Last Night Before Go To Hell ~Chap 4~

Last Night Before Go To Hell ~Chap 4~
Titre : Last night before go to hell

Auteur : Tsuki

Song : X-Ray Dog, Globus et the music qui m'a permis de terminer ce chapitre : In my head de Pale 3 (Une des superbes musiques qui compose la BO de Matrix Revolution). Merci mon fils ! 8D

Déclaration : J'ai écris ce chapitre sur deux périodes différentes et je pense que ça se sent. Mais je suis fière de ma seconde partie, alors j'espère que le début du chapitre ne fera pas tâche. J'espère mettre moins de temps pour faire le prochain. En espérant que ma playlist du moment m'inspire toujours autant ! Alors certes, il est très long, mais que cela ne vous effraie pas. C'est juste la représentation d'une certaine scène qui m'a fait faire d'innombrable "retour à la ligne". =) Je m'excuse encore pour le temps qu'il m'a fallu pour l'écrire, mais je n'y peux rien. Le boulot, ma vie privé, tout ça me bouffe un temps monstre et je n'ai pas l'inspiration au bon moment. u_u En tout cas, je continue toujours à écrire (même si "In my place" est en pause), et si jamais je devais arrêter, je préviendrai. Mais on en est pas encore là, hein ! Allez ! Bonne lecture !

[center]Chapitre quatre

Rythme effréné qui fait palpiter son c½ur à une allure folle. Danse licencieuse qui réveille ses sens et les décuple. Comme la fois précédente, le violon pleure une mélodie qui lui est inconnue mais qui le transporte irrémédiablement. Il sait que tout ceci n'est que l'introduction à un nouveau cauchemar, mais quelque chose l'oblige à garder les yeux ouverts sur le néant qui l'entoure. Des ch½urs masculins résonnent soudainement et un nouveau décor apparaît. L'écrivain se retrouve au milieu d'une piste ronde. Le sol est recouvert d'un parquet noir comme l'ébène, et de faibles lumières rougeâtres l'éclairent. Tout autour de lui, des silhouettes drapées de voile sombre le jugent du regard. Le violon n'est plus seul. C'est un véritable orchestre qui joue désormais, et les danseurs se mettent en couple pour débuter un tango endiablé. Leurs gestes sont secs, saccadés. Leurs corps se fondent. Les pas s'enchaînent, le rythme s'accélère. La musique devient forte et la cadence lui fait tourner la tête. Ses membres tremblent et d'horribles sueurs froides parcourent son corps. Un souffle contre sa peau le fait sursauter, et il se retourne vivement pour faire face à son bourreau. Le messager arbore un sourire satisfait et tend une main moqueuse vers l'écrivain. Une fine chaîne d'argent orne son cou et retombe sur son torse nu, tandis qu'un simple pantalon en voile noir habille ses jambes. Autour d'eux, la danse continue. Les femmes arborent des masques inquiétants et leurs talons frappent avec violence contre le parquet. Un, deux, trois. Le tempo prend en intensité. Les hommes soulèvent leurs partenaires, les font tourbillonner. Quatre, cinq, six. Les violons crient leur détresse et un coup de tambour fait disparaître le décor. Le néant reprend possession des lieux alors que les prunelles de l'écrivain n'ont pas quitté celles du messager.

- Encore entrain de m'épier.
- Je n'emploierais pas ce verbe.
- ...
- Tout ça... C'est dans ta tête.
- C'est toi qui me provoque ses cauchemars.
- Et si ce n'était pas le cas ?
- Ça l'est.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ?
- Je le sais, c'est tout.
- Quelle arrogance !
- Laisse-moi donc en paix.
- Cesse de parler de paix. Je t'ai déjà dis que tu n'y aurais droit que si tu avouais tes fautes.
- Je ne peux pas avouer quelque chose que je n'ai pas fait.
- Nous y revoilà ! Quand cesseras-tu de te mentir à toi-même ?
- Et toi ? Quand cesseras-tu de m'importuner ?
- Quand tu auras avoué.
- Va au diable !


