Avec le temps... (Chap 5)

Avec le temps... (Chap 5)
Auteur : Tsuki

Source : The gazette


Chapitre cinq

Cela faisait plus de dix minutes que les deux guitaristes avaient quitté le salon et que le même silence persistait quand Ruki se décida à parler.

- Pourquoi est-ce-que tu as réagis comme ça ?

Kai releva la tête et Reita sortit de ses pensées en entendant la question du blond. Cette même question, le bassiste ce la posait aussi. Alors il insista :

- Alors ?
- Euh... c'est-à-dire que... je n'aime pas trop en parler.
- On est tes amis, on a le droit de savoir ! Rouspéta Reita.
- Parle pas si fort baka ! J'ai mal au crâne.
- Je fais en sorte que ça s'aggrave si tu ne nous lâche pas le morceau ! Menaça le bassiste.
- Ah non !
- Euh... Reita, si il n'a pas envi d'en parler, on va pas le forcer.
- Disons que c'est des souvenirs douloureux et que j'aime pas revenir dessus. Expliqua le batteur.


Reita s'enfonça dans le canapé et fit mine de bouder. Ruki soupira et de nouveau le silence s'installa. Une minute, deux minutes, trois minutes, quatre minutes, puis cinq, puis six. Rien n'y faisait. Aucun d'eux n'arrivait à établir une conversation n'ayant pas pour sujet le comportement de Kai.

- J'étais gosse quand ça c'est passé.

Les deux blonds relevèrent la tête. Le batteur continua sans prêter attention aux regards surpris de ces deux amis.

- Je devais avoir quatorze ans et mon petit frère en avait à peine douze.

Flash Back

- Tâchez de rentrer à l'heure !
- Oui maman !


Kai attrapa la main de son frère et fila en direction du parc où l'attendaient ses amis. Après quelques minutes de marche, les deux garçons arrivèrent près d'un grand lac où les attendait une bande de copain.

- Salut Kai ! T'es prêt pour ta raclée ?
- Rêve pas ! Notre équipe est meilleure que la votre !
- Les perdants devront porter les sacs des gagnants pendant une semaine !
- Ca marche ! J'espère que t'es prêt à porter le mien ! ^^


Kai se retourna vers Aku et lui demanda :

- Tu veux nous regarder ?
- Non ! Je veux jouer aussi !
- Mais non, c'est pas possible ! C'est pas un jeu pour les petits !
- J'suis pas petit d'abord !
- T'avais qu'à rester à la maison.
- Mais euh ! Kai t'es pas sympa ! Je le dirais à maman !
- Pfffff ! Vas jouer ailleurs si t'es pas content. > .<
- Bon on commence Kai !
- Ouais j'arrive !


Et il partit rejoindre ses camarades pour disputer la fameuse partie de foot. Aku resta un moment à bouder sur la touche jusqu'à ce qu'une lumière attire son attention. Il se leva et partit dans sa direction. Après s'être faufilé entre plusieurs arbres, le petit brun aperçut une bande de jeune homme autour d'un feu. Il s'avança un peu plus près et demanda timidement :

- Je peux jouer avec vous ?

Les cinq adolescents se regardèrent puis éclatèrent de rire. L'un d'eux se releva et invita Aku à s'asseoir sur ses genoux. Tout content de ne plus être mis à l'écart, il attrapa une branche et la fit brûler, histoire de faire comme les autres. Passionné par ce que racontaient les garçons, il ne fit pas attention à l'heure, ni aux avertissements de son frère. Des voix rauques s'élevèrent soudain, et une autre bande de jeune fit sont entrée. Ils se stoppèrent devant le groupe où se trouvait Aku.

- On fait mumuse avec des bouts de bois ? Ricana le plus grand.
- La ferme ! On vous a rien demandé !
- Mais c'est qu'il s'énerve le fils à papa.
- Le mien il s'occupe de moi au moins !
- Mais j'ai pas besoin d'un vieux pour me dicter ce que je dois faire !
- Ba tu devrais y songer sérieusement. T'en aurais bien besoin vu ta gueule !


Visiblement contrarié par les paroles de son adversaire, il sortit une arme à feu et la pointa sur eux.

- J'vais te refaire le portrait connard !

Apeuré par la soudaine lueur de démence au fond de ses yeux, Aku se leva brusquement. Croyant à une attaque, l'homme perdit son sang froid et tira. Le brun s'effondra au sol créant la panique. A l'autre bout du parc, Kai et les autres s'arrêtèrent, alarmés par le coup de feu. Instinctivement, il chercha des yeux son petit frère.

- Aku ?
- Il était là tout à l'heure ! Constata l'un des joueurs essoufflés.
- Merde ! Il est partit où ce baka ? Continuez sans moi, je vais le chercher.
- Ok !


Il lâcha le ballon et courut à la recherche du disparu à travers le parc. Un bruit de bagarre attira son attention. Il se rapprocha discrètement et put voir une dizaine d'adolescent se livrant bataille. Ses yeux se figèrent sur le corps inerte d'un petit garçon brun. Cet enfant... il devait avoir le même âge que son frère.

- Le pauvre. Soupira t-il.

Bizarrement, il n'arrivait pas à détacher son regard de cette scène. Cette coupe de cheveux... ces vêtements... cette petite gourmette qui ornait ce poignet décidément trop blanc. Son c½ur s'accéléra et il se précipita sur le corps frêle, oubliant le danger autour de lui. Arrivez devant lui, il se figea et l'instant de quelques secondes son c½ur cessa de battre. Il tomba à genoux, prit soigneusement entre ses mains la tête de ce petit garçon qui ne lui semblait être qu'une illusion.

- Aku ? A... Aku ?

A cet appel, le plus jeune ouvrit ses yeux et se mit à pleurer. Tous ses membres étaient parcourus de tremblement.

- Kai... j'ai mal... je veux voir maman...
- T'inquiètes pas, je vais te ramener à la maison et maman appellera le docteur.
- J'ai mal au ventre...


Kai souleva la main tremblante d'Aku qui recouvrait la plaie. Les larmes lui montèrent aux yeux à la vue de sa blessure.

- Qui t'as fais ça ?
- C'est le monsieur là-bas. Dit-il en levant le bras.


Aku eut une violente quinte de toux et serra la main de son frère pour se rassurer. Kai se releva, prit son petit frère et courut tant bien que mal hors du parc. Quand il atteignit les ruelles qui menaient à sa maison, il trébucha et tomba lourdement. Il se releva en grimaçant de douleur puis accourut aux côtés du brun.

- Aku ? Aku, ça va ? Tu t'es pas fais mal ?

Mais Aku ne répondit pas. Kai le secoua, mais rien n'y faisait. Il se pencha sur lui, espérant entendre les battements de c½ur. Pas un bruit... plus rien... Aku...

- Aku !

Fin du Flash Back
.

- Mon frère est mort sous mes yeux sans que je puisse rien faire, tout ça parce-que je l'ai laissé tout seul... alors je ne veux plus faire cette erreur... ca m'a coûtait trop cher dans le passé pour recommencer maintenant.
- Désolé... j'avais aucune idée de se que ça représentait pour toi. S'excusa le bassiste.
- Pas grave. Comme tu l'as si bien dit, vous êtes mes amis et j'aurais dus vous le dire depuis le début.
- J'ai l'impression que Ruki a un effet bénéfique sur nous. Constata Reita.
- Pourquoi ça ? Intervint le blond en entendant son nom.
- Ba, d'abord Uruha et maintenant Kai ! Qui c'est, le prochain c'est peut-être Aoi ou moi ! ^^
- C'est pas une mauvaise chose. C'est vrai qu'on a jamais vraiment prit le temps de s'écouter. Moi le premier je ne voulais pas en parler, et qui aurait cru qu'Uruha avait vécus ce genre de chose auparavant ?
- Mouais, sur le coup on n'a pas était très malin ! ^^'
- Alors... merci Ruki.
- Non c'est pas la peine ! C'est vrai que j'ai parlé à Uruha mais toi tu t'es débrouillé tout seul.
- Hum... j'en suis pas si sur ! Mais bon, passons ! ^^
- Ils font quoi les deux autres baka de guitariste ? Rouspéta Reita.
- Des choses pas très catholiques si tu veux mon avis. Lâcha Kai en mode pervers.


