlez ? Demanda le batteur inquiet.
Uruha se releva avec peine et se recula le plus loin possible d'eux.
Ayant compris la situation, il me fixa et secoua la tête comme pour effacer cette image.
- Alors c'est toi qui as prévenu la police pour ma mère ?
- Ne dis pas n'importe quoi !
- Pourquoi ? Pourquoi ne peux-tu pas accepter le fait que j'aime plus Aoi que toi ?
- Parce qu'il est têtu et que c'est le genre de garçon qui a toujours eut ce qu'il voulait. Dit une voix derrière eux.
Reita s'avança à la lumière et me regarda d'un air désolé.
- Reita ?
- Oui Kai, je sais tout. De tes caprices d'enfants gâtés jusqu'à tes petits arrangements avec ces hommes.
- Quoi ?
- Depuis que tu as découvert qu'Uruha était avec Aoi, tu n'as pas cessé de vouloir les séparer. Tu as d'abord essayé de lui forcer la main, puis, voyant que ça ne fonctionnerait pas, tu as fais en sorte qu'Aoi se doute de quelque chose et qu'il voit Uruha te dire qu'il voulait tout arrêter. Ensuite tu as appelé la police pour qu'ils viennent arrêter la mère d'Uruha. Et pour finir, tu as marchandé avec ces malfrats pour qu'ils viennent chercher Uruha au lycée, devant les yeux d'Aoi.
- Tu délires ! Pourquoi j'aurais fais de tels trucs ?!
- Parce-que tout au long de ta vie tes parents t'ont habitué à avoir tout ce que tu désirais, hors là tu n'as jamais réussi à obtenir l'amour de notre très cher guitariste.
- ...
- Il est temps d'arrêter la comédie Kai. Ton petit jeu a assez duré et je compte bien y mettre fin.
- Mais je ne...
- Pourquoi ? Marmonna le guitariste blond dépité.
- Uruha, tu ne vas pas le croire quand même ?
- Si.
Reita s'avança vers Uruha et le prit dans ses bras pour le transporter jusqu'à son appartement.
A peine fut-il dans les bras protecteurs que le guitariste fondit en larme.
Attristé par l'état de son camarade, le bassiste lui tendit un mouchoir et le rassura :
- Allez, arrête de pleurer. Tu vas venir te reposer chez moi et on règlera les problèmes ensemble.
- Hai...
Il se frotta le visage avec le tissu pour se sécher et tomba rapidement dans l'inconscience. Reita passa entre le groupe d'homme et moi, puis ordonna d'une voix détaché :
- Nous avons assez joué, faites en sorte qu'il ne puisse pas revenir au lycée d'aussi tôt...
- Reita espèce de...
- Oh ! J'ai une meilleure idée ! Coupa le bassiste.
- Bon t'accouches ! S'impatienta Yune.
- Une commotion cérébrale ça permet d'oublier certaines choses.
Yune eut un sourire puis me regarda comme pour me dissuader de tous mouvements.
- Quand vous aurez fini le travail, faites en sorte que Ruki vienne le récupérer.
Reita me jeta un dernier coup d'½il puis s'en alla un sourire de satisfaction accroché aux lèvres.
Mes jambes cédèrent brutalement sous mon poids et les barrières qui retenaient mes larmes firent de même.
Reita... pourquoi ? Même si mon c½ur avait toujours désiré Uruha, jamais je n'aurais été capable de tels actes.
Mais toi... oui, toi tu as osé.
Depuis quand joues-tu avec nous, avec nos sentiments ? Est-ce toi qui as prévenu le père d'Aoi quand je les ai aperçus dans la salle de bain ?
La police et tous ces malheurs sont-ils réellement le fruit de ta haine envers nous ? Mais envers qui en faites ? Moi ou Aoi ? Uruha ? Je ne sais pas ce qui c'est passé dans ta tête.
Tu m'as tellement toujours parut normal, oui peut-être même trop normal.
Et puis maintenant que j'y repense, j'avais l'impression que tu ne le voyais pas pour la première fois quand il s'est présenté à la classe.