L'écrivain fait volt face et marche sur le sol invisible.

- Où cours-tu donc ainsi ?
- Loin de toi !
- Tu n'iras jamais assez loin.
- Tu finiras bien par te lasser.
- Si tu savais à quel point tu m'amuses... Souffle le brun pour lui-même.


Un claquement de doigt retentit dans la pénombre et les danseurs réapparaissent tout autour d'eux. Les ch½urs ont cessé alors que le violon pleure désormais une douce mélodie. L'écrivain se déplace lentement entre ce qui semble être des statuts vivantes, et inconsciemment, retient son souffle, comme par peur de les réveiller. Aoi est toujours là, face à lui, son sourire arrogant toujours pendu aux lèvres.

- Alors Uruha ? Toujours partant pour t'enfuir ?
- Laisse-moi me réveiller.
- Tu as enfin compris que c'est moi qui ai toutes les cartes en main ?
- Pourquoi faire une telle mise ne scène ?
- J'ai le goût du spectacle.


Le messager frappe son pied contre le sol inexistant, et les danseurs l'imitent. L'écho des coups se répercute dans le vide et le rire du bourreau résonne à la façon du glas.

- Tu appelles ça du spectacle ?
- Tu n'aimes pas ?
- Tu crois peut-être m'intimider ?
- Pourquoi chercherais-je à t'intimider ?
- Pour me pourrir un peu plus l'existence.
- Mais non. Je suis comme ça, voilà tout. J'ai horreur de faire dans la simplicité.
- Dis plutôt que tu as besoin de toute ces choses pour paraître imposant aux yeux des autres.
- Mais quel toupet...


Un nouveau claquement de doigt et tout disparaît. Uruha dégringole dans un abysse sans fond, alors que son cri de frayeur reste bloqué dans sa gorge. Jusqu'où parviendra t-il à le faire tomber ? Alors que la question vient doucement lui effleurer l'esprit, sa chute prend fin avec son corps qui plonge dans ce qui semble être de l'eau. Une eau opaque, sombre, à travers laquelle il lui est impossible de voir. A court d'oxygène, le châtain remonte à la surface et happe une grande bouffée d'air. Un haut de c½ur lui soulève l'estomac, et il plaque une main devant son nez et sa bouche. Il connaît cette odeur... Du sang. Un long frisson le parcourt de la tête aux pieds, et ses iris se bloquent sur le liquide pourpre qui l'encercle. Partout... Il y en a partout...

- Uruha... Uruha... Où es-tu ? Uruha ?

L'écrivain relève la tête et ses prunelles se figent sur un petit îlot non loin de lui.

- Mikoto...

Il en est presque certain... Cette silhouette, il la reconnaitrait entre mille.

- Mikoto ! Je suis là ! Mikoto !

La jeune fille tourne son regard vers lui, sourit doucement et avance vers le bord.

- Non ! N'avance pas ! Mikoto ! N'a...

Une main froide vient étouffer son appel, et un bras puissant encercle sa taille pour l'empêcher d'avancer. Alors qu'il tente de se débattre, un souffle chaud frôle sa joue et un murmure glisse jusqu'à son oreille.

- Pourquoi cris-tu ainsi ?

Le messager retire lentement sa main, et emprisonne complètement le corps de l'écrivain.

- Lâche-moi bordel !
- De quoi as-tu peur ?
- Ça ne te regarde pas !
- Mais bien sûr que si.
- Non !
- Tout ce qui te concerne me concerne aussi à présent.
- La ferme ! S'impatiente le châtain.
- Quel vilain langage.
- Mikoto ! Ne bouge plus ! Tu vas tomber ! Mikoto !
- Cesse de crier... Elle ne t'entend pas.
- Mais... Mikoto !
- Es-tu sourd ?
- Lâche-moi !
- Pourquoi Uruha ?
- Elle ne sait pas nager !
- Nous y voilà.