Ruki soupira. Kai était décidément le garçon le plus lunatique qu'il lui avait été donné de connaître. Un bruit de pas les fit se retourner. Aoi enfila ses chaussures, mit sa guitare sur le dos et dit à leur attention :

- Je sors.

Kai réagit aussitôt, la panique le saisit de nouveau et il engueula son aîné.

- Ah non ! Une fois mais pas deux ! Faut que je vous le dise en quelle langue pour que vous compreniez que c'est dangereux !
- Calmes-toi Kainouchet ! Implora le bassiste.
- Reita a raison, Aoi a plus de douze ans et il est prudent.
- De toute façon je ne vais pas loin. Je serais au parc si vous me chercher.


Et il sortit. Kai resta figé un bon moment avant de s'apercevoir du regard amusé de Reita.

- Ba quoi ! S'énerva le brun.
- T'aurais vu ta tête ! Une vraie tronche de pain-cake ! XD
- Pain-cake ? J'vais te tuer ! è_é
- Vous n'allez pas recommencer. -__-
- Ruki ! Si tu ne veux pas assister à la mort de ce baka, j'te conseil de changer de pièce ! Nan, parce-que ça risque d'être violent !
- K'so ! ç_ç
- Tu feras jamais le poids petit ! ^___^


Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Kai se jeta sur le bassiste et une féroce bataille débuta. Ne voulant pas être prit pour témoin, Ruki quitta la pièce et partit dans la chambre du guitariste blond pour prendre de ses nouvelles. Il ouvrit discrètement la porte et se faufila jusqu'au lit. Il regarda le tissu qui recouvrait le blond et entendit quelques sanglots étouffés. Il enleva délicatement le drap et découvrit un guitariste en pleur. Il s'assit à ses côtés et passa une main apaisante dans les cheveux du blondinet. Il devait s'être passé quelque chose avec Aoi.

- Uruha ? Qu'est-ce-qui ne va pas ?

Le blond eut un hoquet et se cacha le visage de ses bras. D'une voix tremblante il murmura :

- Pourquoi ? Pourquoi tu leur as dis ?
- Parce-que je pensais qu'ils serraient plus apte à t'aider en sachant la vérité.
- T'avais pas le droit... tu m'avais promis...
- Uruha...
- Tu m'avais promis... et tu m'as mentis.
- Je suis désolé, mais c'est avant tout pour ton bien.
- Aoi aussi il l'a fait pour mon bien ?
- Quoi ?!
- Non... en faites c'était pour son bien à lui.
- De quoi tu parles ?
- Toi aussi ? Toi aussi tu vas te servir de moi et me jeter quand tu seras satisfait ?
- Mais qu'est-ce-que tu racontes ? J'ai jamais voulu me servir de toi !


Un sourire amer se dessina sur les lèvres du guitariste. Une fois de plus il ne savait plus qui croire.

- Uruha, qu'est-ce-qui c'est passé avec Aoi ?
- Il m'a baisé ! S'énerva t-il.
- ...
- Il a profité de moi ! Il m'a fait croire à des mensonges ! Je croyais qu'il était sincère... et... et en faites il... il...


Incapable de trouver ses mots, il balança son oreiller contre le mur de colère. Un flot de larmes l'assaillit et il s'effondra dans les bras du blond qui ne savait plus vraiment comment prendre la chose.

- Gomen... je... je voulais pas te dire ça. S'excusa le guitariste.
- Pas grave...
- Pourquoi, pourquoi il a fait ça ?
- J'en sais rien...
- ...
- Tu sais... peut-être que lui aussi il a des problèmes trop lourd à porter.
- Oui mais...
- Regardes Reita ! Quand il t'a traité de fillette, tu l'as mal pris et ça t'as fais du mal, n'est-ce-pas ?
- Hai. Mais je ne vois pas le rapport.
- Quand il t'a dit ça, lui il ne pensait pas te faire du mal. Et bien, peut-être que pour Aoi c'est la même chose.
- ...
- Tu ne crois pas ?
- Mais pourquoi il ne nous en parle pas ?
- Pourquoi tu n'as pas parlé de ton passé aux autres ?
- ... ///
- Tu voulais aider les autres ? Voilà une occasion de le faire.


Comme si une lumière c'était soudainement allumée dans sa tête, Uruha se leva, enfila quelques vêtements et sortit en catastrophe. Arrivé dans le salon il se stoppa net en tombant sur une scène plus... qu'étrange.




# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:29

Avec le temps... (Chap 6)

Avec le temps... (Chap 6)

Auteur : Tsuki

Source : The Gazette

Chapitre six


Kai se jeta sur Reita pour lui clouer le bec. Mais le bassiste n'avait pas l'intention de le laisser gagner, comme toute les fois où ils se battaient d'ailleurs. Le batteur balança quelques coussins, histoire déstabiliser son adversaire, puis le bloqua au sol. Un sourire victorieux se dessina sur les lèvres du batteur.

- Et voilà ! Reita vaincu par K.O. ^_^
- Dis moi, t'as bien vite changé d'humeur ?
- Ruki a raison... Aoi n'est pas quelqu'un qui a besoin qu'on lui tienne la main.
- Hum... peut-être...
- T'en ais pas persuadé ?! S'inquiéta le brun.
- Aoi aussi a des moments de faiblesse.
- Mais de nous quatre c'est lui le plus âgé, le plus sérieux et le plus responsable. En plus c'est toujours lui qui nous engueule quand on fait des conneries. >.<
- J'crois que c'est qu'une carapace.
- Tu veux dire que j'aurais pas dus le laisser partir ?!
- Hum... Qui c'est ?


Kai relâcha sa prise et Reita en profita pour faire passer le batteur sous lui. Il lui coinça les bras et le nargua comme il avait si bien l'habitude de le faire.

- Je t'ai eu ! T'es trop facile à battre !
- Nani ?!
- Tu crois que j'suis psychologue où quoi ?
- -__-
- J'ai gagné !
- Ah non ! T'as triché ! >.<
- Mouhahaha ! T'es à croqué quand tu dis ça ! ^^
- Même pas drôle ! Répondit le batteur vexé.
- Mais j'suis très sérieux, t'es vraiment à croquer.


Le bassiste se pencha sur le cou du brun et mordilla la tendre peau. Son souffle chaud fit frissonner le batteur qui ne savait plus où se mettre. Reita releva le t-shirt de Kai et marqua chaque recoin de son torse par de doux baiser. De plus en plus gêné, le brun murmura :

- Euh, Reita ?
- Quoi ? Pourquoi tu parles doucement ? T'as peur qu'on nous prenne en flag ?
- Ba, euh... tu trouves ça normal toi ?
- De quoi ?
- On est deux mecs Reita ! >.<
- Et alors ? Me dis pas que t'as jamais fantasmé sur mon corps de rêve ? ^^
- Baka !
- Et puis on est tous homo ici.
- Nani ?! Même Ruki ?
- Euh... non. Lui j'en sais rien en faites, mais Aoi et Uruha c'est sûr.
- Mais je le savais pas moi ! Ils me l'ont jamais dit !
- Moi non plus.
- Ba comment tu le sais alors ? O_o'
- Instinct masculin. ^^
- N'importe quoi !
- Allez ! Laisse toi faire ! Tu vas aimer.
- Ah mais nan !
- T'as jamais essayé !
- Et je m'en porte très bien comme ça ! >.<
- T'es obligé ! T'as perdu, t'es mon esclave ! XD
- Mais euh ! C'était pas convenu dedans !
- M'en fou ! T'avais qu'à pas te jeter sur moi.
- Nan ! Je refuse de me soumettre à tes caprices de pervers ! >.<
- T'as pas le choix de toute façon ! ^^


Et tout en disant cela le bassiste retira le haut de sa victime et commença à jouer avec les deux boutons de chair.

