Auteur : tsuki
Source : The Gazette
Chapitre 1
La vie a un goût bien amer. C'est souvent ce qu'il en venait à penser une fois la nuit tombée. La journée, il se laissait porter par les gens et les évènements. Finalement il ne faisait que ce qu'on attendait de lui. Il n'avait jamais vraiment eu d'ambition, ou disons plutôt d'ambition réellement serviable. Il n'était qu'une marionnette qui menait la vie que la société lui avait dictée.
La seule chose qui le faisait se sentir vivant, c'était la musique. C'est grâce à elle qu'il pouvait s'échapper de ce monde, elle était un peu comme l'amie à qui il pouvait tout confier, un peu comme l'amie qui ne le trahirait jamais... C'est aujourd'hui que débute le printemps, il fait beau et les gens sont inutilement heureux. L'hiver l'inspirait plus.
L'avantage c'était que quand le printemps arrivait, ses vacances arrivaient aussi ! Il savourait donc ce premier jour de congé en se baladant dans le parc. Un bruit de guitare parvint à ses oreilles. Il s'approcha et constata que deux jeunes hommes installés dans l'herbe se disputaient à cause d'une partition.
-Mais puisque je te dis que ça va pas du tout !
-Et puisque moi je te dis que ça ira !
-Mais c'est... ça fait... hum... comment dire ça sans te vexer ?
-J'ai passé l'âge d'être aussi susceptible monsieur je sais tout !
-C'est moche.
-Nani ?
-Le refrain, il est moche.
-J'vais t'en foutre des refrains moi !
-Me frappe pas ! Heureusement que t'avais dis que t'étais pas susceptible ! >.<Le brun se leva et sauta sur le blond de guitariste qui avait osé critiquer son ½uvre. Alors que les garçons se livraient bataille, il s'approcha un peu plus et attrapa l'instrument abandonné. Il s'assit à son tour et commença à jouer tout en regardant le combat acharné des deux musiciens. Le son des cordes fit cesser le duel. Ils se relevèrent et restèrent un moment à écouter jusqu'à ce que le brun tilt que c'était sa guitare. Il s'avança et lui demanda :
- Est-ce-que je pourrais la récupérer ?
- Excuse-moi, je voulais juste l'essayer.
- Nan, nan c'est pas grave.Il lui tendit l'instrument. Le blond s'avança à son tour et dit :
- Tu joues bien. Tu t'y connais un peu en musique ?
- Oui. Mais bon, j'suis pas un expert non plus.
- Alors tu pourras peut-être m'aider à faire comprendre à ce baka que son refrain est moche ?
- Euh... Je sais pas si je suis assez qualifié pour sa.
- Mais si, mais si !Il attrapa une feuille et la lui mit sous le nez. C'est vrai qu'à part le refrain ça avait l'air vraiment bien. Au moment où il avait trouvé la cause du problème, un autre garçon arriva en catastrophe sur eux en criant à tue tête :
- Reita a des ennuis !Les deux guitaristes tentèrent de le calmer, mais le jeune homme ne l'entendait pas de cette oreille.
- Il a vraiment des problèmes ! Ces types ont l'air hyper balèzes en plus !Le blond pâlit et regarda autour de lui en pensant sûrement que la solution allait arriver en courant. Constatant que rien ne se passait, il interpela son ami qui semblait plongé dans une profonde réflexion.
- Peut-être que Kai a raison.
- ...
- Aoi ? Tu m'écoutes ?
- Mais il nous avait fait la promesse de ne plus se battre.
- Mais il a rien fait lui ! C'est eux qui nous on agressé ! Coupa Kai.
- Merde !
- Ils avaient l'air de le connaître.
- Et ils sont combien ?
- Six.
- Je veux pas me battre moi ! Et en plus on ne fera jamais le poids ! Pleura le blond.Aoi se tourna et demanda tout naturellement :
- Comment tu t'appelles ?
- Euh... Ruki.
- Tu sais te battre ?
- Nani ?
- Nan parce-que Uruha a raison, il sait pas se battre et en plus ils sont six.
- ...
- T'es pas obligé ! Surtout que t'as rien à voir là dedans.
- Désolé, mais je n'ai vraiment pas envi d'avoir des ennuis.
- Je comprends. Kai qui commençait à perdre patience s'énerva sans vraiment savoir pourquoi :
- Bon on se magne ! C'est son problème s'il est égoïste !
- Kai ! Gronda Uruha surpris par la réaction du brun.