Le rire lugubre du bourreau résonne dans l'esprit du captif, et le son d'un corps qui tombe à l'eau le tétanise.

- Mikoto !!

Uruha se débat comme un diable, mais le brun ne lâche pas prise, comme s'il était doté d'une force surhumaine. La jeune femme s'agite, suffoque et coule irrémédiablement.

- Mikoto !

Des larmes de rage dévalent les joues de l'écrivain alors que la main de sa s½ur se tend désespérément vers le ciel pour finalement disparaître. Les ongles du châtain s'enfoncent dans la peau pâle du messager alors que ses forces l'abandonnent petit à petit. La tristesse et le désespoir le submergent sans retenue et il s'effondre presque dans les bras de son bourreau, le souffle court.

- Je ne te comprend pas...
- ...
- C'est pourtant bien toi qui l'as tué il y a dix ans ?
- Non... Ce n'est pas moi... Je n'y suis pour rien...
- Pourquoi t'entêtes-tu à toujours mentir ? Cela ne t'apportera rien de bon.
- Je ne mens pas. Je n'aurais jamais pu lui faire de mal... Pourquoi me fais-tu revivre cette souffrance ? Ne peux-tu pas te battre en homme ?
- Mais je ne suis pas un homme. Et puis, quel intérêt y a t-il à se battre à armes égales ? Seul la victoire m'intéresse, et qu'importe les moyens qu'il faut que j'emploie pour l'obtenir.
- Tu n'es qu'un salopard.
- Pourquoi deviens-tu tout de suite vulgaire quand tu sens que les choses t'échappent ?
- Parce-qu'elles m'échappent justement ! S'énerve le plus jeune.
- Et tu n'aimes pas ça ?
- Qui aimerait ?
- Tu n'as pas non plus réussi à contrôler les sentiments de ta s½ur... Et c'est pour ça que tu l'as tué, n'est-ce pas ?
- Ce n'est pas vrai ! C'est de sa faute ! Tout est de sa faute !
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Laisse-moi ! Je veux me réveiller !
- Tu as peur. Peur de comprendre que c'est toi, et uniquement toi le fautif dans cette histoire.
- Assez ! Cri l'écrivain en tentant de nouveau de se débattre.


Aoi explose d'un rire glacial et le néant se réinstalle autour d'eux.

- Es-tu certain de vouloir te réveiller ?
- La ferme !
- Bien.


Un claquement de doigt et Uruha reprend sa chute là où il l'avait arrêté. Assez, assez, assez, assez, assez !

- Je suis maître de mon destin !

Sa voix résonne entre les murs de sa chambre, alors qu'une perle de sueur vient finir sa course au creux de son cou. Doucement, l'écrivain vient loger son visage dans ses mains et tente tant bien que mal de contrôler ses tremblements. Jusqu'à quand ce cinéma va t-il durer ? Pourquoi tient-il autant à lui faire avouer le meurtre de sa s½ur ? Il n'est pas coupable. Elle est tombée... C'était un accident. Alors que son esprit se révolte, il se lève et ouvre la fenêtre pour s'y accouder. Il faut que cela cesse, ou il va réellement devenir fou. Il ne veut pas lui donner satisfaction... Non. Jamais.

- Ce serait tellement plus simple.
- Hanter mes cauchemars ne t'a t-il pas suffit ?
- Non. Je te l'ai dis. Jusqu'à la fin du compte à rebours, je te suivrai comme ton ombre.
- Je ne céderai pas.
- C'est pour ça que je t'aime bien. Même si toutes les preuves t'accablent, tu te crois encore capable de plaider ton innocence, et seul ton propre jugement compte.
- Je suis innocent.
- Seulement là-dedans. Souffle le brun amusé en tapotant sa tête de l'index.
- Tes dires m'importent peu.
- Et pourtant... Ils ne te laissent pas indifférents.
- Quand sais-tu ?


Le sourire du messager s'élargit et il se rapproche de lui jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de son visage.