- Han ! Reita arrête ça tout de suite ! Implora le batteur devenu aussi rouge qu'une tomate.
- Si t'implores alors que j'en suis que là, je me demande ce que ce sera après les préliminaires ! ^^
- T'es sérieux là ?! Tu comptes vraiment aller plus loin ?
- Est-ce-que j'ai l'air de plaisanter ? ^^
- K'so ! Pas ici !
- Ca veux dire qu'ailleurs... ^___^
- Mais nan ! Baka !
- De toute façon j'ai pas envi de bouger.


Le blond défit le pantalon du batteur et passa sa main sous le boxer. Un long frison parcourut le corps du brun quand Reita entama les caresses. Sentant que Kai y prenait goût, le bassiste revint à la hauteur de son visage et l'embrassa. Le brun entrouvrit timidement les lèvres. Un long ballet envoûtant débuta, pour leur plus grand plaisir. Mais cela ne dura pas aussi longtemps qu'ils l'auraient souhaité. Kai se stoppa net et balbutia tout en tentant d'éloigner Reita :

- C'est... c'est pas ce que tu crois...

Surpris par le comportement du brun, le bassiste regarda dans la même direction que lui, à savoir l'entrée, et y découvrit un blondinet de guitariste pour le moins gêné.

- Oups ! ^^'
- Ah ! Euh, désolé, euh, je ne voulais pas vous, euh, déranger...
- Mais non ! Tu ne nous dérangeais pas du tout ! On ne faisait rien ! S'empressa de répondre le batteur.
- ...
- Tu me crois pas, hein ? é_è
- Gomen ! ^^'


Le guitariste enfila ses chaussures et sortit. Ruki apparut à son tour. Le batteur se releva aussitôt, ne voulant pas qu'il y est d'autre remarque. Ayant était coupé dans son élan, Reita s'effondra au sol en soufflant tout son désespoir. Le brun se rassit sur le canapé, remit son haut et demanda :

- Pourquoi il est partit ?
- Il devait parler avec Aoi. Répondit vaguement Ruki.
- Ah ! Tu restes manger ? ^^
- ...


Le bassiste se releva et clama d'un ton solennel :

- Je vais prendre une douche ! Que les intéressés se lèvent où restent assis à jamais !
- Baka ! On est pas intéressés ! Gronda le batteur.
- Là tu me brises le c½ur. Pleura le bassiste.
- Pffff.
- S'pèce d'ingrat ! Un jour tu me remercieras !


Et il partit en chantonnant, pour leur plus grand malheur.

***

Courant à en perdre haleine, Uruha arriva enfin au parc. Il savait où était allez le guitariste. Cet endroit, généralement, ils y allaient ensemble. Composant, riant, puis finalement s'ignorant... Il s'arrêta et contempla un instant la silhouette qui ne lui faisait pas face. Cette façon d'être... elle le reflétait si bien... cette position... tourner le dos aux gens, pour mieux faire face aux évènements. Ces cheveux flottants insolemment dans le vent. Beauté éphémère qui ne te va que trop bien... As-tu réellement besoin de me faire souffrir pour te sentir vivant ? Le c½ur serrait et les larmes au bord des yeux, le guitariste blond s'avança doucement, tout en écoutant le doux son des cordes.

- Aoi...

Le brun se retourna. Le blond se sentit écrasé par ce regard vide de toutes expressions.

- Nani ?
- Pourquoi ?
- Je te l'ai dit. Je n'en sais rien... tout ce que je peux faire, c'est m'excuser et si cela ne te suffit pas alors demande moi ce que tu veux.


Un ton froid et sans grande conviction. Comment te faire comprendre que ce n'est pas mon corps que tu as blessé, mais plutôt mon âme. Ange aux yeux de glace... est-ce-que si je te demandais de m'aimer tu le ferais ?

- Gomen... de toute façon je ne suis pas venu là pour te faire des reproches...
- Tu en as le droit pourtant. Fit remarquer le brun.
- Aoi... s'il te plaît, dit moi ce qui ne va pas.
- Tout va bien. Je me suis simplement laissé aller.
- Laissé aller...
- ...
- Tu ne me fais pas confiance ?
- Si.
- Aoi... j'ai pas envi que notre amitié s'arrête ici.
- Je ne compte pas y mettre un terme.
- Peut-être que moi je le ferais...


Le visage d'Aoi, qui jusque là était resté fermé, prit soudain une expression de surprise. Uruha paressait si sûr de lui.

- Qu'est-ce-que tu dis ?
- Je veux t'aider Aoi...
- Mais puisque je te dis que j'en ai pas besoin de ton aide !
- Alors va te faire foutre.


Il l'avait dit sur un ton dénué de tous sentiments, de toutes émotions. Il venait de comprendre ce qu'on n'en venait à ressentir une fois son c½ur fermé. C'est si facile de faire semblant de ne rien entendre. C'est tellement plus simple d'oublier ses sentiments que d'essayer de les comprendre. Puisque qu'Aoi ne lui accordait pas sa confiance alors il n'aurait plus rien venant de lui. Une pensée égoïste, certes, mais une pensée qui ne demandait qu'à être changé. Si seulement tu voulais bien ouvrir les yeux... Mais tu ne les rouvriras pas, n'est-ce pas ? Non, tu vas me laisser tomber au fond du gouffre. Mais avant de tomber je voudrais savoir...

- Si je t'avouais que j'ai des sentiments pour toi... que me répondrais-tu ?

Après quelques secondes d'hésitation, le brun répondit :

- Je suis désolé que les miens n'aillent pas vers toi.

Donc c'est un amour à sens unique. Uruha se retourna et partit sans se retourner. Tu ne m'aimes pas... pourquoi ? Pleurer me libèrera-t-il ? Je n'y crois pas... du moins, je n'y crois plus. Mes yeux sont usés de pleurer... Cela ne suffit plus... J'ai besoin d'autre chose... aidez-moi ! Inconsciemment, il s'écroula au sol. Se relever, pour de nouveau tomber... Qui me soutiendra cette fois ? Des pas... Qui-est-ce ? Ruki ? Non... ce n'est pas lui...

- Aoi ?
- Non. Tu ne me reconnais pas ?
- ...
- Tu ne changeras jamais.
- Pa...
- Chut !


Il posa un doigt sur les lèvres du guitariste et le prit dans ses bras. Il traversa quelques ruelles, entra dans un appartement et déposa le blond sur un lit. Il revint vers la porte, la ferma à clé et observa le corps encore tremblant du guitariste. Il s'approcha, attrapa son menton et lui murmura à l'oreille :

-On va pouvoir rattraper le temps perdu.

# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:37

Avec le temps... (Chap 7)

Avec le temps... (Chap 7)
Auteur : Tsuki

Source : The gazette


Chapitre sept

- Je suis désolé que les miens n'aillent pas vers toi.

Pourquoi a-t-il fallut que je sois aussi froid ? Suis-je réellement incapable d'aimer ? Je t'ai blessé... encore une fois. Tu pars sans te retourner. J'aimerais t'appeler, te dire de revenir, te supplier à genoux même. Mais les mots ne viennent pas et mes jambes restent obstinément figées. Tu sais Uruha, je ne t'ai pas menti en te disant cela... mes sentiments vont réellement vers une autre personne. Même s'il n'est désormais plus qu'un souvenir, je ne peux m'empêcher de penser à lui.
Il m'a tendu la main et je l'ai attrapé de mon plein gré. Nous avons vaicu trois merveilleuses années ensemble... trois années qui se sont terminées en cauchemar. Il m'a abandonné... du jour au lendemain. L'amour rend aveugle, le sais-tu ? J'ai passé trois belles années remplies de mensonge en sa compagnie... et pourtant, je ne regrette rien. Il m'a trahi mais je ne lui reproche rien. Il avait sûrement une raison valable... avec le temps j'en suis venu à penser que c'était ma faute.
Je n'étais peut-être pas à la hauteur de ses sentiments après tout. Je ne vivais que pour lui et désormais, je n'arrive même plus à vivre pour moi... mon c½ur a trop souffert, pardonne-moi, mais je n'ai plus la force d'aimer. La vérité c'est que j'ai peur.