Serais-ce possible que tu le connaisses déjà ? Et Aoi aussi ? Depuis quand nourris-tu cet amour pour Uruha ?
Il est vrai que tu n'as jamais apprécié Aoi, du moins, aussi loin que remonte mes souvenirs.
Tu n'as jamais cherché à le connaître... mais peut-être étais-ce parce-que tu le connaissais déjà ?
Je ne sais pas où est la vérité, mais j'ai l'impression que la raison de ton comportement est soudainement plus clair pour moi. Est-ce-que par hasard, tu ne m'aurais jamais aimé ?
J'ai tout ce que tu n'as pas.
Une vie de famille simple et remplit d'amour. Es-tu jaloux ?
La question ne se pose même plus.
Il est vrai que tu n'as jamais voulu mettre un pied chez moi... pourquoi n'as-tu tout simplement pas essayé d'en parler ?
Se renfermer sur soi-même est-il plus simple à tes yeux ? N'as-tu pas pensé que ton comportement ferait tôt ou tard du mal aux gens ?
Autant de question qui tourne dans ma tête et qui me font oublier la réalité. Cette réalité que je souhaite voir disparaître.
La douleur ne me fait pas réagir, je les laisse me mal mener sans pour autant avoir envie de me défendre.
Uruha ne sera pour moi qu'un ami... c'est un peu tard pour agir enfin en adulte.
J'ai soudainement envie de retourner au lycée, de passer des heures entières à jouer de la musique, d'entendre Ruki chanter de sa voix forte et envoûtante, de me mettre en colère contre le trop plein d'énergie d'Aoi et d'apprendre à Uruha nos partitions. Je sens le sol froid contre ma peau endoloris.
Mes yeux se ferment sous le dernier coup trop violent et se rouvrent sur la silhouette de notre petit chanteur.
Tu es encore en colère... non, tu boudes ?
Cette moue boudeuse te va à ravir.
Tu as perdu les paroles de notre dernière création que tu venais juste de finir d'écrire... tu es tellement maladroit, mais c'est ce qui fait ton charme.
- KAI !
Oucth ! Tu es aussi délicat que ma mère les matins de lycée ma parole ! Es-que tu veux m'achever ?
- KAI ! DEBOUT !
Oui, oui. Laisse-moi encore juste quelques minutes, je suis tellement bien là. Je ne ressens nulle douleur, nulle peine, c'est si agréable.
- KAI ! DEBOUT SINON JE QUITTE LE GROUPE !
Ah non ! Et puis quoi encore ?! C'est du chantage ça !
Ruki, ma parole t'es qu'un gamin !
Tu me le paieras sale chacal !
Mes paupières sont lourdes et c'est un effort surhumain que d'essayer de les soulever !
Malgré tout, je prends mon courage à deux mains et je laisse mes cils filtrer petit à petit la lumière du jour.
Nous sommes dans une grande pièce aux murs blancs et propres, trop propre à mon goût d'ailleurs.
Nous ? Oui, je ne suis pas tout seul. Ruki me sert la main et s'entête à me répéter que je lui ai fait peur et qu'il veut une explication sur la cause de mon état.
Quel état ? J'essai de bouger mais une douleur vive m'en dissuade.
Je suis recouvert d'un drap blanc et je suis habillé d'une longue chemise blanche... blanc, toujours blanc, suis-je au paradis ?
Non, Ruki ne me crierais pas dessus.
- KAI ! Fais un effort ! Dis moi ce qui c'est passé.
Ce qui c'est passé ? Je ne suis pas sûr d'avoir envie de m'en rappeler. Mais un flash force mes souvenirs à refaire surface et je cris plus fort que je n'aurais voulu :
- Uruha !
- Quoi ?
- Reita... il, il l'a emmené, c'est lui qui a fait tout ça ! Ces mecs, ils étaient avec lui et Reita, il me déteste et, et Aoi aussi...
- Du calme cow-boy ! Coupe Ruki de plus en plus inquiet.