- Tu es trop sûr de toi. J'arrive à lire en toi comme dans un livre ouvert.
- Mensonge.
- Je sais tout de toi. Tout comme je sais parfaitement ce qu'il s'est passé il y a dix ans.
- Et pourquoi un messager saurait-il tout ça ?
- Parce-qu'à l'instant même où tu as respiré l'air de ce monde, je savais déjà que c'est moi qui serais chargé de te conduire aux portes de l'enfer.
- Mon avenir était donc déjà tout tracé ?
- C'est ça.
- Baliverne ! L'avenir se forme au jour le jour ! Il est impossible de savoir ce qu'il adviendra de nous dans le futur !
- Pour un être banal c'est évident. Mais pour des personnes placées au dessus des lois qui régissent le temps, c'est un véritable jeu d'enfant.
- ...
- Tu ne me crois pas ? Interroge le brun en refermant sa main sur le menton de sa victime.
- Bien sûr que non.
- Tu es plus stupide que ce que je pensai ma parole !
- Cesse de prendre des grands airs ! Tu n'en n'a aucune de parole !


D'un geste vif, Aoi resserre ses doigts sur la gorge de l'écrivain et le plaque violemment contre le mur.

- Ne m'insulte pas.
- ...
- Je ne suis peut-être qu'un messager, mais sache que mon indulgence a ses limites.
- Lâ... Lâche-moi...
- Pfff...


Le messager desserre sa prise et Uruha se laisse tomber au sol, la respiration haletante.

- Tu n'es qu'une loque Uruha. Une loque qui fuit devant le danger et ses peurs.
- Je... T'emmer...
- Allons, allons. Voilà que tu recommences à être vulgaire.
- ...
- Ce n'est pas en parlant comme ça que tu auras une chance d'atteindre le paradis.
- Je me fous du paradis ! Tout comme je peux me foutre de l'enfer !
- Alors ça y est... Tu perds vraiment patience ? Aurais-je touché une corde sensible ?
- Sors d'ici ! Je ne veux plus te voir !
- Tu vas pourtant devoir me supporter encore... Trois, deux, un... Cinquante six heures exactement.
- Je te ferai quitter cet endroit bien avant !
- Oh... Je suis curieux de savoir comment tu vas t'y prendre.
- Tu n'as pas idée de quoi je suis capable.
- Allons Uruha, tu sais bien que je n'attends que ça.
- ...
- Allez, montre-moi de quoi tu es capable. Réveille l'assassin qui sommeille en toi.
- Va mourir !


Et disant cela, le châtain attrape sa lampe de chevet et la balance rageusement sur son adversaire. Un sourire moqueur vient habiller le visage du provocateur, et l'objet lui passe tout simplement au travers.

- C'est tout ce dont tu es capable ? Laisse-moi rire !
- Enfoiré... Siffle l'écrivain entre ses dents.


L'assaillant se redresse aussitôt et s'empare cette fois de l'instrument qui reposait pourtant tranquillement près de la table de nuit, pour l'abattre sur son adversaire. Faute de ne pas s'écraser sur la tête du brun, la guitare va se fracasser sur le sol. Les cordes lui cassent dans les mains et il lâche subitement le manche, comme s'il venait de prendre conscience de son geste.

- C'est amusant. Mais je suis certain que tu peux mieux faire. Fais marcher ton imagination.

