Avec le temps...

Avec le temps...
P'ti résumé: Ruki a le mal de vivre et cherche en vain une raison de retrouver le sourire. Sa rencontre avec Aoi et Uruha va lui permettre d'oublier ses problèmes et de ce consacrer aux autres. Autant dire qu'il a du pain sur la planche, vu la fine équipe à laquelle il aura à faire!

Mon avis sur la chose: Deuxième fanfic sur the gazette !!! Et ma seule et unique happy end !!! Des passages humouristiques sur lesquels j'ai bien tripé et des scènes un peu moins drôles sur lesquelles je me suis cassée la tête !!! Uruha... pardonne-moi! ç_ç

L'Avis d'Aoi: Bof! Bof! C'est pas moi le personnage principal alors c'est pas intéressant. Tournez vite la page, ça ne vaut pas le coup d'oeil.

Tsuki: T'es vraiment détestable! >.<
Aoi: Nan. Réaliste.
Tsuki: Mais quand c'est toi le perso principal, t'es pas content non plus.
Aoi: T'as qu'à me faire beau, intelligent et que je sois un gars sans histoire louche !!! Moi quoi. ^^
Tsuki: Mais c'est pas drôle sinon... >.>
Aoi: M'en fou! Tu te démerdes! ><
Tsuki: ç_ç

# Posté le lundi 10 décembre 2007 12:35

Modifié le mardi 11 décembre 2007 07:25

Avec le temps... (Chap 1)

Avec le temps... (Chap 1)

Auteur : tsuki

Source : The Gazette



Chapitre 1

La vie a un goût bien amer. C'est souvent ce qu'il en venait à penser une fois la nuit tombée. La journée, il se laissait porter par les gens et les évènements. Finalement il ne faisait que ce qu'on attendait de lui. Il n'avait jamais vraiment eu d'ambition, ou disons plutôt d'ambition réellement serviable. Il n'était qu'une marionnette qui menait la vie que la société lui avait dictée.
La seule chose qui le faisait se sentir vivant, c'était la musique. C'est grâce à elle qu'il pouvait s'échapper de ce monde, elle était un peu comme l'amie à qui il pouvait tout confier, un peu comme l'amie qui ne le trahirait jamais... C'est aujourd'hui que débute le printemps, il fait beau et les gens sont inutilement heureux. L'hiver l'inspirait plus.
L'avantage c'était que quand le printemps arrivait, ses vacances arrivaient aussi ! Il savourait donc ce premier jour de congé en se baladant dans le parc. Un bruit de guitare parvint à ses oreilles. Il s'approcha et constata que deux jeunes hommes installés dans l'herbe se disputaient à cause d'une partition.

-Mais puisque je te dis que ça va pas du tout !
-Et puisque moi je te dis que ça ira !
-Mais c'est... ça fait... hum... comment dire ça sans te vexer ?
-J'ai passé l'âge d'être aussi susceptible monsieur je sais tout !
-C'est moche.
-Nani ?
-Le refrain, il est moche.
-J'vais t'en foutre des refrains moi !
-Me frappe pas ! Heureusement que t'avais dis que t'étais pas susceptible ! >.<


Le brun se leva et sauta sur le blond de guitariste qui avait osé critiquer son ½uvre. Alors que les garçons se livraient bataille, il s'approcha un peu plus et attrapa l'instrument abandonné. Il s'assit à son tour et commença à jouer tout en regardant le combat acharné des deux musiciens. Le son des cordes fit cesser le duel. Ils se relevèrent et restèrent un moment à écouter jusqu'à ce que le brun tilt que c'était sa guitare. Il s'avança et lui demanda :

- Est-ce-que je pourrais la récupérer ?
- Excuse-moi, je voulais juste l'essayer.
- Nan, nan c'est pas grave.


Il lui tendit l'instrument. Le blond s'avança à son tour et dit :

- Tu joues bien. Tu t'y connais un peu en musique ?
- Oui. Mais bon, j'suis pas un expert non plus.
- Alors tu pourras peut-être m'aider à faire comprendre à ce baka que son refrain est moche ?
- Euh... Je sais pas si je suis assez qualifié pour sa.
- Mais si, mais si !

Il attrapa une feuille et la lui mit sous le nez. C'est vrai qu'à part le refrain ça avait l'air vraiment bien. Au moment où il avait trouvé la cause du problème, un autre garçon arriva en catastrophe sur eux en criant à tue tête :

- Reita a des ennuis !

Les deux guitaristes tentèrent de le calmer, mais le jeune homme ne l'entendait pas de cette oreille.

- Il a vraiment des problèmes ! Ces types ont l'air hyper balèzes en plus !

Le blond pâlit et regarda autour de lui en pensant sûrement que la solution allait arriver en courant. Constatant que rien ne se passait, il interpela son ami qui semblait plongé dans une profonde réflexion.

- Peut-être que Kai a raison.
- ...
- Aoi ? Tu m'écoutes ?
- Mais il nous avait fait la promesse de ne plus se battre.
- Mais il a rien fait lui ! C'est eux qui nous on agressé ! Coupa Kai.
- Merde !
- Ils avaient l'air de le connaître.
- Et ils sont combien ?
- Six.
- Je veux pas me battre moi ! Et en plus on ne fera jamais le poids ! Pleura le blond.


Aoi se tourna et demanda tout naturellement :

- Comment tu t'appelles ?
- Euh... Ruki.
- Tu sais te battre ?
- Nani ?
- Nan parce-que Uruha a raison, il sait pas se battre et en plus ils sont six.
- ...
- T'es pas obligé ! Surtout que t'as rien à voir là dedans.
- Désolé, mais je n'ai vraiment pas envi d'avoir des ennuis.
- Je comprends.


Kai qui commençait à perdre patience s'énerva sans vraiment savoir pourquoi :

- Bon on se magne ! C'est son problème s'il est égoïste !
- Kai ! Gronda Uruha surpris par la réaction du brun.
- Vous faites ce que vous voulez mais moi je vais l'aider ! Quitte à me retrouver à l'hosto !


Et il repartit aussi vite qu'il était venu. Les deux guitaristes le suivirent illico presto. Aoi prit tout de même le temps de lui adresser une dernière phrase :

- Excuse-le, il est pas comme ça d'habitude, on se revoit quand tu veux !