- Ruki, je, je te demande pardon ! J'avais tout faux depuis le début ! J'ai toujours était amoureux de toi mais je croyais que t'étais hétéro, alors je m'en suis pris à Uruha et euh, oui en faites
je me rends compte que j'ai été aveugle, débile même ! Pardon Ruki.
- Euh... Kai... ça me fait énormément plaisir mais n'oublie pas de respirer quand tu parles.
- ... J'en prends note. Faut que t'ailles chercher Uruha !
- Pourquoi ?
- Chez Reita ! Il a pété les plombs !
- J'ai pas l'impression qu'il y est que lui. <.<
- Non mais je ne plaisante pas ! S'il te plait ! Faut que tu ailles le chercher !
- Ok mais ils sont où ?
- A son appartement je suppose.
- Tu suppose ?
- Hai.
Ruki soupira et regarda tendrement son petit batteur complètement surexcité. Il ne pouvait décidemment rien lui refuser.
Il sortit de la chambre et se dirigea d'un pas ferme vers l'appartement de leur bassiste. Qui des deux avait raison ? Il devait en avoir le c½ur net.
Tsuki : Excusez-moi pour ce retard mais avec les fêtes, j'étais un peu, comment dire ?
Aoi : K.O.
Tsuki : C'est le mot !
Aoi : Tu l'es pas assez à mon goût...
Tsuki : Pardon ?
Aoi : *Va chercher sa guitare*
Tsuki : *Fuit très loin*
Source : tHe GaZeTtE
Chapitre dix
Il avait beau savoir que rien de ce qu'il dirait ou ferait ne changerais la situation, il continuait obstinément à se débattre. Aoi lui avait pardonné, il avait eu le courage de crier leur amour en public, et qui plus est devant son père !
C'était à peine croyable. Mais pourquoi fallait-il que la police s'en mêle ? Il n'avait absolument rien à leur dire et il ne voulait plus jamais entendre parler de tous ces problèmes.
Soudain, les deux homme s'arrêtèrent et poussèrent violemment le blond contre le mur qui leur faisait face.
Le guitariste manqua de se manger la tête dans le béton, mais fort heureusement pour lui ses mains amortirent le choc.
Il regarda autour de lui et constata qu'il ne se trouvait pas du tout au commissariat, mais dans une rue ou plutôt un cul de sac.
Il se tourna pour leur faire face et demanda nerveusement :
- Qu'est-ce-qu'on fait ici ?
- T'as pas encore compris ?
- Qu'est-ce-que vous voulez dire ? Demanda le blond perdu.
Les deux hommes retirèrent leurs uniformes pour laisser place à des vêtements normaux.
- Vous... vous n'êtes pas de la police ?
- Non.
- Qu'est-ce-que vous me voulez ?
- L'argent que ta mère ne nous a toujours pas donné.
- Je... je n'ai rien à voir là dedans.
- Mais on s'en fout de ça !
- Je n'ai pas votre argent.
- Et tu crois que ça va suffire ?
Uruha était réellement effrayé. Ces hommes lui demandaient de l'argent qu'il n'avait pas et ils ne semblaient pas enclins à discuter.
Alors qu'il songeait à s'enfuir, un autre homme fit son apparition.
-On n'a pas le temps de discuter calmement. Ou tu pais ou on te refait ta petite gueule d'ange.
- Mais j'ai pas d'argent ! J'ai rien à voir dans cette histoire !
- On t'a déjà dis que ce n'était pas une excuse suffisante.
- Je ne suis qu'un étudiant ! D'où vous voulez que je le sorte cet argent ?! Cria le blond apeuré.
- Ca c'est ton problème.
Paniqué, le guitariste tenta de s'en aller mais ils le repoussèrent en arrière. L'homme qui venait de faire son entré s'approcha un peu plus et attrapa les cheveux blonds.
- Evites de trop bouger.
- Vous êtes qui ? La mafia ? Dit-il sur un ton sarcastique.
- Non. Et ça vaut mieux pour toi, sinon t'aurais déjà perdu ta langue.