***

Il se releva, empoigna sa guitare et rentra à l'appartement. A peine avait-il poussé la porte, que le batteur se jeta sur lui en lui posant une multitude de question. Fort heureusement, Ruki arriva à la rescousse du brun pour calmer l'agité.

- Kai, tu veux bien le laisser respirer ?
- Gomen... ///
- De toute façon je n'ai rien à te répondre. Lâcha le guitariste sur un ton parfaitement monocorde.
- >.<
- Je vais dans ma chambre.


Kai le laissa passer et demanda au blond :

- T'es au courant de ce qui c'est passé toi ?
- Plus ou moins...
- Tu m'éclaires ?
- Non, je crois que j'ai déjà dis beaucoup de chose aujourd'hui.
- T'es pas cool ! >.<
- Gomen ! Bon cette fois je rentre vraiment... tu veux me raccompagner ? ^^
- Hai... ///
- Vas le dire à Reita, histoire qu'il s'inquiète pas trop.
- Ok !


Le brun fila à la salle de bain et fit, comme convenu, l'escorte du blond jusqu'à son appartement. Une fois sur le pas de la porte, Ruki constata :

- Mais qui va t'accompagner maintenant ? ^^
- Euh... j'suis un homme fort !
- Moi aussi.
- Cherche pas la petite bête ! >.<
- XD
- Bon... tu viens demain ?
- Si je suis invité...
- Mais bien sûr ! En plus vu l'humeur d'Aoi, ba vaudra mieux que tu sois là !
- Ok ! Alors à demain ! Et fais gaffe à Reita ! ^________^
- /// De quoi je me mêle ?!
- XD


Le brun tourna les talons et repartit. La nuit commençant à tomber, il décida d'emprunter un raccourci pour arriver plus vite. Sur son chemin un homme à l'allure médiocre l'arrêta et lui demanda :

- Vous n'auriez pas du feu ?
- Euh... si, tenais.


Il lui tendit un briquet. L'autre s'alluma une cigarette et redonna l'objet au batteur.

- Merci.
- Non c'est bon. Vous pouvez le garder.
- Vraiment ? Merci beaucoup.
- Dites ? Vous avez un endroit où dormir ?
- Bof ! Vous embêtez pas ! Le patron du pub d'à côté m'héberge.
- Ah, ok.


Kai reprit sa marche. Le visage de cet homme lui était étrangement familier. Où avait-il bien pus le rencontrer ? Arrivé à l'appartement, il mangea en compagnie du bassiste et partit se coucher. Aoi n'avait pas daigné pointer le bout de son nez et Uruha n'était toujours pas rentré. C'était la première fois que les deux guitaristes se disputaient pour autre chose qu'une partition. Fatigué par cette journée, le batteur s'endormit paisiblement. Du moins jusqu'à deux heures du matin où il se réveilla en sursaut.
Cette personne... il savait... il se souvenait. Il ne l'avait pas reconnu tout de suite parce-qu'à leur première rencontre cette homme devait être à peine majeur. Il en était certain maintenant, c'était le garçon qui avait tiré sur son frère. Ce visage... comment aurait-il pus l'oublier. Il se leva en catastrophe, attrapa quelques affaires et sortit en trombe dans les ruelles.
Pourquoi cet homme n'était-il pas sous les verrous ? Il est vrai qu'à l'époque, il n'avait pas cherché à savoir, non, il était bien trop occuper à pleurer la disparition de son petit frère. Arrivé devant le pub, il prit une grande inspiration pour se calmer et entra. Il s'avança vers le comptoir et se renseigna auprès d'un serveur.

- Est-ce-que vous hébergez un homme ici ?
- On héberge beaucoup de personne. Vous pourriez peut-être me le décrire ?


Kai lui donna tout les détails possibles. Après quelques minutes de réflexion, le jeune homme avoua qu'il y avait bien quelqu'un correspondant à la description. Il conduisit le brun dans une sorte de cave où résidaient plusieurs personnes toutes plus pauvre les unes que les autres.

- Bon je vous laisse vous débrouillez, je dois retourner travailler.
- Oui, merci.


Il chercha un instant, puis finit par reconnaître les vêtements de l'homme qu'il recherchait. Il s'approcha et ne contrôlant plus sa colère, il le souleva par le col.

- Tu l'as tué ! Assassin !
- Mais vous êtes fou ! Lâchez-moi !


Kai le frappa violemment, le jeta au sol et lui cria tout en lui donnant des coups de pied :

- Il n'avait rien fais et tu l'as tué ! Un enfant de onze ans ! Mon frère !

L'homme se releva tant bien que mal et bloqua le brun au sol qui désormais pleurait toute sa haine.

- T'avais pas le droit ! Tu devrais moisir en taule !
- La ferme ! Je vois pas de quoi tu parles !
- De ton crime ! Il y a à peu près neuf ans que tu l'as tué !
- J'ai jamais tué personne !
- Si ! Mon frère ! Dans ce parc, tu lui as tiré dessus !


L'homme se figea. Il semblait enfin comprendre où voulait en venir le batteur.

- Je m'en souviens...
- Espèce d'ordure !
- Ce n'est pas moi qui l'ai tué ! Cria t-il à son tour.
- Nani ?!
- Je faisais partit de cette bande, mais ce n'est pas moi qui ai tiré.
- Mais j'étais sûr que...
- Ce n'était pas moi.


Il se releva pour libérer le brun. Celui-ci s'assit et s'excusa tout en continuant de pleurer :

- Je suis désolé...
- Je comprends votre colère.
- Mais cet homme... où est-il ?
- Mort.
- Mort ?
- Mort d'une overdose il y a à peu près trois ans.
- ...
- La justice ne l'a jamais jugé mais Dieu s'en est chargé à sa place.
- Si Dieu existait alors il aurait sauvé la vie de mon petit frère... où peut-être avait-il une raison valable pour hotter la vie d'un enfant de onze ans ?
- ...
- Non, je ne crois qu'il y ait de raison suffisante pour ça...
- Vous devriez rentrer chez vous.
- Hai...
Le brun tenta de se mettre debout mais sans résultat. La fatigue était trop grande et cet accès de colère avait dus lui prendre les dernières de ses forces. Il prit son portable, y tapa un numéro et lui demanda :

- Est-ce-que vous pouvez appeler cette personne et lui dire de venir me chercher s'il vous plaît ?
- Oui, bien sûr.

***

Quelques minutes plus tard, le bassiste arriva au pub et trouva son batteur à moitié endormi. Il le souleva, s'excusa pour le dérangement que le brun avait causé et retourna à l'appartement. Il se fit le plus discret possible, déposa Kai dans sa chambre, le borda et sortit à pas de loup. Il devait en parler à Aoi. Il marcha jusqu'à sa porte puis s'arrêta en entendant des bruits suspects. Il colla son oreille et distingua une respiration forte et irrégulière entrecoupait de sanglot.

-Aoi ? Ca va ?

Aucunes réponses. Il poussa la porte et s'avança vers le lit vide. Surpris, le bassiste se pencha en avant et découvrit à même le sol le corps du guitariste secouait par de violent tremblement.

- Aoi ? Aoi !