- Vous faites ce que vous voulez mais moi je vais l'aider ! Quitte à me retrouver à l'hosto !Et il repartit aussi vite qu'il était venu. Les deux guitaristes le suivirent illico presto. Aoi prit tout de même le temps de lui adresser une dernière phrase :
- Excuse-le, il est pas comme ça d'habitude, on se revoit quand tu veux !Les trois garçons quittèrent le parc. Ruki resta un moment assis. Les paroles de Kai avaient eu un effet de coup de massue. C'était bien la première fois qu'on lui parlait si franchement. Egoïste ? Pourquoi diable aurait-il dus les aider ? Il se releva et regarda le sol, pensif. Ses yeux s'arrêtèrent sur les deux guitares laissaient à l'abandon. Il souffla, remit les instruments dans leurs étuis respectifs et regarda l'adresse inscrit sur l'un d'eux. Pourquoi se sentait-il obligé de les leur ramener ? Il ne leur devait rien après tout. Mais il décida tout de même de chercher leur maison. Il parla à haute voix comme pour se convaincre lui-même :
- Après tout c'est normal.Après deux heures de recherche acharnées, le blond trouva enfin un appartement qui correspondait à l'adresse de l'étui. Il frappa à la porte. Aucune réponse. Il réessaya, mais à nouveau rien ne se passa. Il tenta d'ouvrir et s'aperçut que la porte n'avait pas été fermée à clé.
Il s'avança dans l'entrée et tendit l'oreille à l'affut du moindre bruit. Des voix s'élevaient du couloir. Ruki s'y aventura et s'arrêta derrière la porte d'où provenait les sons. Reconnaissant la voix des deux guitaristes, il entra discrètement dans la chambre. Il hésita à parler. Aoi, Uruha et Kai étaient assis autour d'un lit où dormait quelqu'un. Ce devait être le fameux Reita. Son ventre se noua quand il remarqua un hématome sur la joue de Kai. Le guitariste brun le vit enfin et demanda tout étonné :
- Qu'est-ce-que tu fais ici ?
- Je... je viens vous ramener ça.
- Ah ! J'avais complètement oublié avec toute cette histoire !Uruha se leva en catastrophe, bouscula Aoi, attrapa sa guitare et la serra aussi fort qu'il le pouvait tout en pleurant des tas d'excuses.
- Comment j'ai pus t'oublier !!!! Pardonne-moi ma chérie ! Merci beaucoup Ruki !
- De... de rien.Bluffé par tant de cinéma, Aoi fit rassoir le blond et invita Ruki à en faire de même.
- Non, je ne reste pas. C'était juste pour vous les ramener.
- Allez ! C'est pour te remercier.
- ...
- Dis oui, s'il te plait ! supplia Uruha avec un regard hyper choupinou auquel personne ne peut résister.
- Je ne voudrais pas déranger.
- Mais nan !
- Ok alors.Ruki s'assit à côtés du guitariste brun. Un gémissement plaintif retentit dans la pièce et Reita releva la tête non sans quelques difficultés.
- Yatta ! J'ai mal partout !
- Pas étonnant espèce de baka ! Gronda Kai.
- Sois pas si méchant !
- T'as qu'à faire plus attention où tu te promènes !
- T'étais avec moi jte signale !
- Vous vous calmez tout les deux ! Intervint Aoi.Uruha se releva d'un coup et annonça gaiement :
- Bon c'est moi qui fais les présentations !!!Tout le monde sursauta à l'annonce du blond.
- Alors je vous présente Ruki ! Ruki je te présente, Aoi, Kai et Reita !
- Enchanté... marmonna le blond.
- Ah ! J'allais oublier ! On est tous des musiciens !
- C'est vrai ?
- Ouais ! Reita c'est le bassiste, Kai le batteur et Aoi et moi on est les guitaristes !!!!
- Un vrai groupe, quoi !
- Ou presque. Coupa le batteur.
- Ouais bon, il nous manque le chanteur mais bon... c'est pas comme si on n'avait rien ! ^^
- Oui mais sans chanteur on n'ira pas loin non plus ! Insista Reita.
- Mais euh !!!! Pourquoi vous êtes tous aussi négatifs ? >.<
- Je dois dire que pour une fois ils n'ont pas tort Uruha. Approuva Aoi.
- Ah tu vois ! Comment ça pour une fois ? >.<Le batteur sauta sur le guitariste brun en le menaçant de mort s'il ne retirait pas tout de suite ce qu'il venait de dire. Alors que Reita riait à en perdre haleine, Uruha tentait vainement de séparer les deux musiciens.
- Mais arrêtez espèces de baka ! Vous me faites honte !
- Aides-moi au lieu de pleurer ! protesta Aoi.
- Nan ! Nan ! Je veux pas me battre ! La violence ne résout rien !
- Arrêtes de faire la fillette ! Ria le bassiste.
- Je suis pas une fille ! S'énerva le blondinet.Ruki qui depuis le début observait la scène en silence, put apercevoir de fines larmes perler aux yeux du guitariste blond. Celui-ci tourna les talons et quitta la pièce pour aller se réfugier dans sa chambre.
- Ba qu'est-ce qui lui arrive à Uru-chan ? Demanda Reita indécis.
- Tu l'as vexé baka ! rétorqua Kai.