- ...
- L'argent ?
- J'ai rien je vous dis.
L'homme se releva et prit une longue inspiration. Un autre dit à son intention :
- Hé Yune ! On dirait bien que le petit il cherche les coups !
- Ouais.
Uruha recula et serra les poings comme pour leur montrer qu'il ne se laisserait pas faire. Yune s'avança et coinça brutalement le blond entre lui et le mur. Il saisit le visage du guitariste et lui murmura :
- Une dernière fois : l'argent.
- Mais puisque je vous dis que je ne l'ai pas ! Je ne peux pas l'inventer ! S'énerva le blondinet.
Furieux, le brun lui asséna un coup de genoux qui lui coupa la respiration. A bout de souffle, Uruha s'écroula sur le sol.
Devait-il se contenter de subir ? Ou devait-il se relever et de nouveau leur faire front ?
Il n'allait tout de même pas laisser ces inconnus lui gâcher cet instant. Il devait absolument retourner voir Aoi, coûte que coûte. A peine avait-il fini sa réflexion qu'il sentit une main lui attraper les cheveux.
Yune le tira violemment en arrière et reposa sa question :
- L'argent ?
- Vous êtes sourd ma parole !
- J'aime pas les gamins dans ton genre. Ils pensent que le monde leur appartient alors qu'en faite ils n'ont rien.
- Allez-vous faire foutre ! Je vous dis que je l'ai pas ! S'impatienta le blond.
Ces quelques mots suffirent à faire exploser la colère de l'homme.
Il lui asséna un coup de poing qui l'envoya de nouveau rejoindre le sol.
Il n'avait plus l'intention de retenir ses coups. Il s'approcha et frappa de ses pieds le corps déjà endoloris du guitariste.
Uruha n'arrivait pas à esquiver ni même à se protéger des coups. Chacun de ses membres lui étaient douloureux et le sang coulant sur son visage l'empêchait de bien distinguer les mouvements de son bourreau.
- Yamete !
Le blond releva difficilement la tête et put apercevoir Kai arriver en courant. Pourquoi était-ce Kai et pas Aoi qui venait à son secours ? Yune se retourna et fit face au nouvel arrivant.
- Mais qui voilà ? Tu en as mis du temps.
- Nani ?
- Non pas que j'insinue que tu es en retard ! Loin de moi d'avoir cette idée ! J'espère que nous avons été à la hauteur de tes attentes. Comme tu l'avais prédis, le directeur n'a pas été difficile à convaincre ! Il a suffit de lui dire qu'il ne reverrait plus le blondinet.
- De quoi vous parlez ? Demanda le batteur inquiet.
Uruha se releva avec peine et se recula le plus loin possible d'eux.
Ayant compris la situation, il me fixa et secoua la tête comme pour effacer cette image.
- Alors c'est toi qui as prévenu la police pour ma mère ?
- Ne dis pas n'importe quoi !
- Pourquoi ? Pourquoi ne peux-tu pas accepter le fait que j'aime plus Aoi que toi ?
- Parce qu'il est têtu et que c'est le genre de garçon qui a toujours eut ce qu'il voulait. Dit une voix derrière eux.
Reita s'avança à la lumière et me regarda d'un air désolé.
- Reita ?
- Oui Kai, je sais tout. De tes caprices d'enfants gâtés jusqu'à tes petits arrangements avec ces hommes.
- Quoi ?
- Depuis que tu as découvert qu'Uruha était avec Aoi, tu n'as pas cessé de vouloir les séparer. Tu as d'abord essayé de lui forcer la main, puis, voyant que ça ne fonctionnerait pas, tu as fais en sorte qu'Aoi se doute de quelque chose et qu'il voit Uruha te dire qu'il voulait tout arrêter. Ensuite tu as appelé la police pour qu'ils viennent arrêter la mère d'Uruha. Et pour finir, tu as marchandé avec ces malfrats pour qu'ils viennent chercher Uruha au lycée, devant les yeux d'Aoi.
- Tu délires ! Pourquoi j'aurais fais de tels trucs ?!