Les trois garçons quittèrent le parc. Ruki resta un moment assis. Les paroles de Kai avaient eu un effet de coup de massue. C'était bien la première fois qu'on lui parlait si franchement. Egoïste ? Pourquoi diable aurait-il dus les aider ? Il se releva et regarda le sol, pensif. Ses yeux s'arrêtèrent sur les deux guitares laissaient à l'abandon. Il souffla, remit les instruments dans leurs étuis respectifs et regarda l'adresse inscrit sur l'un d'eux. Pourquoi se sentait-il obligé de les leur ramener ? Il ne leur devait rien après tout. Mais il décida tout de même de chercher leur maison. Il parla à haute voix comme pour se convaincre lui-même :

- Après tout c'est normal.

Après deux heures de recherche acharnées, le blond trouva enfin un appartement qui correspondait à l'adresse de l'étui. Il frappa à la porte. Aucune réponse. Il réessaya, mais à nouveau rien ne se passa. Il tenta d'ouvrir et s'aperçut que la porte n'avait pas été fermée à clé.
Il s'avança dans l'entrée et tendit l'oreille à l'affut du moindre bruit. Des voix s'élevaient du couloir. Ruki s'y aventura et s'arrêta derrière la porte d'où provenait les sons. Reconnaissant la voix des deux guitaristes, il entra discrètement dans la chambre. Il hésita à parler. Aoi, Uruha et Kai étaient assis autour d'un lit où dormait quelqu'un. Ce devait être le fameux Reita. Son ventre se noua quand il remarqua un hématome sur la joue de Kai. Le guitariste brun le vit enfin et demanda tout étonné :

- Qu'est-ce-que tu fais ici ?
- Je... je viens vous ramener ça.
- Ah ! J'avais complètement oublié avec toute cette histoire !


Uruha se leva en catastrophe, bouscula Aoi, attrapa sa guitare et la serra aussi fort qu'il le pouvait tout en pleurant des tas d'excuses.

- Comment j'ai pus t'oublier !!!! Pardonne-moi ma chérie ! Merci beaucoup Ruki !
- De... de rien.

Bluffé par tant de cinéma, Aoi fit rassoir le blond et invita Ruki à en faire de même.

- Non, je ne reste pas. C'était juste pour vous les ramener.
- Allez ! C'est pour te remercier.
- ...
- Dis oui, s'il te plait ! supplia Uruha avec un regard hyper choupinou auquel personne ne peut résister.
- Je ne voudrais pas déranger.
- Mais nan !
- Ok alors.


Ruki s'assit à côtés du guitariste brun. Un gémissement plaintif retentit dans la pièce et Reita releva la tête non sans quelques difficultés.

- Yatta ! J'ai mal partout !
- Pas étonnant espèce de baka ! Gronda Kai.
- Sois pas si méchant !
- T'as qu'à faire plus attention où tu te promènes !
- T'étais avec moi jte signale !
- Vous vous calmez tout les deux ! Intervint Aoi.


Uruha se releva d'un coup et annonça gaiement :

- Bon c'est moi qui fais les présentations !!!

Tout le monde sursauta à l'annonce du blond.

- Alors je vous présente Ruki ! Ruki je te présente, Aoi, Kai et Reita !
- Enchanté... marmonna le blond.
- Ah ! J'allais oublier ! On est tous des musiciens !
- C'est vrai ?
- Ouais ! Reita c'est le bassiste, Kai le batteur et Aoi et moi on est les guitaristes !!!!
- Un vrai groupe, quoi !
- Ou presque. Coupa le batteur.
- Ouais bon, il nous manque le chanteur mais bon... c'est pas comme si on n'avait rien ! ^^
- Oui mais sans chanteur on n'ira pas loin non plus ! Insista Reita.
- Mais euh !!!! Pourquoi vous êtes tous aussi négatifs ? >.<
- Je dois dire que pour une fois ils n'ont pas tort Uruha. Approuva Aoi.
- Ah tu vois ! Comment ça pour une fois ? >.<


Le batteur sauta sur le guitariste brun en le menaçant de mort s'il ne retirait pas tout de suite ce qu'il venait de dire. Alors que Reita riait à en perdre haleine, Uruha tentait vainement de séparer les deux musiciens.

- Mais arrêtez espèces de baka ! Vous me faites honte !
- Aides-moi au lieu de pleurer ! protesta Aoi.
- Nan ! Nan ! Je veux pas me battre ! La violence ne résout rien !
- Arrêtes de faire la fillette ! Ria le bassiste.
- Je suis pas une fille ! S'énerva le blondinet.


Ruki qui depuis le début observait la scène en silence, put apercevoir de fines larmes perler aux yeux du guitariste blond. Celui-ci tourna les talons et quitta la pièce pour aller se réfugier dans sa chambre.

- Ba qu'est-ce qui lui arrive à Uru-chan ? Demanda Reita indécis.
- Tu l'as vexé baka ! rétorqua Kai.
- Rooooo ! Si on peut plus rien dire !


Le batteur se leva et partit frapper à la porte d'Uruha. Aoi et Ruki firent de même, en vain. Le guitariste restait obstinément muet et ne voulait pas les laisser entrer. Kai eut vite fait d'abandonner face à l'entêtement du blond. Le guitariste brun abandonna tout aussi vite et clama haut et fort :

- Tu n'es qu'un gamin !

Il donna un coup de pied dans la porte qui restait désespérément fermée et partit rejoindre ses autres camarades dans la chambre du bassiste. Ruki s'adossa au mur et parla sans vraiment en comprendre la raison.

- Rester seul ne fera qu'agrandir ta peine. Les gens sont parfois maladroits et ne mesurent pas l'ampleur de leurs paroles. Tu n'aimes pas qu'on te traite de fille ?
- Non...
- Pourquoi ? Tu peux en parler, tu sais ?
- Non.
- Alors tu as tout simplement envi qu'on s'occupe de toi. Ce n'est qu'un caprice pour attirer l'attention.


Le guitariste ouvrit la porte et cria les larmes aux yeux :

- Non !
- Alors confis-toi à moi.
- ...


Il repartit s'asseoir dans son lit. Ruki entra, referma la porte derrière lui et prit place à ses côtés.