Le brun était incapable d'articuler quoi que ce soit. Reita releva la tête et aperçut plusieurs boîtes de médicaments.

- Abruti ! Paniqua t-il.

Il le souleva et se précipita dans la chambre du batteur.

- Kai ! Réveils-toi !
- Nani ? Pourquoi tu gueules comme ça ?
- Aoi va pas bien du tout ! Amènes-toi ! On le porte tout de suite à l'hosto !
- Quoi ?!
- BOUGES ! Je t'expliquerais plus tard ! S'énerva le bassiste.


Il ne se le fit pas dire deux fois. Kai attrapa ses clés et ils filèrent à l'hôpital où les médecins prirent le guitariste en urgence. Après plus de deux heures d'attentes interminables, une infirmière vint à leur rencontre et leur annonça :

- Il va s'en tirer ! Nous avons procédé à un lavage d'estomac.

Les deux musiciens poussèrent des soupirs de soulagements.

- Vous l'avez emmené à temps, c'est ça qui l'a sauvé.
- On peut aller le voir ? Demanda le batteur.
- Pas tout de suite. Mais d'ici une heure oui, même si je ne vous garantis pas qu'il soit réveillé.
- Entendus, merci.


La femme repartit laissant les deux amis tout seul. Le bassiste s'exclama alors :

- Bon ! Ba ya plus qu'à attendre que monsieur se réveille !
- Ouais...
- Il aura intérêt à avoir une excuse solide ! J'ai cru que j'allais faire une crise cardiaque !
- Dis Reita ?
- Nani ?
- Tu crois que ça a un rapport avec sa dispute avec Uruha ?
- Je sais pas ce qui c'est passé mais ils agissent comme des gamins ! >.<
- Uruha était toujours pas rentré quand on est partit ?
- Non.
- Merde ! J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.
- T'inquiète ! Dès qu'on a vu Aoi, on va voir à l'appart et s'il n'y est pas alors on va le chercher par la peau des fesses !
- Ca marche ! ^^
- Et si on appelait Ruki ?
- A cette heure-ci ?
- Il est que quatre du mat' ! ^^
- Toi alors !
- Nan mais comme sa il pourra rester discuter avec Aoi quand on ira chercher blanche neige.
- Ok.


Il composa le numéro du blond. Après lui avoir expliqué la situation, il raccrocha et confirma son arrivé au bassiste qui commençait à sombrer dans le sommeil. Une demi-heure plus tard, Ruki fit son apparition. Reita sortit de sa léthargie et Kai dit à l'adresse du nouvel arrivant :

- Pas trop dur le réveil ?
- Un peu matinal pour moi.
- Désolé. ^^
- Pas grave.
- Bon, Reita et moi on va essayer de retrouver Uruha.
- Il n'est pas rentré ?
- Non. Dans un quart d'heure tu pourras aller voir le grand malade. ^^
- Ok ! Quelle chambre ?
- La 104.
- Je vous tiendrais au courant si il y a du changement et vous appelez moi si vous le trouvez où si vous avez besoin d'aide.
- Pas de problème grand chef ! Clama le bassite de nouveau en forme.


Et ils sortirent de l'hôpital tout en discutant de la façon dont-ils allaient procéder. Ruki se rendit devant la porte et s'assit dans le couloir en attendant l'heure.

- J'aimerais bien savoir ce que tu as dans la tête beau brun ?

# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:47

Avec le temps... ( Chap 8)

Avec le temps... ( Chap 8)

Auteur : Tsuki

Source : The gazette (ça change pas quoi !)


Chapitre huit


Uruha ouvrit lentement les yeux. Il s'assit et observa l'endroit dans lequel il se trouvait. Il était dans une petite chambre sombre et sa tête lui faisait atrocement mal. Son regard s'arrêta sur le corps d'un homme endormi à côté de lui. La panique le saisit. Que c'était-il passé ? Les seuls choses dont-il se souvenait, était sa dispute avec Aoi et sa rencontre avec... lui. Il se leva en silence, marcha vers la porte et tenta de l'ouvrir.

- On se retrouve à peine que tu veux déjà me fausser compagnie ? Ne t'inquiètes pas, j'ai retenu la leçon. On me le fait une fois mais pas deux.

Au son de la voix, le guitariste se retourna. Il se tenait là, debout, un sourire moqueur accroché aux lèvres. Il s'avança vers le blond qui, dos à la porte, paniquait de plus en plus. A mesure que l'espace se réduisait entre eux, sa respiration s'accélérait. Malheureusement pour lui, il se retrouva bien vite coincé entre son bourreau et le mur. L'homme posa ses mains de chaque côté du corps apeuré de sorte à le dominer totalement.

- Est-ce une manière de dire bonjour à ton père que tu n'as pas vu depuis si longtemps ?
- Laisse-moi partir.
- Il ne me semblait pas t'avoir éduqué de cette façon pourtant ?
- Je n'ai rien à te dire.
- Mais bien au contraire ! Il y a certaines choses sur lesquelles nous devons faire le point.
- Je n'en n'ai ni l'envi, ni le temps.
- Il faudra bien, que tu le veuilles ou non, et puis tu n'as pas vraiment le choix.
- ...
- Et puis, moi j'ai tout mon temps. Lui sussura t-il à l'oreille.


Le blond le repoussa en arrière et instinctivement courut à l'autre bout de la pièce. Il n'y avait aucune issue possible et il le savait pertinemment. Pourtant il voulait croire que cette fois il arriverait à lui tenir tête... ou du moins, le plus longtemps possible.

- Cesse de jouer ! Tu sais très bien que ma patience a des limites.
- Qu'est-ce-que tu me veux ?!
- Je te l'ai dis, je veux rattraper le temps perdu.
- Pas moi ! Et je ne crois pas avoir perdu mon temps en fuguant !
- Fais attention, tu deviens vraiment mal poli.
- Tu ne crois pas que tu en as déjà assez fait ?
- Ce que je fais, je le fais avant tout pour ton bien.
- Mon bien...


Toujours cette même phrase. Mais au final c'était le même résultat. Son père s'avança et lui tendit la main.

- Viens.

Uruha secoua négativement la tête et recula jusqu'à de nouveau se retrouver contre le mur. Commençant à perdre patience, l'homme attrapa le blond par le poignet et le força à se coucher sur le lit. Il sortit une paire de menotte et la lui mit autour des mains afin de les lui attacher à la tête du lit.

- Qu'est-ce-que tu fais ?! Intervint le guitariste paniqué.
- Je fais en sorte que tu sois plus calme.


Il se releva, fouilla dans un petit meuble et en sortit une seringue et plusieurs produits. Il revint s'asseoir.

- C'est quoi tout ça ? Demanda le blond plus qu'inquiet.
- Quelques médicaments contre le trop plein d'énergie.
- Trop plein... d'énergie ?
- Vois-tu, je préférais le petit garçon de l'âge de seize ans, lui au moins il était docile.
- Je n'ai plus seize ans ! Et le temps où tu profitais de moi est terminé ! Alors laisse-moi partir ! Supplia t-il.
- Sûrement pas. Et puis, mis à part cette légère résistance, rien n'a vraiment changé... je te vois encore comme un pauvre adolescent effrayé.
- ...
- Ah si ! Il y a bien autre chose qui a changé.
- Nani ?
- Ton corps. Ton corps est devenu bien plus délicieux.


Et disant cela, il se mit à califourchon sur le guitariste. Lentement, il caressa les joues du blond, son cou, son torse, ses hanches. Un léger picotement fit fermer les yeux de l'impuissant.

- Avec ça tu devrais moins bouger.
- Qu'est-ce-que...


Il rouvrit les yeux et put apercevoir son père retirer de sa peau l'aiguille de la seringue. Il sentait le produit coulait dans ses veines et les premiers effets se faisaient déjà sentir. Sa tête devenait de plus en plus lourde et ses membres lui répondaient de moins en moins. Il voyait les mains de son géniteur le détailler minutieusement, mais n'arrivait pas à l'en empêcher.