- Parce-que tout au long de ta vie tes parents t'ont habitué à avoir tout ce que tu désirais, hors là tu n'as jamais réussi à obtenir l'amour de notre très cher guitariste.
- ...
- Il est temps d'arrêter la comédie Kai. Ton petit jeu a assez duré et je compte bien y mettre fin.
- Mais je ne...
- Pourquoi ? Marmonna le guitariste blond dépité.
- Uruha, tu ne vas pas le croire quand même ?
- Si.
Reita s'avança vers Uruha et le prit dans ses bras pour le transporter jusqu'à son appartement.
A peine fut-il dans les bras protecteurs que le guitariste fondit en larme.
Attristé par l'état de son camarade, le bassiste lui tendit un mouchoir et le rassura :
- Allez, arrête de pleurer. Tu vas venir te reposer chez moi et on règlera les problèmes ensemble.
- Hai...
Il se frotta le visage avec le tissu pour se sécher et tomba rapidement dans l'inconscience. Reita passa entre le groupe d'homme et moi, puis ordonna d'une voix détaché :
- Nous avons assez joué, faites en sorte qu'il ne puisse pas revenir au lycée d'aussi tôt...
- Reita espèce de...
- Oh ! J'ai une meilleure idée ! Coupa le bassiste.
- Bon t'accouches ! S'impatienta Yune.
- Une commotion cérébrale ça permet d'oublier certaines choses.
Yune eut un sourire puis me regarda comme pour me dissuader de tous mouvements.
- Quand vous aurez fini le travail, faites en sorte que Ruki vienne le récupérer.
Reita me jeta un dernier coup d'½il puis s'en alla un sourire de satisfaction accroché aux lèvres.
Mes jambes cédèrent brutalement sous mon poids et les barrières qui retenaient mes larmes firent de même.
Reita... pourquoi ? Même si mon c½ur avait toujours désiré Uruha, jamais je n'aurais été capable de tels actes.
Mais toi... oui, toi tu as osé.
Depuis quand joues-tu avec nous, avec nos sentiments ? Est-ce toi qui as prévenu le père d'Aoi quand je les ai aperçus dans la salle de bain ?
La police et tous ces malheurs sont-ils réellement le fruit de ta haine envers nous ? Mais envers qui en faites ? Moi ou Aoi ? Uruha ? Je ne sais pas ce qui c'est passé dans ta tête.
Tu m'as tellement toujours parut normal, oui peut-être même trop normal.
Et puis maintenant que j'y repense, j'avais l'impression que tu ne le voyais pas pour la première fois quand il s'est présenté à la classe.
Serais-ce possible que tu le connaisses déjà ? Et Aoi aussi ? Depuis quand nourris-tu cet amour pour Uruha ?
Il est vrai que tu n'as jamais apprécié Aoi, du moins, aussi loin que remonte mes souvenirs.
Tu n'as jamais cherché à le connaître... mais peut-être étais-ce parce-que tu le connaissais déjà ?
Je ne sais pas où est la vérité, mais j'ai l'impression que la raison de ton comportement est soudainement plus clair pour moi. Est-ce-que par hasard, tu ne m'aurais jamais aimé ?
J'ai tout ce que tu n'as pas.
Une vie de famille simple et remplit d'amour. Es-tu jaloux ?
La question ne se pose même plus.
Il est vrai que tu n'as jamais voulu mettre un pied chez moi... pourquoi n'as-tu tout simplement pas essayé d'en parler ?
Se renfermer sur soi-même est-il plus simple à tes yeux ? N'as-tu pas pensé que ton comportement ferait tôt ou tard du mal aux gens ?
Autant de question qui tourne dans ma tête et qui me font oublier la réalité. Cette réalité que je souhaite voir disparaître.
La douleur ne me fait pas réagir, je les laisse me mal mener sans pour autant avoir envie de me défendre.
Uruha ne sera pour moi qu'un ami... c'est un peu tard pour agir enfin en adulte.