- Je sais très bien que tu ne me connais pas mais je sais aussi que garder les choses pour soi ce n'est pas toujours la meilleure des solutions.
- Ce n'est pas le genre de chose qu'on dit à n'importe qui...
- Tu m'as laissé rentrer, non ? Ca veut bien dire que tu attendais quelque chose de moi ?
- Iie. Je ne voulais tout simplement pas que tu crois que je faisais un caprice.
- Et pourtant je suis un inconnu... mon opinion ne devrait pas t'inquiéter.
- ...
- Je ne dirais rien aux autres.
- Pourquoi tu te soucies de moi ? Ne te sens pas obligé de m'écouter.
- Je ne trouve pas normal que quelqu'un pleure. Et puis tu aimes la musique, et moi aussi donc c'est de la solidarité musicale. ^^
- Tu te moques de moi, hein ?
- Mais nan ! J'essaye juste de détendre l'atmosphère.
- Gomen... je suis un peu froid...
- Juste un peu alors ! ^^'
- Tu sais... ça remonte à mon enfance... ce sont de vieux... souvenirs...
- On en a tous. Et même s'il y en a certains qu'on voudrait effacer, on ne peut pas. Alors on vit avec, et parfois, avec le temps, ils semblent un peu moins lourd à porter.
- Moi c'est l'inverse... plus ça va et plus c'est lourd à porter.
- C'est pour cette raison qu'en parler te ferais le plus grand bien.
- C'est dur à dire. Ca me met vraiment mal à l'aise et en plus je peux pas m'empêcher de pleurer à chaque fois que j'y repense.
- Je ne t'interromprais pas et j'éviterais de te poser trop de question. J'essaierais de me contenter de ce tu me diras.
- Hai...
- Vas-y je t'écoute.
- J'avais pas loin de seize ans quand mes parents ont décidé de divorcer. Je n'étais pas contre, au contraire. Je trouvais mon père de plus en plus violent et ma mère pleurait tous les jours. Le problème c'est que mon père avait une grande influence et surtout beaucoup d'argent. A cause de ça ma mère a perdu le droit de garde et j'ai du vivre chez lui. C'est ça la source de mon malaise.
- Ton père ?


Le guitariste acquiesça d'un signe de la tête et détourna le regard vers la fenêtre. Rien que le mot « père » l'effrayait. Tous ses souvenirs se bousculaient les uns après les autres. Ruki lui serra la main et l'encouragea :

- C'est du passé maintenant.
- Oui... mais c'est tellement présent dans mon esprit...


Des larmes de confusion coulèrent sur ses joues pâles. De nouveau Ruki tenta de le réconforter :

- Oui mais tu n'es plus un enfant maintenant.
- Hai...
- Qu'est-ce-qui c'est passé pour qu'il t'effraie autant ?
- Comme je te l'ai dis tout à l'heure, il était assez violent et dès l'instant où il n'y a plus eu ma mère avec nous, il n'a fait que me rabaisser. Je le supportais en silence, jusqu'au jour où il a commencé à m'humilier d'une autre manière... ses paroles, ses gestes, ses coups... toutes ces heures de tortures psychologiques et physiques. Il m'a interdis d'aller à l'école. J'étais seul et j'avais tellement peur... ses mains sur ma bouche qui m'empêchent de crier... je m'en souviens comme si c'était hier. A cette époque, je ne demandais qu'une chose : la mort. Je ne voyais qu'elle comme issue possible vers la liberté.


Flash Back...[/g]

A suivre...

Aoi: T'es chiée de couper à cet endroit ! >.<
Tsuki: Mais nan! Ca s'appelle du supence.
Aoi: Dans ton cas c'est surtout pour faire ta chieuse.
Tsuki: >.<

# Posté le mardi 11 décembre 2007 07:21

Avec le temps... (Chap 2)

Avec le temps... (Chap 2)
Auteur : tsuki

Source : The Gazette


Chapitre deux

Flash Back


La sonnerie du lycée retentit et annonce la fin des cours pour la journée .Mes pas sont lourds. Mes camarades me frappent amicalement dans le dos pour me dire au revoir. Je n'ai pas envi de rentrer. Je ne vois plus les gens autours de moi. Ce profond sentiment de solitude, il me transperce corps et âmes... Les secondes passent, les minutes puis les heures, sans que je m'en aperçoive. La nuit tombe et je n'ai toujours pas le courage de l'affronter.
Marcher ne résoudra rien... au contraire... je suis en retard, je vais encore me faire engueuler. Finalement, je suis devant la maison .J'inspire un bon coup et je rentre. Je fais comme si de rien n'était, je lui lance un bonjour à peine audible et je fuis dans ma chambre en espérant qu'il ne remarquera pas l'heure. Je m'allonge sur mon lit et je ferme les yeux. J'entends ses pas dans l'escalier.
Les battements de mon c½ur s'accélèrent. Le bruit s'arrête. La poignet se tourne. C'est tout mes membres qui tremblent. Sa voix qui résonne dans cette pièce, c'est un peu comme le chant de la mort. Je n'ai même pas entendu sa question, seul ce ton méprisant m'ait parvenu jusqu'au cerveau. Il s'assoit à mes côtés et repose sa question :

- Tu as vu l'heure ?
- Hai...
- Et tu as une excuse valable ?
- Non... pas vraiment...
- Sans blague !
- J'avais besoin de réfléchir, de me retrouver un peu seul...
- Pourquoi ? Ne me dis pas que t'es comme tous ces adolescents mal dans leur peau !
- Je crois pas que ce soit sa...
- Alors c'est quoi ton problème fillette ?
- ...
- Tu peux pleurer si t'en as envi. Les filles savent faire que sa !
- Je suis pas une fille.
- Tu ferais mieux de te regarder dans une glace avant de dire ce genre de chose ! T'es maigre comme un clou et t'as aucun caractère.
- ...
- T'es une vraie loque ! Qu'est-ce-que j'ai fais pour avoir un fils comme toi ! T'imagine la honte que je me paye à chaque fois qu'un père de famille vient me voir et me demande ce que tu deviens !
- ...
- Non c'est vrai ! Lui il me dit : « mon fils est rentré dans l'équipe de rugby de son collège » et moi tous ce que j'ai à lui répondre c'est : « cool ! Le mien fait de la musique. »
- Tu veux que j'arrête dans faire ?
- Ouais. Je veux que t'arrêtes de jouer les demoiselles.
- C'est pas parce-que je fais de la musique que je suis une fille !
- Ne hausse pas le ton sur moi !