- Rooooo ! Si on peut plus rien dire !Le batteur se leva et partit frapper à la porte d'Uruha. Aoi et Ruki firent de même, en vain. Le guitariste restait obstinément muet et ne voulait pas les laisser entrer. Kai eut vite fait d'abandonner face à l'entêtement du blond. Le guitariste brun abandonna tout aussi vite et clama haut et fort :
- Tu n'es qu'un gamin !Il donna un coup de pied dans la porte qui restait désespérément fermée et partit rejoindre ses autres camarades dans la chambre du bassiste. Ruki s'adossa au mur et parla sans vraiment en comprendre la raison.
- Rester seul ne fera qu'agrandir ta peine. Les gens sont parfois maladroits et ne mesurent pas l'ampleur de leurs paroles. Tu n'aimes pas qu'on te traite de fille ?
- Non...
- Pourquoi ? Tu peux en parler, tu sais ?
- Non.
- Alors tu as tout simplement envi qu'on s'occupe de toi. Ce n'est qu'un caprice pour attirer l'attention.Le guitariste ouvrit la porte et cria les larmes aux yeux :
- Non !
- Alors confis-toi à moi.
- ...Il repartit s'asseoir dans son lit. Ruki entra, referma la porte derrière lui et prit place à ses côtés.
- Je sais très bien que tu ne me connais pas mais je sais aussi que garder les choses pour soi ce n'est pas toujours la meilleure des solutions.
- Ce n'est pas le genre de chose qu'on dit à n'importe qui...
- Tu m'as laissé rentrer, non ? Ca veut bien dire que tu attendais quelque chose de moi ?
- Iie. Je ne voulais tout simplement pas que tu crois que je faisais un caprice.
- Et pourtant je suis un inconnu... mon opinion ne devrait pas t'inquiéter.
- ...
- Je ne dirais rien aux autres.
- Pourquoi tu te soucies de moi ? Ne te sens pas obligé de m'écouter.
- Je ne trouve pas normal que quelqu'un pleure. Et puis tu aimes la musique, et moi aussi donc c'est de la solidarité musicale. ^^
- Tu te moques de moi, hein ?
- Mais nan ! J'essaye juste de détendre l'atmosphère.
- Gomen... je suis un peu froid...
- Juste un peu alors ! ^^'
- Tu sais... ça remonte à mon enfance... ce sont de vieux... souvenirs...
- On en a tous. Et même s'il y en a certains qu'on voudrait effacer, on ne peut pas. Alors on vit avec, et parfois, avec le temps, ils semblent un peu moins lourd à porter.
- Moi c'est l'inverse... plus ça va et plus c'est lourd à porter.
- C'est pour cette raison qu'en parler te ferais le plus grand bien.
- C'est dur à dire. Ca me met vraiment mal à l'aise et en plus je peux pas m'empêcher de pleurer à chaque fois que j'y repense.
- Je ne t'interromprais pas et j'éviterais de te poser trop de question. J'essaierais de me contenter de ce tu me diras.
- Hai...
- Vas-y je t'écoute.
- J'avais pas loin de seize ans quand mes parents ont décidé de divorcer. Je n'étais pas contre, au contraire. Je trouvais mon père de plus en plus violent et ma mère pleurait tous les jours. Le problème c'est que mon père avait une grande influence et surtout beaucoup d'argent. A cause de ça ma mère a perdu le droit de garde et j'ai du vivre chez lui. C'est ça la source de mon malaise.
- Ton père ?Le guitariste acquiesça d'un signe de la tête et détourna le regard vers la fenêtre. Rien que le mot « père » l'effrayait. Tous ses souvenirs se bousculaient les uns après les autres. Ruki lui serra la main et l'encouragea :
- C'est du passé maintenant.
- Oui... mais c'est tellement présent dans mon esprit...Des larmes de confusion coulèrent sur ses joues pâles. De nouveau Ruki tenta de le réconforter :
- Oui mais tu n'es plus un enfant maintenant.
- Hai...
- Qu'est-ce-qui c'est passé pour qu'il t'effraie autant ?
- Comme je te l'ai dis tout à l'heure, il était assez violent et dès l'instant où il n'y a plus eu ma mère avec nous, il n'a fait que me rabaisser. Je le supportais en silence, jusqu'au jour où il a commencé à m'humilier d'une autre manière... ses paroles, ses gestes, ses coups... toutes ces heures de tortures psychologiques et physiques. Il m'a interdis d'aller à l'école. J'étais seul et j'avais tellement peur... ses mains sur ma bouche qui m'empêchent de crier... je m'en souviens comme si c'était hier. A cette époque, je ne demandais qu'une chose : la mort. Je ne voyais qu'elle comme issue possible vers la liberté. Flash Back...[/g]
A suivre...
Aoi: T'es chiée de couper à cet endroit ! >.<
Tsuki: Mais nan! Ca s'appelle du supence.
Aoi: Dans ton cas c'est surtout pour faire ta chieuse.
Tsuki: >.<