Complètement désarçonné par l'inefficacité de ses coups, Uruha quitte sa chambre et va s'enfermer dans sa salle de bain. Que doit-il faire pour réussir à se débarrasser de lui ? L'écrivain ouvre le robinet d'eau froide, et s'asperge le visage à plusieurs reprises. Pour une fois, son reflet ne semble pas vouloir le narguer... Tant mieux, il ne manquerait plus que ça à vrai dire. Alors que ses yeux restent plantés sur les cernes de son autre lui, les courbes de son visage se transforment lentement, ses cheveux s'assombrissent et c'est le reflet de son bourreau qui lui apparaît. D'un geste vif, le châtain s'empare du parfum qui trônait sur le lavabo, recule et le balance sur la glace. Le verre se brise inévitablement et il court à en perdre haleine. Cette maison, il ne la supporte plus non plus. Ses pas précipités l'emmènent loin de sa demeure, et il ralentit la cadence au moment où il aperçoit le lac. Pourquoi panique t-il si facilement ? N'est-il pas entrain de lui donner satisfaction ? Si, bien sûr que si. Mais peut-il réellement faire autrement ? L'écrivain s'accroupit près de l'eau et laisse le bout de ses doigts en frôler la surface. Ses paupières se referment doucement, et seul la sensation du liquide translucide contre sa peau demeure. Aucun bruit ne fuse... Le chant des oiseaux n'existe plus, le vent non plus. Fait-il toujours parti du même monde ? Si ça se trouve... Il est encore en train de rêver. Les battements même de son c½ur se font silence. Effrayant. Une, deux, trois, quatre minutes. Que se passe t-il ? Serait-il mort sans s'en rendre compte ? Non, c'est impossible. Et pourtant, il ne discerne plus rien... Plus rien, à part... Le bruit d'une goutte d'eau qui retourne à sa source. Le châtain rouvre les yeux et le spectacle qui s'offre à lui le fige totalement. Là, posé sur l'étendue d'eau limpide, le messager le guette, son éternel sourire aux lèvres. Cette vision aurait du l'horrifier, et pourtant, elle le fascine. Splendide démon au charisme étouffant... Quand le laissera t-il vivre librement ? Jamais... Oui, la réponse lui apparaît, telle une évidence. Comme si malgré lui, il venait de se faire une raison. Ses iris détaillent la silhouette qui s'avance gracieusement vers lui, et une agréable chaleur vient embraser son ventre. Comment expliquer cette horrible réaction ? Peut-on aimer quelqu'un autant qu'on le déteste ? Le beau brun se stoppe juste devant lui et lui tend la main. Il ne prononce mot et se contente simplement de le regarder droit dans les yeux. Pourquoi un tel geste ? Est-ce un nouveau piège ? Une nouvelle ruse ? Alors que les questions reviennent à l'assaut de sa tranquillité moral, l'image de sa s½ur se superpose à celle du messager.

- Mikoto...
- Tu viens Uruha ?
- ...
- Allons jouer.
- Mais...
- Jouons à cache-cache, comme avant. Tu te souviens ? Dans le petit bois qui longeait la maison.
- Oui... Je me souviens. Mais Mikoto, je ne suis plus un...


Alors que le mot « gamin » commence tout juste à s'échapper d'entre ses lèvres, il voit le bras frêle d'un enfant se tendre vers la main féminine. Son bras en faite... Que se passe t-il ? Pourquoi... Ses prunelles se posent sur la surface clair du lac et ses sourcils se froncent sous l'incompréhension. Pourquoi a t-il l'aspect d'un enfant ? Pourquoi a t-il l'impression d'être revenu au moins quatorze ans en arrière ? Malgré son hésitation, il ne peut empêcher ses petits doigts de se refermer sur la main de sa s½ur. Celle-ci le soulève et le prend dans ses bras pour le câliner tendrement.

- Mikoto...
- Tu t'es endormi au soleil gros bêta.
- Alors... Tout ça... N'était qu'un cauchemar ?
- Tout ça quoi ?
- Le messager...
- Tu as du rêver... Ne t'inquiète pas. Je suis là maintenant.
- ...
- Tu veux jouer ?
- A cache-cache ?
- Oui, si tu veux. Et le perdant devra faire tout ce que le vainqueur veut !
- Mais c'est tout le temps toi qui gagne. Boude le plus jeune.
- Allez ! Je suis sûre que tu y arriveras cette fois !


La jeune fille marche jusqu'à un chêne et y dépose son frère.

- Voilà. Je compte jusqu'à cinquante six.
- D'accord !


Mikoto se retourne contre l'arbre et débute le compte à rebours.

Un...

Le c½ur gonflé d'ambition, le petit garçon se sauve loin de sa s½ur.