Sa main frappe violemment mon visage. Encore une fois... comme d'habitude... Je ne bronche pas. Il ne faut pas que je pleure. La dernière fois je n'y suis pas arrivé et il n'a fait que m'humilier un peu plus. Alors cette fois, je fais abstraction de ce qui m'entoure et je pense à autre chose. Je pense à mes amis que je retrouverais demain. Ca fonctionne, aucunes larmes ne sont sorties aujourd'hui. Il m'attrape le bras et le serre assez fort pour m'extirper un gémissement de douleur.

- Tu ne pleures pas aujourd'hui ?
- ...
- C'est bien la première fois.
- Ce sont... les filles qui pleurent...
- A croire que je ne te punis pas assez sévèrement.
- ...
- Ba alors ? Tu réagis pas ?


Non, je ne réagirais plus. Puisque son plaisir en tant que père est de me voir souffrir alors je ferais en sorte qu'il ne me voit plus pleurer. Il lâche mon bras. Je me lève et déballe mes affaires. Je sors mes livres et les installent sur mon bureau. Il se relève et m'annonce d'un ton froid :

- Demain, tu n'iras pas à l'école.

J'échappe ma trousse. Cette phrase résonne encore dans ma tête.

- Ni demain, ni après-demain, ni un autre jour d'ailleurs.
- Tu plaisantes ?


Les mots sont sortis tout seul. Ne plus aller à l'école ? Alors que c'est le seul endroit où je demeure encore libre de mes mouvements ? Il se rapproche un peu plus et attrapa mon menton.

- Est-ce-que tu y vois un inconvénient ?
- Hai.


Je n'ai plus peur. Je suis en colère. Je me jette sur lui. Je le frappe, je ne regarde pas où mais ça mets égal. Je veux qu'il souffre, j'en ai assez. L'instant d'un moment, j'ai cru que la liberté était à ma portée. J'avais oublié que je n'avais que seize ans... Il emprisonne mes poignets et il rit. Jamais son rire n'avait été si cruel jusqu'à aujourd'hui. Il lève sa main.
Je ferme les yeux pour ne pas voir le coup arriver. Mais aucune douleur ne se fait ressentir. Pourquoi ? Je sens tes doigts frôler ma joue. Pourquoi ne m'a-t-il pas frappé ? Mon incompréhension semble l'amuser. Où est passé cette violence dont j'étais la victime ? Je recule... je sens le mur contre mon dos. Il me regarde étrangement... c'est différent... différent des autres soirs où il me giflait. Là, c'est un tout autre regard qu'il pose sur moi.

- Il est souvent nécessaire d'associer le geste à la parole.

Le geste à la parole ? Qu'entend-t-il par là ? Pourquoi est-il si près ? Je sens son souffle contre la peau de mon cou. Sa main descend le long de mon torse, passe sous mes vêtements et me caresse. C'est à n'y rien comprendre. Un long frisson parcourt mon corps.

- On va voir si t'es pas une fille.
- Qu'est-ce-que tu fais ? Arrê...


Il m'empêche de terminer ma phrase en m'embrassant. Ses mains me déshabillent, elles suivent mes courbes. Malgré la peur qui me tenaille, je tente de me défaire de ses bras, mais je suis loin de faire le poids. Il me tire contre lui et lâche enfin mes lèvres.
Il retire ses vêtements et m'oblige à l'embrasser. C'est plus violent cette fois. Il me mord la lèvre au sang et introduit sa langue dans ma bouche. Je sens les larmes montaient. Il m'allonge sur le sol et me contemple. Je resserre mes bras contre mon ventre. Ses yeux parcours mon corps nu et tremblant. Il me sourit et tire soudainement mon bassin à lui. J'ai mal et je cris... je cris pour ne pas pleurer plus. Alors c'est comme ça qu'il veut m'humilier maintenant ? Dites-moi que ce n'est qu'un cauchemar ?

Fin du Flash Back


- Ces minutes parurent une éternité. Après ça, je n'ai pas osé bouger, ni même me rhabiller. J'avais trop mal... mal physiquement mais aussi psychologiquement. Je ne me suis jamais sentit aussi misérable qu'en ces instants. Pendant deux ans j'ai vécu l'enfer. J'ai cessé d'aller en cours, je ne voyais plus personne sauf lui. Et à chaque fois c'était pour m'humilier un peu plus. A mes dix huit ans j'ai fugué. Je suis partit loin de lui et de mon ancienne vie. Je voulais tout oublier. Mais j'ai vite appris que ce genre de choses ne s'oublient pas facilement...
- Je comprends un peu mieux ta réaction maintenant.
- C'est grâce à mes amis et à la musique si j'en suis là aujourd'hui.
- Je vois...
- Tu ne leur en parleras pas ?
- Non. Comme promis ! Mais, ça ne t'as pas fais du bien d'en parler ?
- Si...
- Alors c'est l'essentiel !


Uruha acquiesça d'un signe de tête. Ruki se releva, ouvrit la porte et demanda gaiement :

- Bon on va rejoindre les autres ?
- Hai !


Les deux blondinets sortirent de la chambre et rejoignirent le salon où Reita et Kai disputaient un match féroce sur la console. Le bassiste leva les bras au ciel et cria sa joie à tout l'immeuble.

- Yeah ! Je t'ai pitoyablement achevé, ratatiné, tué, humilié ! Et j'en loupe !
- Oh sa va ! Pas la peine dans faire tout un fromage ! Bouda le batteur visiblement vexé par sa défaite.


Uruha s'assit à côté d'Aoi qui ne cessait de se plaindre de la trop grande énergie de ces bakas de colocataires. Ruki fit de même ce qui attira l'attention du brun qui pour le coup arrêta de râler.

- T'as fais sortir blanche neige de sa cabane en bois ?
- Oui et blanche neige se porte mieux au cas où ça t'intéresserai !
- Mais bien sûr que ça m'intéresse ! Tu manges là ce soir ?
- Nani ?
- Est-ce-que tu restes manger là ce soir ? Nan parce-ce-que Reita a envi de faire une soirée télé/pizza.
- Je devrais déjà être chez moi à l'heure qu'il est.
- Oooooooo !!!! S'il te plait Ruki ! C'est pour te remercier de m'avoir remonté le moral. Supplia le guitariste blond.