- Ne fais pas cette tête ! Ca ne durera que quelques heures !

Quelques heures ? C'est trop ! Beaucoup trop... Son c½ur battait tellement fort qu'il lui faisait mal, la peur lui broyait l'estomac et malgré ça, son corps restait immobile. Combien de temps encore comptait-on l'humilier ? L'impuissance devait-elle faire parti de son quotidien ? Des larmes d'incompréhension coulèrent de long de ses joues.

- S'il te plaît... ne me fais pas de mal.
- Tu pleures ?
- ...
- Ce sont les filles qui pleurent, non ?
- S'il te plaît...
- Comme tu es mignon. Mais sois rassuré, je ne te ferais que du bien.


Un sourire sadique se dessina sur les lèvres du bourreau et il commença à débarrasser le blond de ses vêtements. La dernière barrière les séparant n'existait plus et le guitariste se sentait défaillir au fur et à mesure que son père se défaisait lui-même de ses habits. Ce n'était ni plus ni moins qu'un retour dans le passé... Il se retrouvait sous le poids des injures... de son corps. Il sentit ses cuisses se soulever. Il pleurait de peur désormais. Ses yeux se fermèrent et il murmura :

- Kudasai...

Murmure étouffé par les larmes. L'homme tira le bassin à lui et pénétra violemment Uruha. Le blond ne put retenir un cri de douleur. Le corps endoloris et le c½ur déchiré, le guitariste ne pouvait que subir. Protester n'y changerait rien. Les vas et viens s'accéléraient, se faisant toujours plus brutaux. Comme il aurait voulu pouvoir fermer son esprit et ne plus rien ressentir... N'être qu'une enveloppe charnelle dépourvue de tout sentiment. Il haïssait ce qui faisait de lui un homme, un être vivant. Quel intérêt y a-t-il à vivre si cela vous fais souffrir ? Naître faible est-il un crime ? Kudasai...

- Libérez-moi de cette vie...

Prière étouffée au fin fond de son âme. Les minutes passent et dieu ne semble pas l'écouter. Il a beau crier, gémir, pleurer, rien n'y fait, il reste désespérément la victime de ce jeu pervers. Sa vision se trouble et la douleur se fait plus présente. Il laisse retomber sa tête sur l'oreiller et ferme les yeux comme pour se persuader qu'il va se réveiller dans son lit. Son regard se pose une dernière fois sur le plafond et il perd connaissance ne se souciant désormais plus de ce qu'il adviendra de lui. Comprenant que le blond est à bout de force, son père s'arrêta et se rhabilla. Il ouvrit la porte et dit avant de partir :

- Tu n'es pas très résistant. Nous continuerons plus tard, je sors.

Et il quitta la pièce.

***

Après être passé à l'appartement et constatant l'absence de leur guitariste, Kai et Reita se séparèrent pour augmenter leur chance de le retrouver. Ce n'était pas une mince affaire, d'autant plus qu'ils n'avaient aucune idée de l'endroit où c'était rendu ce dernier après être allé dans le parc. Plusieurs heures passèrent sans qu'aucun d'eux ne le trouve. A bout de patience et en manque de sommeil, Reita rejoignit le batteur qui commençait visiblement à s'inquiéter.

- Bon, il nous reste plus que cette rue là au niveau de ce quartier.
- Et si on ne le retrouve pas ?
- Ba ça voudra dire que notre blondinet n'avait pas l'intention de rentrer après sa petite embrouille ou qu'il a eu de sérieux ennuis...
- ...


Les derniers mots du bassiste ne rassurèrent pas le brun. Ils pénétrèrent dans la rue en question et observèrent le moindre mouvement pouvant trahir une présence. Reita s'arrêta brusquement et fit signe à Kai de se taire et d'écouter. Après quelques secondes d'attente le batteur perçut effectivement de faible gémissement. Ils provenaient d'une fenêtre entrouverte appartenant à un local qui, normalement, était désaffecté. Le bassiste entra en premier, se faisant le plus discret possible. Les bruits se faisaient plus proches. Kai chuchota :

- Ca vient de derrière la porte.
- Ouais... Reste plus qu'à en avoir le c½ur net.


Il poussa la porte et s'avança doucement au milieu de la pièce.

- Il n'y a personne... Constata Reita.

De nouveaux gémissements reprirent. Le batteur s'avança à son tour et s'agenouilla afin de pouvoir regarder sous le lit.

- O_o'
- Ba quoi ?


Le bassite se pencha à son tour pour comprendre se qui retenait l'attention du brun.

- Pincez-moi, je rêve ! O_o'

# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:54

Avec le temps... (Chap 9)

Avec le temps... (Chap 9)
Auteur : Tsuki

Source : The gazette

Chapitre neuf

- Pincez-moi, je rêve ! O_o'

Les deux amis n'en revenaient pas. Avoir fais toutes ces recherches pour finalement en arriver là ! Kai plongea sous le lit et y attrapa l'auteur des gémissements : un adorable chiot.

- Qu'il est mignon !!! ^^ Annonça le brun apparemment soulagé.
- Ouais... Mais ça nous dit pas où est Uru !
- ...
- Merde ! On va quand même pas prévenir les flics ?!
- On pourrait faire un avis de recherche. On fait des photocopies d'une photo de lui et on demande des renseignements aux gens.
- De toute façon on a plus que ça à faire.


Le blond attrapa son portable et appela Ruki pour l'informer de la situation.

***

- Ok. De mon côté je vais parler à Aoi, les infirmières viennent de m'annoncer son réveil.

Ruki raccrocha et se dirigea vers la chambre du brun. Il ne savait pas vraiment par où il allait commencer pour engager le dialogue. Il poussa doucement la porte et entre sans faire de bruit. Aoi était allongé sur le lit blanc et il tournait la tête vers la fenêtre. Ses cheveux bruns tombaient sur ses épaules pâles. Il remarqua la présence du blond et tourna son visage vers lui. Ses yeux étaient marqués par la fatigue et sûrement... par la tristesse. Ruki s'avança près du lit et demanda :

- Comment tu te sens ?
- Ca va...
- On peut dire que tu nous as fais une belle peur.
- Gomenasai...
- Pourquoi avoir fais une chose aussi insensé ?
- ...
- Tu aurais pus mourir !
- Ce n'est pas le cas...
- Et tu as l'air déçu.
- ...
- Est-ce-que votre dispute était si terrible que ça ?
- Non... Uruha n'est pas fautif.
- Alors pourquoi cette réaction ?
- Le problème c'est moi. Avoua le brun.
- Et c'est la seule façon que tu es trouvé pour corriger se problème ?
- Je voulais y mettre un terme, à cause de ça, Uruha souffrait et moi aussi.
- Et tu pensais que ta mort n'affecterait personne ?
- ...
- Aoi, bon sang ! On tient tous énormément à toi et Uruha plus que n'importe qui.
- Je suis incapable de faire son bonheur...
- L'option que tu as choisi c'est la fuite Aoi !
- Demo...
- On n'abandonne pas avant d'avoir essayé !
- ...


Le blond semblait déterminé à faire ouvrir les yeux au guitariste.

- Je vais te le dire franchement et je ne me répèterais pas, alors écoutes bien.
- ...
- Uruha t'aime et tu l'aimes aussi ! Alors explique-moi où est le problème.
- Je...
- Parfaitement ! Il n'y en a pas ! C'est toi qui te complique la vie.
- Je peux pas... J'ai trop peur...
- Essaye et tu verras bien.