Deux...

Ses iris scrutent les alentours, à la recherche d'une planque idéale.

Trois...

Son rythme cardiaque s'affole sous l'excitation.

Quatre...

Là ! Non... Elle retrouverait trop facilement.

Cinq...

Uruha s'en va un peu plus loin et s'arrête un instant.

Six...

Il entend toujours la voix de sa s½ur.

Sept...

Ses orbes noisettes se stoppent sur un buisson et sourire vient illuminer son visage.

Huit...

Ses jambes l'entraînent jusqu'à lui, et il se faufile entre les branches.

Neuf...

Elles lui griffent les joues et meurtrissent ses petites mains, mais qu'importe.

Dix...

Le garçon s'assoit sur les feuilles mortes.

Onze...

Il tente de calmer sa respiration.

Douze...

Voilà. Il n'entend désormais plus que son c½ur qui bat la chamade.

Treize...

C'est grisant comme sensation.

Quatorze...

Il n'a pas mis longtemps à se cacher finalement...

Quinze...

Ah...

Seize...

Ça veut peut-être dire qu'il n'est pas assez bien caché.

Dix-sept...

Certain de sa théorie, il se redresse et part dans une autre direction.

Dix-huit...

Il se cache tout le temps dans les buissons.

Dix-neuf...

Il faut qu'il trouve autre chose.

Vingt...

Alors qu'il court toujours, ses yeux tentent de trouver ce qu'il cherche.

Vingt et un...

Un arbre ?

Vingt-deux...

Pourquoi pas ?

Vingt-trois...

Il pourrait grimper sur une branche.

Vingt-quatre...

Uruha s'approche d'un jeune châtaigner et tente d'y grimper.

Vingt-cinq...

Ouais...

Vingt-six...

Plus simple à dire qu'à faire.

Vingt-sept...

Optons pour autre chose alors...

Vingt-huit...

Le jeune garçon observe sans relâche et marche lentement, guidé par la voix de Mikoto.

Vingt-neuf...

Il suit silencieusement le chemin.

Trente...

Le sol devient plus dur.

Trente et un...

La terre a laissé place à la pierre, et le paysage devient un peu plus sauvage.

Trente-deux...

Des coteaux escarpés lui font face.

Trente-trois...

Ses yeux d'enfant les détaillent avec émerveillement, et il s'aventure encore un peu plus loin.

Trente-quatre...

La roche calcaire est creusée à certains endroits.

Trente-cinq...

Là, dans le coin, on dirait...

Trente-six...

Une grotte ?!

Trente-sept...

Oui, c'est ça.

Trente-huit...

Il jette un regard en arrière et se mordille la lèvre.

Trente-neuf...

Il ne lui reste plus beaucoup de temps...

Quarante...

L'estomac noué, le jeune aventurier pénètre dans cette anfractuosité.

Quarante et un...

A pas de loup, il avance précautionneusement.

Quarante-deux...

La luminosité devient de plus en plus faible.

Quarante-trois...

Inutile d'aller plus loin...

Quarante-quatre...

Uruha se pose contre la paroi, et fixe le mur d'en face.

Quarante-cinq...

Des sillons d'eau coulent le long de la roche.

Quarante-six...

C'est beau et inquiétant à la fois.

Quarante-sept...

On dirait que la grotte pleure.

Quarante-huit...

Comme pour se rassurer, le garçon lève les yeux et demande :

Quarante-neuf...

- Pourquoi est-ce que tu pleures ?

Cinquante...

Il tend l'oreille, mais le silence seul lui répond.

Cinquante et un...

C'est peut-être mieux ainsi.

Cinquante-deux...

Voilà, le compte à rebours arrive bientôt à son terme.

Cinquante-trois...

D'ailleurs...

Cinquante-quatre...

Pourquoi cinquante-six ?

Cinquante-cinq...

Et si les secondes devenaient des...

Cinquante-six.

Heures...

- Il t'en aura fallu du temps pour comprendre !