Evidemment ce qui devait arriver arriva. Kai et Reita interprétèrent le « remonté le moral » à leur manière et sortirent en même temps la question qui casse tout :

- Comment il t'a remonté le moral ? ^____^

Uruha vira rouge tomate et frappa à l'aide d'un oreiller les deux bakas qui venaient de lâcher une telle connerie.

- Vous êtes que des pervers ! >.<
- Nan ! Réaliste c'est tout ! ^^


Le blondinet sauta sur l'imbécile d'ami qui leur servait de bassiste et enchaîna les assauts de polochon. La sonnerie de la porte retentit. Aoi partit ouvrir et revint avec leur repas et un DVD. A l'odeur des pizzas, Reita mit un terme au combat qui l'opposé au blond et s'installa dans le canapé. Les autres firent de même. Kai, qui avait remarqué le DVD dans la main du brun demanda tout excité :

- C'est quoi comme film ? ^^
- Un film d'horreur !
- Super ! clama le bassiste
.

Kai et Uruha se regardèrent l'espace d'un instant et s'enfoncèrent un peu plus dans le canapé.

- J'aime pas les films d'horreur. Bredouilla le batteur entre deux bouchées.
- Moi non plus. Ca fait peur. Pleura le guitariste blond.
- Bon en même temps c'est un peu le but d'un film d'horreur. Fit remarquer Ruki.


Les deux concernés par la remarque fusillèrent le blond du regard. Aoi explosa de rire et mit le film en question. La soirée s'annonçait vraiment comique, pensa t-il.

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 13:37

Avec le temps... (Chap 3)

Avec le temps... (Chap 3)

Auteur :tsuki

Source : the gazette

Chapitre 3

L'horloge du salon annonçait minuit passé quand la fin du film arriva. Aoi se releva, éteignit la télé et se tourna vers le canapé en souriant. Uruha c'était blottit contre Ruki et dormait à point fermé. Kai avait fait de même en prenant les jambes du bassiste comme couverture.
Le guitariste brun entreprit de porter les endormis dans leurs lits respectifs. Reita lui fut d'ailleurs d'une grande aide puisque que le batteur semblait préférer l'épaule de Ruki à son oreiller. Une fois tout le monde à sa place, Aoi constata que « l'oreiller » c'était endormis. Il lui mit une couverture et partit rejoindre Morphée dans sa chambre. Les rêves de Ruki virèrent lentement aux cauchemars. Il se trouvait dans une rue sombre, une rue dont les murs étaient criblés d'insultes. Ces insultes... elles lui étaient toutes destinées.
Un groupe de jeunes garçons passa à toute allure. Ils poursuivaient un enfant. La fin de la rue étant un cul de sac, ils le coincèrent et le mirent à terre. Ils le frappèrent, l'insultèrent puis lui crachèrent dessus tout en riant de sa faiblesse. Le blond voulut les arrêter mais ses jambes restaient de marbre et aucun son ne sortait de sa gorge. Quand les garçons en eurent terminé, ils partirent en se moquant.
Ruki observa, impuissant, la frêle silhouette qui tentait de se relever. Son c½ur manqua un battement quand il reconnu l'enfant. C'était lui... lui à l'âge de onze ans. Une fois debout, le petit garçon leva les yeux vers Ruki et prononça à son attention :

- Tu n'es qu'un raté ! Toute ta vie tu n'as fais que fuir !
- Quoi ? répondit le blond dont la voix revenait enfin.
- Tu as fuis tes responsabilités, fuis tes sentiments, fuis ta famille ! Tu n'es qu'un lâche !
- Mais non voyons. Je... je n'ai jamais...
- Tu mens ! Même encore aujourd'hui tu fuis ! Tu t'enfermes et refuses les sentiments des autres !
- Je ne fuis pas !
- Mais bien sur que si ! Resteras-tu donc toujours cet enfant de onze ans ?!
- ...
- Avant de donner des conseils aux autres, tâche de les appliquer à toi-même.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'un gamin !
- Alors reste plongé dans tes illusions ! Lâche !


Le garçon se jeta sur Ruki et lui attrapa la gorge. Petit à petit, il perdait conscience, l'air lui manquait et sa vision se brouillait. Une voix lointaine lui fit rouvrir les yeux... quelqu'un était en train de l'appeler... un appel étouffé.

- Ruk... Ruki... Ruki...

Le ton était implorant, c'était comme si la personne suffoquait.

- Ruki... s'il te... te plaît... Ruk... arrête...

Il reçu une gifle qui le fit reprendre conscience. Il était par terre et il tenait Uruha à la gorge. Voyant les larmes de peur du guitariste, il relâcha immédiatement son emprise et releva le pauvre blondinet tout en le couvrant de milles excuses. Il courut dans la cuisine et lui rapporta un verre d'eau en prenant bien soin d'à nouveau s'excuser.

- C'est bon Ruki. Je vais bien. J'ai... juste était, heu... surpris. ^^
- Un peu ! Mais j'étais sur le point de te tuer !
- T'en fais pas un peu trop là. ^^'
- Mais nan ! Je suis vraiment désolé.
- C'est un peu de ma faute aussi. Je n'aurais pas dus essayer de te réveiller.
- Ah oui, au faite ! Qu'est-ce-que tu fais debout à cette heure ci ?


Uruha regarda l'horloge. Celle-ci indiquait cinq heures. Il baissa les yeux et répondit un peu gêné :

- Je... j'avais fais un cauchemar et... euh, je voulais boire... et quand je t'ai vu sur le canapé, j'ai... j'ai remarqué que t'avais un sommeil assez agité, alors... alors j'ai voulu te réveiller.
- Ah ! Merci alors.
- De rien. ^^
- T'as rêvé de ton père ?
- Non, non ! C'est à cause du film qu'on a regardé. ç_ç
- Mais tu t'es endormi alors qu'on n'en était même pas à la moitié ! O_o'
- Il me faut pas grand-chose tu sais.
- Qu'est-ce-que vous faites debout tout les deux ? demanda une voix encore ensommeillé.


Kai s'avança et s'affala sur Uruha.