Le brun resta silencieux. Ruki s'approcha un peu plus et chuchota à son oreille :

- Si tu ne saisis pas ta chance alors sois sûr que tu le regretteras...
- Demo...
- Non Aoi, tu n'as pas le temps. Si ce n'est pas toi qui lui prends son c½ur alors je le ferais.
- Nani ?
- Tu m'as bien compris. En lui parlant j'ai fini par m'attacher à lui, mais c'est aussi en le regardant que j'ai compris qu'il ressentait quelque chose pour toi et qu'il n'osait pas t'en parler. Par respect pour vous j'ai fais taire mes sentiments et j'ai même tenté de vous réunir... seulement, si tu es incapable de comprendre la chance qui t'est donnée, alors je n'insisterais pas plus et je m'occuperais simplement de la saisir à ta place.


Abasourdis par cette révélation, le guitariste fixa le blond sans rien trouver à dire. Ruki aimerait Uruha ? Et il semblait plus que déterminé à conquérir son c½ur. Comment pouvait-il réagir ? Après tout, Ruki n'était-il pas plus apte à rendre heureux leur guitariste ?

- Alors ? Tu vas réagir ?
- ...
- Soit !


Le blond tourna les talons et sortit de la chambre. Aoi tendit désespérément le bras dans sa direction.

- Ruki att...

Mais la porte se referma violemment, laissant le brun en proie au désespoir. Il n'avait jamais pensé qu'un jour Uruha lui déclarerait son amour, ni que Ruki lui avouerait ses sentiments pour un autre et qui plus est pour le guitariste blond. Il s'était toujours refusé à aimer quelqu'un... il n'avait même pas pris la peine d'essayer en faites. Essayer ? Pourquoi ? Ou plutôt, pourquoi pas ? Ses yeux parcoururent furtivement la pièce en quête de réponse. Son regard se posa sur un objet posé sur son lit. C'était le portable de Ruki, il avait dû l'oublier. Au moment où il allait l'attraper, une sonnerie retentit indiquant un appel. Aoi prit le téléphone dans ses mains et décrocha timidement sans rien dire.

- Ruki ? C'est Reita ! C'est pour te prévenir qu'on a toujours rien trouvé, on fait le tour de la ville avec les photos du blondinet mais pour l'instant personne semble l'avoir vu.
- Nani ?
- Ba ouais ! Je sais pas où il est partit cet abruti mais Kai commence sérieusement à flipper !
- Uruha a disparu...
- Hein ? T'as une drôle de voix, est-ce-que ça va ?
- ...
- Ruki ?


Le brun raccrocha le portable et resta figé quelques minutes. Son c½ur s'emballait, sa respiration s'accélérait, son estomac se nouait, autant de signe qui lui prouvait qu'Uruha n'était pas qu'un simple ami pour lui. Se pouvait-il qu'il est était à se point aveugle ? Il se leva précipitamment, attrapa ses affaires et sortit en trombe vers la sortie de l'hôpital. Il composa le numéro du guitariste en courant. Salut c'est Uruha ! Vous êtes bien sur ma messagerie, et oui j'suis pas là alors laissez-moi un message et je vous rappellerais ! Tchao !

- Kuso !

Rien à faire. Instinctivement, il se dirigea vers le parc à l'endroit où ils s'étaient vus pour la dernière fois. Arrivé au lieu de leur séparation, le brun s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. Son état physique actuel ne lui permettait pas de courir longtemps, son corps était encore trop faible.
Il reprit son calme et retraça le chemin parcourut par le blond. Il se stoppa à la sortie du parc, là où il l'avait perdu de vue. Deux choix s'offraient à lui : la ville ou les ruelles qui emmenaient vers leur appartement. Quel chemin avait-il put empreinter ? Il devait se mettre dans la peau d'Uruha, s'il avait été à sa place, où serait-il allé ? Sachant qu'il devait être blessé par la réponse froide du brun... il devait sûrement avoir envi de pleurer.

- Uruha n'aime pas pleurer devant les autres... Murmura t-il pour lui-même.

Il se dirigea donc vers les ruelles. Une fois l'angle de la première rue passé, le guitariste s'arrêta de nouveau et observa le moindre indice. Se trouvant au milieu du passage, un homme le bouscula pour pouvoir passer, provoquant par la même occasion la chute du brun.

- Oh, excusez-moi.

L'inconnu s'empressa de le relever. Aoi le remercia et fut frapper par les traits plus que familier de son visage.

- On... on ne se serait pas déjà vu quelque part ?
- Non, pas que je sache.
- Désolé, c'est que vous ressemblez à une connaissance.
- Ce sont des choses qui arrivent. Bien je dois vous laisser.
- Oui...


Et il partit sans se retourner. Cet homme... il lui ressemble trop. Une coïncidence ? Si c'est bien lui, alors la disparition d'Uruha n'aurait rien d'étonnant. Aoi entreprit donc de le suivre discrètement. Ses pas le conduisirent jusqu'à un vieil immeuble miteux. Une personne aussi bien habillée n'habiterait pas dans un taudis pareil ! Il patienta quelques minutes et entra à son tour.
Ses membres tremblaient de fatigue mais malgré ça il persistait à vouloir confirmer ses soupçons. Une voix lui signala la présence de plusieurs personnes. Il n'allait pas prendre le risque de frapper à chaque porte du bâtiment. Il prit son portable et composa le numéro du guitariste en croisant les doigts pour qu'il ne se soit pas mis en vibreur ou en silencieux. La sonnerie retentit enfin.
Elle était faible mais cela ne faisait aucun doute que c'était bien celle du blond et elle semblait provenir d'en haut. Il grimpa les marches le plus vite possibles et se stoppa devant la dernière porte. Il la poussa doucement et s'avança jusqu'à reconnaître la voix de l'homme.

- Ne fais pas semblant de dormir. Les médicaments ne doivent plus faire effets maintenant.

Aoi se pencha légèrement pour pouvoir se rendre compte de la situation. Son c½ur manqua de sortir de sa poitrine en reconnaissant le corps nu du guitariste à moitié recouvert par un fin drap. Il se ressaisit et réfléchit au meilleur moyen de procédé. Il envoya un message à Reita avec les coordonnées de l'endroit puis se concentra de nouveau pour tenter de trouver une solution. A sa plus grande surprise, une voix l'interpela :

- Et si vous vous présentiez monsieur l'espion ?

Le brun s'était tellement concentré pour trouver une idée qu'il ne l'avait même pas vu approcher. Il pointait un révolver dans sa direction pour le dissuader de tous mouvements trop brusques. Il lui fit signe de le suivre et de s'asseoir sur une chaise non loin d'Uruha.

- Aoi !

Le brun baissa la tête. Le père du blond s'avança, tira les cheveux du brun en arrière et demanda sur un ton ironique :

- La connaissance à laquelle je te fais penser n'est-elle point ici présente ?
- Ne lui fais pas de mal ! Intervint Uruha.
- De quoi je me mêle ?
- Ca va Uruha, je vais bien... excuse moi pour hier.
- Quoi ?!
- Je crois que je me suis trompé... alors, est-ce-que tu voudrais bien me donner une seconde chance et pardonner mon égoïsme ?
- Aoi...
- Dites le moi si je dérange ?


Et il tira un peu plus en arrière la tête du brun. Il attrapa deux autres paires de menottes et attacha les pieds et les mains du gêneur à la chaise.

- T'en as combien comme ça ? Interpela le blond.
- Nani ?
- Tu le sors d'où tout ça ?
- J'ai de l'influence et de l'argent mon cher fils adoré.
- Maman est au courant de ce que tu manigance ?
- Pourquoi est-ce-que tu crois qu'on a divorcé ?
- ...
- Mais dis moi, c'est la venue de ton ami qui te redonne cette soudaine fougue ?
- Laisse-le en dehors de ça, tu veux ? Tu seras gentil. Ironisa t-il.
- Tu es devenu bien arrogant en quelques minutes ! N'ai pas peur de montrer aux autres que tu es faible. Ce n'est que la triste vérité.
- Vas te faire foutre !
- Mais si c'est bien ça. Tu as peur que tes amis voient à quel point tu es faible et insignifiant en ma présence.
- La ferme j'ai dis ! S'énerva le guitariste au bord des larmes.
- Pauvre petit être. Mais il n'a encore rien vu...
- ...
- Et si on lui montrait comme tu es docile ?
- Fais pas ça. Supplia le blond désormais en pleure.