Le garçon sursaute et ramène ses genoux contre lui.

- Mikoto ? Mikoto, c'est toi ?
- Non.
- ...


Une ombre se détache de celle du mur, et une personne qu'il connaît bien vient s'accroupir devant lui.

- Aoi...
- Tu te souviens de moi ?
- ...
- Visiblement.
- Pourquoi ? Pourquoi es-tu là ? Couine le plus jeune en prenant sa tête entre ses mains.
- C'est tellement simple de te piéger... Souffle le messager en caressant les fins cheveux du gosse.
- Laisse-moi. Je joue avec Mikoto.
- Mais moi aussi je fais parti du jeu. Tu te souviens ? Tu as même dis que tu étais d'accord.
- Non. Ce n'est pas vrai.
- Mais si. Et tu m'as même soutenu que tu ne perdrais pas.
- Non, non... Nie le gamin en fermant les yeux.
- Il faut assumer Uruha. Maintenant tu dois faire tout ce que le vainqueur désire.
- Je ne veux pas.
- Tu n'as pas le choix.
- Mikoto... Pleure t-il désespéré.


Alors qu'une main vient emprisonner son menton, ses yeux se rouvrent sur le visage rieur de son interlocuteur, et une paire de lèvre vient emprisonner sa bouche. Il connaît cette sensation... Qu'est-ce que ça signifie ? Ses jambes se déplient lentement, et les doigts de son bourreau passent rapidement sous ses vêtements. Des frissons le parcourent de la tête aux pieds, et il se laisse allonger sur le sol rocailleux. Pourquoi ne parvient-il pas à discerner le vrai du faux ? Est-ce la réalité ? Ou nage t-il encore en plein délire ? L'air frais caresse sa peau et les battements de son c½ur prennent en intensité.

- A... Aoi...
- Chuuuut...
- Mais...


Sa voix s'étrangle, alors que son aîné entame une descente vertigineuse. Il sent sa langue longer son torse, son ventre, ses cuisses... Ses petits doigts s'accrochent à la chevelure corbeau, et un cri de surprise s'échappe de sa gorge lorsque la langue taquine vient laper sa verge. Mais pourquoi se laisse t-il faire ? Il sait très bien où tout cela va mener pourtant.

- No... Non... Je...
- Tais-toi Uruha... Ils vont nous entendre sinon.
- Mais...


Mikoto ? Mikoto, est-ce que c'est toi ? Pourquoi vos mots sont-ils les même ? Pourquoi tout semble si... Similaire ?

- Ah !

Une main étouffe son cri de surprise alors qu'il sent une nouvelle bouffée de chaleur monter en lui. C'est comme la dernière fois... Son esprit se débat farouchement, mais ses gestes ne suivent pas. C'est rageant, agaçant, frustrant même... La bouche du messager entame des mouvements de vas et viens qui lui font rapidement perdre la tête. Ses gémissements meurent dans la paume de sa main et son rythme cardiaque s'emballe toujours un peu plus. Il fait chaud... Trop chaud. Mikoto... Le petit garçon se cambre violemment et se libère sans comprendre. Le souffle court, il reçoit un nouveau baiser et voilà le visage de sa s½ur qui se superpose à celui d'Aoi.

- Mikoto...
- Tu vois. Ce n'est rien.
- ...
- Ce sera ton gage, à chaque fois que tu perdras.
- ...
- Tu veux bien ?
- Je ne veux plus jouer...
- Alors on rentre à la maison.


L'adolescente relève son petit frère, et le met dans ses bras. Tout deux sortent de la grotte et rejoignent le chemin.

- Mikoto... Pourquoi tu fais ça ?
- Faire quoi ?
- Ce gage ?
- Parce-que papa m'a dit que ça apporté du bonheur aux gens.
- ...
- Et il a raison. Tu avais les yeux qui brillaient à cet instant... Comme lui.
- ...
- Regarde. Voilà la maison.


Sa s½ur le dépose sur le pas de la porte, puis l'embrasse à la commissure des lèvres.