- Uruha a fais un cauchemar.
- Et Ruki aussi ! Insista le guitariste.
- Et toi ? demanda Ruki.
- Un cauchemar. ^^'
- Me dis pas que c'est à cause du film ?
- Ba... un peu quand même.
- Mais toi aussi tu t'es endormi à la moitié !
- Et les pipelettes ! C'est pas bientôt fini tout ce bordel ? Fit remarquer le bassiste qui venait d'arriver.


Il vint s'asseoir et appuya sa tête sur l'épaule de Ruki.

- Je vous entends depuis ma chambre.
- Désolé mais Kai et Uruha ont fait un cauchemar.
- Et parce-que ces messieurs n'arrivent pas à dormir, nous on n'aurait pas droit au sommeil ?
- Arrêtes de dire n'importe quoi espèce de baka ! Gronda Kai.


En temps normal, Reita aurait immédiatement lancé un coussin dans la tronche du batteur en guise de représailles. Mais la fatigue étant trop grande, il ne broncha pas. Les quatre réveillés finir par sombrer à nouveau dans le sommeil. Le jour se leva d'ailleurs trop vite à leur goût. Aoi, qui finalement était le seul à être resté dans son lit, fut surpris de trouver tant de monde sur un si petit canapé. Il s'avança et cria tout haut tout fort :

- Good morning everybody !

Les seules réponses auquel il eut droit furent des grognements de mécontentement. Comprenant qu'il n'y aurait qu'un moyen pour les faire lever, le guitariste entreprit d'aller préparer le petit déjeuner. L'odeur du pain griller fit ouvrir les yeux des feignants. Ils se levèrent, s'habillèrent et s'installèrent autour de la table sans décrocher un mot. Aoi rompit le silence :

- Je peux savoir pourquoi vous dormiez tous sur le canapé ?
- Ils ont fait des cauchemars. Lâcha le bassiste la bouche encore pleine.


Les trois visés baissèrent la tête pour cacher leur gêne. Ruki se leva et s'excusa face au guitariste blond.

- Encore pardon pour ce qu'il c'est passé cette nuit !
- Euh... c'est bon Ruki, je t'ai déjà dis que c'était pas grave ! ^^'


Les trois autres se regardèrent et Kai ne put s'empêcher de poser la question qui leur brûlait tous les lèvres.

- Qu'est-ce-qui c'est passé cette nuit ? *gros yeux pervers*
- Mais rien espèce de baka ! protesta Uruha qui avait soudainement viré rouge tomate.


Reita éclata de rire et manqua de se rétamer.

- Bon je vais y aller maintenant.

Tout le monde se retourna vers l'auteur de cette phrase. Sentant tout les regards braqués sur lui, Ruki baissa les yeux et continua :

- Je vous remercie pour la soirée et pour le petit déjeuner.

Il recula et partit se chausser dans l'entrée. Les quatre compagnons se levèrent et partirent le rejoindre. Alors que le blond franchissait la porte, Aoi lui attrapa le poignet et lui demanda :

- T'as un numéro de portable ?
- Euh... ouais...
- Ba vas-y ! Envois !


Surpris par l'intérêt qu'on lui porté si soudainement, Ruki sortit son portable et énuméra son numéro au brun.

- Génial, merci !
- Repasse quand tu veux ! Insista Uruha.
- T'es le bienvenu ! Ajouta le bassiste.
- Ok. Merci encore pour l'accueil.
- Attends ! Tu vas pas rentrer tout seul quand même ?! Intervint Kai.
- Ba si.
- Tu voudrais pas plutôt que l'un d'entre nous t'accompagne ? En plus t'es à pieds !
- T'inquiète ! ^^
- Mais non, j'suis sérieux ! Ca peut être dangereux ! S'affola le batteur.
- C'est pas comme si il faisait nuit.
- ...


Ruki tourna les talons, leur adressa un dernier signe de la main puis disparut dans les rues. Les trois musiciens se tournèrent vers Kai et le bassiste demanda :

- T'es pas un peu parano sur les bords ?
- On n'est... jamais... trop prudent.


Il fit volte-face et partit dehors en courant. Leur batteur qui d'habitude était tout sourire semblait plus anxieux et jamais l'un d'entre eux ne l'avaient vu si triste. Uruha se souvint alors des paroles de Ruki : Tu n'es plus un enfant maintenant. Il prit son courage à deux mains et partit rattraper Kai. Indécis, Aoi et Reita se regardèrent et à leur tour sortirent dehors. Alors que les nuages assombrissaient peu à peu le ciel, Kai courait à en perdre haleine. Plus ses pas le rapprocher du blond et plus les images du passé ressurgissaient. Les erreurs du passé... non, il ne voulait plus les refaire. Il l'aperçut tourner dans une autre rue. Il se précipita sur lui et lui attrapa la manche.

- Ru... Ruki... s'il te... te plaît...
- Calme-toi ! Reprends ton souffle.
- Laisse-moi... t'accompagner...
- ...
- S'il te plaît.


Un éclair déchira le ciel et la pluie se mit à tomber. Inconsciemment, Kai se mit à pleurer de soulagement. Ruki ne l'avait pas repoussé, au contraire, il l'avait serré dans ses bras pour le réconforter et lui assurer que tout aller bien. Un appel de détresse les fit sursauter.

- YAMETE !

Le c½ur du batteur loupa un battement en reconnaissant la voix d'Uruha. Il tourna un regard suppliant vers Ruki. Celui-ci acquiesça d'un signe de tête et tout deux partirent en direction du cri.

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 13:44

Avec le temps... (Chap 4)

Avec le temps... (Chap 4)
Auteur : tsuki

Source : The gazette


Chapitre quatre


- Tu n'es plus un enfant maintenant.

C'était cette même phrase qui tournait et retournait dans sa tête depuis qu'il l'avait vu quitter l'appartement. C'était ces même mots qui lui dictaient à présent de courir pour rattraper Kai. Au fond, il avait fait une telle fixation sur ses problèmes qu'il en avait oublié ceux des autres. C'est bien l'attitude d'un enfant ça. Il voulait grandir maintenant ! Il ne voulait plus se sentir aidé, non, c'était lui qui allait aider les gens désormais. La pluie martelait le sol. Ses pas s'accéléraient. Sans doute allait-il trop vite, puisqu'il percuta de plein fouet un groupe de jeunes hommes au tournant de la rue qu'il venait d'empreinter. L'un deux l'attrapa par le col et le menaça.