J'ai soudainement envie de retourner au lycée, de passer des heures entières à jouer de la musique, d'entendre Ruki chanter de sa voix forte et envoûtante, de me mettre en colère contre le trop plein d'énergie d'Aoi et d'apprendre à Uruha nos partitions. Je sens le sol froid contre ma peau endoloris.
Mes yeux se ferment sous le dernier coup trop violent et se rouvrent sur la silhouette de notre petit chanteur.
Tu es encore en colère... non, tu boudes ?
Cette moue boudeuse te va à ravir.
Tu as perdu les paroles de notre dernière création que tu venais juste de finir d'écrire... tu es tellement maladroit, mais c'est ce qui fait ton charme.
- KAI !
Oucth ! Tu es aussi délicat que ma mère les matins de lycée ma parole ! Es-que tu veux m'achever ?
- KAI ! DEBOUT !
Oui, oui. Laisse-moi encore juste quelques minutes, je suis tellement bien là. Je ne ressens nulle douleur, nulle peine, c'est si agréable.
- KAI ! DEBOUT SINON JE QUITTE LE GROUPE !
Ah non ! Et puis quoi encore ?! C'est du chantage ça !
Ruki, ma parole t'es qu'un gamin !
Tu me le paieras sale chacal !
Mes paupières sont lourdes et c'est un effort surhumain que d'essayer de les soulever !
Malgré tout, je prends mon courage à deux mains et je laisse mes cils filtrer petit à petit la lumière du jour.
Nous sommes dans une grande pièce aux murs blancs et propres, trop propre à mon goût d'ailleurs.
Nous ? Oui, je ne suis pas tout seul. Ruki me sert la main et s'entête à me répéter que je lui ai fait peur et qu'il veut une explication sur la cause de mon état.
Quel état ? J'essai de bouger mais une douleur vive m'en dissuade.
Je suis recouvert d'un drap blanc et je suis habillé d'une longue chemise blanche... blanc, toujours blanc, suis-je au paradis ?
Non, Ruki ne me crierais pas dessus.
- KAI ! Fais un effort ! Dis moi ce qui c'est passé.
Ce qui c'est passé ? Je ne suis pas sûr d'avoir envie de m'en rappeler. Mais un flash force mes souvenirs à refaire surface et je cris plus fort que je n'aurais voulu :
- Uruha !
- Quoi ?
- Reita... il, il l'a emmené, c'est lui qui a fait tout ça ! Ces mecs, ils étaient avec lui et Reita, il me déteste et, et Aoi aussi...
- Du calme cow-boy ! Coupe Ruki de plus en plus inquiet.
- Ruki, je, je te demande pardon ! J'avais tout faux depuis le début ! J'ai toujours était amoureux de toi mais je croyais que t'étais hétéro, alors je m'en suis pris à Uruha et euh, oui en faites
je me rends compte que j'ai été aveugle, débile même ! Pardon Ruki.
- Euh... Kai... ça me fait énormément plaisir mais n'oublie pas de respirer quand tu parles.
- ... J'en prends note. Faut que t'ailles chercher Uruha !
- Pourquoi ?
- Chez Reita ! Il a pété les plombs !
- J'ai pas l'impression qu'il y est que lui. <.<
- Non mais je ne plaisante pas ! S'il te plait ! Faut que tu ailles le chercher !
- Ok mais ils sont où ?
- A son appartement je suppose.
- Tu suppose ?
- Hai.
Ruki soupira et regarda tendrement son petit batteur complètement surexcité. Il ne pouvait décidemment rien lui refuser.
Il sortit de la chambre et se dirigea d'un pas ferme vers l'appartement de leur bassiste. Qui des deux avait raison ? Il devait en avoir le c½ur net.
Tsuki : Excusez-moi pour ce retard mais avec les fêtes, j'étais un peu, comment dire ?
Aoi : K.O.
Tsuki : C'est le mot !
Aoi : Tu l'es pas assez à mon goût...
Tsuki : Pardon ?
Aoi : *Va chercher sa guitare*
Tsuki : *Fuit très loin*