Le père lâcha Aoi et s'installa à califourchon sur son fils. Tout aussi paniqué qu'Uruha, le brun demanda inquiet, même s'il connaissait déjà parfaitement la réponse:

- Qu'est-ce-que vous faites ?
- Ca ne voit pas ?
- ...
- Mais rassure-toi, ce sera bientôt plus explicite. Dit-il en souriant.


L'homme retira lentement le drap et caressa les cuisses tremblantes du blond tout en continuant d'observer la réaction d'Aoi. Malgré le dégoût que cette scène lui inspirait, le brun ne pouvait s'empêcher de regarder. Et dire que tout ça ne serait pas arrivé s'il avait un peu plus prêté attention aux sentiments d'Uruha. La voix implorante du blond le fit sortir de ses pensées.

- S'il te plaît, pas devant lui...
- Pourquoi ?
- Je ferais tout ce que tu veux, mais par pitié pas... pas lui... non, pas Aoi...
- Alors commence par me donner ce que tu me dois.
- ...
- Embrasse-moi, volontairement.
- Hai...


L'homme détacha les mains d'Uruha qui allèrent se nicher dans son cou. Le guitariste prit bien soin de ne pas regarder Aoi et posa ses lèvres sur celle de son géniteur. Uruha sentit les mains de son père l'enlacer fermement et bientôt il l'invita à laisser passer sa langue. Le blond se résigna et obéit sagement en espérant que ça n'aille pas plus loin. Le brun sentit son c½ur se serrer. Un murmure s'échappa inconsciemment de sa bouche :

- Uruha... je, je... t'aime aussi...

Le guitariste blond s'arrêta net en entendant cette phrase, ce qui ne plut guère à son père. Uruha détourna le visage pour voir Aoi.

- C'est... c'est vrai ?
- ...


Le brun hocha timidement la tête pour confirmer.

- Pardonne-moi de ne pas m'en être rendu compte plus tôt.
- Aoi...
- Taisez-vous bandes d'insolents !


Il frappa violemment le blond et se dirigea vers le guitariste brun. Transporté par la colère, il le roua de coup jusqu'au sang. Uruha cria pour l'arrêter :

- Arrêtes !
- Il semblerait que lui aussi manque d'éducation !
- Arrêtes ! Ne lui fais pas de mal !
- Depuis quand c'est toi qui donne les ordres ?!


Il cessa les coups et reporta son attention sur son fils, qui venait de se lever tout en prenant soin de mettre le drap autour de lui.

- Rassis-toi !
- Non ! Laisse-le partir !
- Ne me parle pas sur ce ton !


Sa main s'abattit sur la joue du frêle guitariste. Projeté au sol, le blond eut à peine le temps d'esquiver une nouvelle gifle que son père s'était jeté sur lui pour lui emprisonner les poignets.

- J'étais pourtant prêt à faire un effort et à accepter ta requête.
- Menteur !
- Puisque tu le prends comme ça, on va faire ce qui était prévu depuis le début !
- Laisse-moi !
- N'y compte pas trop !


Uruha avait beau se débattre, il ne faisait pas le poids. Aoi ne devait pas assister à ça !

- On ne bouge plus !

La porte s'ouvrit à la volé et plusieurs hommes armés entrèrent suivis de Reita, Kai et Ruki.

- Levez-vous !

Les hommes l'empoignèrent et lui passèrent les menottes. Les trois amis se ruèrent sur leurs deux compagnons. Kai releva un Uruha pleurant de soulagement tandis que Reita et Ruki s'occupaient de défaire les liens du brun pour de nouveau l'emmener à l'hôpital.

*****

Les quatre amis patientaient devant la porte. On avait prêté des vêtements à Uruha et ils attendaient tous l'accord d'un médecin pour aller voir Aoi. Un homme avec une grande blouse blanche les interpella :

- Votre ami est soigné ! Vous pouvez aller le voir.
- Merci docteur.


Ils ne se le firent pas dire deux fois. Leur guitariste était assis sur son lit et tentait apparemment d'enfiler un tee-shirt s'en se faire mal, ce qui fut chose vaine et qui fit bien rire les nouveaux arrivants. Ruki et Uruha s'installèrent de pars et d'autre du brun. Le guitariste blond appuya sa tête contre l'épaule du rescapé et soupira de soulagement. Aoi releva le menton du blondinet.

- Ca va toi ?
- Hum... maintenant oui.
- Excuse-moi Uruha, je su...


Mais le blond ne lui permit pas de terminer sa phrase. Il lui emprisonna les lèvres en un doux baiser langoureux.

- Vous le dites si on dérange ? Intervint le bassiste amusé.

Uruha se stoppa net et devint rouge tomate.

- Gomen... c'est partit tout seul... ///
-J'ai vu ça. Sourit le guitariste brun.


Kai s'avança et clama :

- Ba voilà ! Vous vous êtes réconcilié ! ^^
- Hai... Murmura le blond.


***

Quelques semaines plus tard

- Pfffff ! J'ai trop mangé !

Les cinq amis étaient affalés sur le canapé et n'arrivaient plus à bouger ne serais-ce que le petit orteil. Ruki avait emménagé avec eux depuis deux semaines et la bonne ambiance régnait en maître. Uruha se rapprocha d'Aoi afin d'avoir un câlin. Requête qui, naturellement, fut accordé par le brun. Le batteur trouva le courage de s'asseoir et demanda :

- Finalement, on c'est tous avoué nos petits secrets avec le temps... et avec Ruki. ^^
- Oui... ou presque tous.


Le bassiste regarda le désormais chanteur officiel de leur groupe.

- Qui ? Moi ?
- Ba ouais, t'as pas de secret toi ?
- Hum... mes soucis se sont envolés en même temps que notre rencontre. J'avais besoin qu'on me prouve que la vie n'était pas qu'une longue routine et qu'elle valait la peine d'être vaicue.
- Alors en faites, on t'a aidé ! Clama le bassiste tout content de sa découverte.
- Oui.
- Et toi Reita ?
- Quoi moi ?
- Ba ouais, tu nous as jamais dis tes petits secrets ! Dit le batteur sur un ton de reproche.
- J'suis pas sûr que t'es envi de le savoir. ^^'
- Ba pourquoi ?
- Bien, comme vous voudrez ! Mais ne me dites pas que je ne vous aurez pas prévenu !


Les quatre compagnons se regardèrent craignant le pire. Le bassiste se leva et annonça sur un ton théâtral :

- Je suis homo et je suis éperdument amoureux !
- O_o'
- De qui, de qui ? S'impatienta soudain Uruha.


Reita prit un air des plus sérieux et sauta sur Kai.

- De mon batteur adoré qui se dit hétéro alors que c'est même pas vrai ! XD
- Naaaaaaaaaaaaan ! Lâche-moi !


Les trois autres éclatèrent de rire. Décidément leur bassiste avait une façon bien étrange d'avouer ses sentiments. Tout le monde savaient d'avance que ces deux là formeraient un couple parfait mais Kai avait la tête dure et une fierté de fer. Reita libéra son adoré et supplia Ruki à genoux :

- Tu dois m'aider !

Tout le monde explosa de rire, et même Kai. Le blond posa sa main sur la tête du bassiste et jura de venir à son secours une fois la nuit passée. Les cinq amis partirent se coucher oubliant leurs soucis le temps de quelques heures. Les jours se succédèrent sans pour autant se ressembler, d'autres ennuis survinrent mais d'autres joies aussi. Tout autant d'évènements qui finir par construire leur vie et solidifier leur amitié.

Owari.

# Posté le samedi 15 décembre 2007 12:04