- Tu peux pas faire attention où tu marches ?
- Gomenasai ! Je n'ai pas fais exprès.


Un autre s'avança et fit remarquer à ses camarades.

- Eh ! Mais c'est pas un des mecs qui est venu aider Reita ?!
- T'appelles ça un mec toi ?


Les six garçons éclatèrent de rire. Uruha rassembla ses souvenirs et reconnut effectivement les hommes qui avaient agressé leur bassiste. Une main lui tirant les cheveux l'extirpa de ses pensées. Un troisième s'avança et dit :

- T'as de bien joli vêtements, dis-moi ?

Et tout en disant cela, il enleva la veste que portait le guitariste. Il ne put s'empêcher de faire apparaître un sourire moqueur sur son visage, en constatant la taille de l'habit. De plus en plus gêné, le guitariste tenta de se débattre mais en vain puisqu'il reçu un coup de genoux dans le ventre pour l'en dissuader.

- Tu les as choisi au rayon femme tes fringues ou quoi ?

Uruha sentait les larmes monter. Un autre lui déchira sa chemise, laissant sa peau à nu. Plus que le froid de la pluie, c'était la sensation de peur qui le faisait trembler. Sentant une main défaire son pantalon, et ne sachant plus quoi faire d'autre, le blond cria de toutes ses forces :

- YAMETE !
- La ferme !


Ils lui retirèrent son bas et se moquèrent de nouveaux. L'un d'eux l'attrapa par le bras et le fit se mettre à genoux. Ils formèrent un cercle autour de lui, déchirèrent ses vêtements un par un et lui jetèrent dessus. Humilié et apeuré, le guitariste se mit à sangloter sous la pluie, qui ne cessait de s'abattre sur sa peau. Il avait envi de se lever, de crier, de frapper, mais son corps restait cloué au sol. Des pas précités attirèrent son attention.

- Laissez-le !

Uruha releva la tête et reconnut ses deux amis. Ruki s'avança et leur recommanda :

- Dégagez d'ici ou vous aurez à faire à nous !
- Mais c'est qu'il ferait presque peur le blondinet.
- La raclée qu'on vous a mis la dernière fois vous a pas suffit ? Ajouta le batteur en les reconnaissant.
- Tu parles !


Un des gars s'approcha et attrapa Kai par sa veste.

- Ose lever le petit doigt sur lui, et c'est à moi que t'auras à faire !

Reita apparut au coin de la rue, suivit de près par Aoi. Le bassiste s'avança et leva la main d'un air menaçant. L'autre fit mine d'être apeuré et balança son poing au visage de Kai, qui s'écroula à terre. Le guitariste brun fut le plus rapide à réagir, il chopa l'auteur du poing et lui asséna un coup d'une incroyable violence. Voyant cela, les autres se jetèrent sur les deux musiciens.
A cinq contre deux, ils étaient sûrs de gagner. Mais c'était sans compter sur Ruki qui, attisé par la colère, renversa la situation en leur faveur. Comprenant qu'ils n'auraient en rien le dessus, les six jeunes hommes s'enfuirent. Aoi et Reita relevèrent leur batteur, tandis que Ruki s'occupait du guitariste blond. Il lui posa sa veste sur le dos, s'agenouilla devant lui et demanda :

- Daijobu ?
- Hai...


Il l'aida à se remettre sur pieds et ils rentrèrent tous à l'appartement. Une fois à l'intérieur, Aoi donna de la glace pour Kai et des couvertures pour Uruha. Le silence s'installa et personne n'osa le briser par gêne. Reita ne cessait de regarder à droite, à gauche tout en faisant tourner sa gourmette. Ruki fixait le sol, Kai retenait, en vain, des grimaces que lui procurait la glace sur sa plaie et Aoi n'avait de cesse d'observer Uruha, qui, malgré les couvertures, tremblait.
Le regard de son ami se faisant de plus en plus oppressant, le guitariste blond se leva et partit dans sa chambre. Il s'assit sur son lit et c'est sans s'en rendre compte que de fines larmes coulèrent le long de ses joues pâles. Finalement, encore une fois, c'était les autres qui l'avaient aidé. Il s'était sentit si faible, si bas... comme à l'époque où il avait seize ans. Cette humiliation... il aurait tellement voulut ne plus jamais la revivre... Un long frisson parcourut son dos. Lentement, il sentit une douce chaleur l'envelopper. Il tourna légèrement la tête. Aoi l'entourait de ses bras, un doux sourire aux lèvres.

- Aoi ?
- Nani ?
- Rien, c'est juste que je... je ne m'y attendais pas.
- Je m'inquiétais. Ca va ?
- Hum... oui, maintenant...


Le brun lui déposa un baiser sur le front.

- Tant mieux, me voilà rassuré ! ^^
- ...


Jamais le sourire du guitariste brun n'avait été si chaleureux. Aoi ne lui avait jamais porté une si grande attention, au contraire, d'habitude il laissait l'impression que seul la musique les liés. Sa présence le rassurer, alors il se détendit et se laissa guider. Quand les mains du guitariste l'allongèrent, il se laissa faire. Quand ses doigts passèrent sur sa joue pour essuyer ses larmes, là aussi, il se laissa faire. Leurs souffles s'entremêlaient dans le silence grandissant. Aoi se rapprocha encore et enlaça tendrement le blond.

- Tu as peur ?
- Pourquoi aurais-je peur ?
- Tu ne penses pas que moi aussi je pourrais profiter de tes faiblesses ?
- Non ! Tu... tu n'es pas comme ça !
- ...
- N'est-ce-pas ?
- Et si c'était le cas.
- Où tu veux en venir ?
- C'est à ça que je fais allusion.


L e guitariste brun se mit à califourchon sur le blond, lui emprisonna les poignets et se pencha sur son visage pour l'embrasser. Uruha ne savait plus quoi penser. Non pas que la sensation était désagréable, bien au contraire, mais c'était si soudain et inattendu.
Voyant que le blond ne réagissait pas, Aoi se fit plus violent. Il retira le seul vêtement qui recouvrait son corps, autrement dit son boxer, et emprisonna de nouveaux sa bouche tout en y introduisant sa langue. De plus en plus paniqué par le comportement de son ami, Uruha essaya de se débattre. S'il devait y avoir quelque chose entre lui et Aoi, ça ne devait certainement pas se passer de cette façon. Il rompit le baiser et supplia :

- Arrêtes Aoi ! A quoi tu joues ?
- J'essaye de te faire comprendre !
- Me faire comprendre quoi ?! Tu ne pourrais pas tout simplement m'expliquer ?
- Non. Avec toi, les mots ça ne sert à rien. Ruki a déjà essayé.
- Ruki ?
- Hier. Quand vous avez parlé tout les deux.
- Il... il vous a... tout dit ?
- Hai. Et je regrette de ne pas l'avoir entendu de ta bouche.
- ...
- Uruha.


Le brun le fit s'asseoir et le serra dans ses bras.

- Je ne voulais pas en arriver là, mais je ne voyais que cette solution pour que tu comprennes.
- Mais que je comprenne quoi ? Sanglota le guitariste blond perdu.
- Qu'être aidé par ses amis ce n'est pas une preuve de faiblesse.
- ...
- Les amis c'est fait pour ça Uruha. C'est fait pour s'entraider.
- Mais je...
- Se battre tout seul c'est pas facile alors laisse-nous t'aider.
- Oui mais je... je... j'y arrive pas... j'arrive pas à... à lever la main sur... sur quelqu'un...
- Est-ce un mal ?
- Mais tu as dit...
- J'ai dit que tu devais accepter que les gens t'aident sans que tu ais à culpabiliser.
- ...
- Il y a certaines personnes qui voient la violence comme une solution aux problèmes. Et que tu essayes de leur faire comprendre le contraire n'y changera rien puisque dans tout les cas ils voudront avoir raison. Alors si tu n'arrives pas à frapper ces gens là, on le fera pour toi. ^^
- Mais je ne veux pas qu'ils vous arrivent des ennuis par ma faute.
- T'as vraiment la tête dure, hein ?
- Gomen...
- Ce que je voudrais que tu saches, c'est que si on fait ça c'est parce-que on tient à toi.
- Hai... mais ne pas arriver à me défendre c'est pas un peu...
- Tu es comme tu es. Coupa le brun.
- ...
- Et ne pas réussir à cogner quelqu'un ce n'est pas grave, au contraire. Bon c'est vrai que de nos jours les personnes naïves et fragiles sont souvent en difficultés, mais ce ne sont pas à elles de changer. Non, ces gens là ne font rien de mal donc je ne vois pas où est le problème. Le problème ce sont plutôt les gars qui profitent de cette faiblesse et qui n'ont rien d'autre à faire que de foutre leur merde ! Je trouve ça inacceptable ! >.<
- Mais je...
- Ah non ! Là tu commences à me gonfler sérieux !
- Non mais, si je pouvais essayer ne serais-ce qu'une fois ! Ce serait pour mon bien quand même !
- Si tu y arrives pas c'est à cause de ce qui c'est passé quand t'étais gamin. Tu sais plus que n'importe qui combien ça peut faire mal, autant physiquement que moralement.
- Hai...
- Bien. L'affaire est close et tu as enfin compris où je voulais en venir.
- ...
- Pfffff, faire des trucs comme ça c'est crevant, j'crois que mon cerveau est en surchauffe ! ^^'
- XD
- Te fous pas de ma gueule baka ! >.<


Uruha tira brusquement Aoi et l'embrassa. Il lâcha ses lèvres et rougit violement.

- Euh... merci... Souffla le blondinet gêné.

Le brun sourit et redonna le baiser, mais cette fois les lèvres du blond s'entrouvrirent et leurs langues entamèrent une danse envoûtante. Petit à petit leurs mains dénudaient leurs corps brûlant. Pourquoi cette soudaine attirance ? Tous ces incontrôlables sentiments se déchaînaient à mesure que le parfum de l'un s'entremêlait à celui de l'autre. Uruha mit fin à ce baiser pour pouvoir reprendre sa respiration. Depuis quand les mains d'Aoi étaient-elles aussi douces ?
Il enfouit son visage dans le cou du brun et mordilla la chair tendre. Leurs peaux nues se frôlaient, se caressaient. Le blond se fit plus audacieux. Il s'allongea sur son partenaire et entama quelques caresses qui ne laissaient visiblement pas le brun indifférent. Ne pouvant plus retenir ces gémissements Aoi retourna la situation à son avantage en faisant basculer le guitariste sous lui.
Un sourire malicieux se dessina sur le visage d'Uruha, un sourire lui donnant des airs d'enfant heureux. Aoi répondit à ce sourire et d'un geste doux le pénétra. Les mouvements d'abord lents, s'accélérèrent. Uruha essayait de contenir ses gémissements mais ses efforts furent sans grand succès. Epuisé et à bout de forces le guitariste brun s'effondra littéralement aux côtés du blond qui avait du mal à reprendre son souffle.

- Uruha ?
- Hai...
- Je... excuse moi... je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Je t'en veux pas... ^^
- Uruha je ne veux pas qu'il y est autre chose que de la musique entre nous.
- ...
- Je suis désolé.
- Mais pourquoi ? Pourquoi, si t'avais pas envi ? Pourquoi tu l'as fait ?
- J'en sais rien.
- Il n'y avait rien alors ?
- Nani ?
- Je veux dire, aucuns sentiments ?
- Non... c'était... que du sexe...


Il se releva, prit ses affaires et partit sur ces derniers mots. Uruha s'enfonça sous le drap et se mit à sangloter tout en répétant la même phrase.

- Aide-moi... j'ai tellement mal... je voudrais mourir... Ruki...

A suivre...

Aoi: * s'en va *
Tsuki: Ba quoi ? Reviens!
Aoi: Tant de débilité me rend malade, j'ai besoin de prendre l'air.
Tsuki: Ooooooooo ça va ! C'est parce-que je te fais passer pour le méchant ?
Aoi: .....
Tsuki: Boude pô !!!! ^^
Aoi: Je boude pas! è_é
Tsuki: Mouhahaha ! Aoi il fait du boudin !!!!
Aoi: * lui fout un coup de guitare sur la tronche *
Tsuki: X_x

# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:14