- Va te reposer maintenant. Je reviendrai jouer avec toi plus tard.
- Tu vas voir papa ?
- Oui.


Mikoto sourit doucement, et s'en va en lui faisant un signe de la main. Les oiseaux se taisent de nouveau, le vent aussi. Les battements de son c½ur se font silence. Serait-il encore mort sans s'en rendre compte ? Il fait noir... Tout noir. L'écrivain rouvre les yeux et sent l'eau caresser l'extrémité de ses doigts. Impossible... Le châtain redresse lentement sa tête et plonge ses iris dans celles de son tourmenteur. Il n'a pas bougé. Ses deux pieds nus gracieusement posés sur la surface limpide, et la main tendue vers lui. Son sourire s'élargit, et il souffle, sa main se resserrant sur celle de sa victime :

- Jouons.

H-52

# Posté le dimanche 10 mai 2009 06:45

In my place~Chapitre 9

In my place~Chapitre 9
[justify]Titre: In my place

Auteur: Tsuki

Song : Seether feat Amy Lee « Broken » au début... Et puis, après c'est de tout et de rien.

Déclaration : Elle aura été longue cette attente ! XD Oui, et je m'en excuse foutrement ! J'étais plus branchée « Last night before go to hell » ce temps ci... Enfin bref, je ne vous demanderez pas de me pardonner, parce-que je suis impardonnable (Scène 2 Acte 2 : mise en place pour le mélodrame xD) . Bon, ce chapitre n'est pas très long, mais c'était surtout histoire de réparer le bordel que m'a causé Sayuri... Qu'elle sale bête celle là ! u_u J'espère que cette fic n'est pas tombée dans l'oublie avec le temps et que vous n'aurez as oublié l'histoire entre temps ! XD Bonne lecture !

[center]Chapitre neuf

Avancer à reculons ou faire du sur place... ? Je n'arrive pas à savoir ce qui nous sera le plus favorable ?

- Kai n'a pas l'air dans son assiette.
- Aoi dit qu'il est comme ça depuis ce matin.
- Tu crois qu'il s'est passé quelque chose ?
- J'en sais rien... Tout allait bien hier pourtant.


Le silence retombe et les deux amis se fixent sans savoir quoi ajouter.

- Ruki ! Reita !
- On est là !


Des pas précipités retentissent sur le parquet et Sayuri pousse la porte entrouverte.

- Les gars vous attendent pour continuer.
- Ok. On arrive.


L'étudiante acquiesce d'un signe de tête et s'apprête à faire demi-tour quand la voix du chanteur l'interpelle :

- Sayuri !
- Hum ?
- Est-ce que tu sais s'il s'est passé quelque chose avec Kai ?
- ... Non. Pourquoi ?
- Il n'a pas l'air bien.
- Non, je ne sais pas.


La jeune fille leur sourit et retourne à l'intérieur du studio. La main hésitante, elle pousse la porte de la salle de répétition et va s'asseoir sur le canapé où Uruha accorde sa guitare. Ses iris parcourent les lieux et se stoppent sur le batteur. Voilà... Son c½ur se serre inexorablement. Les paupières de l'étudiante s'abaissent lentement et les souvenirs refont violemment surface.

Flash Back

- Tu es prêt Kai ?
- Oui.


Sayuri suit le batteur hors de l'appartement et tout deux traversent le parking dans un lourd silence. Leurs pas se stoppent devant le véhicule de leur aîné et le brun s'adosse à une des portières. Sa tête bascule en arrière et il noie ses prunelles dans le ciel clair.

- Kai...
- ...
- Tu sais... Tout à l'heure... Uruha ne... Il ne...
- Oublie ça Sayuri.
- Mais...
- Il ne s'est rien passé.
- Ne dis pas ça.
- Il t'a raconté quelque chose ?
- Non, mais...
- Alors oublie.
- ...


Fin du Flash Back

Elle sent qu'il faut qu'elle lui reparle... Mais comment procéder ? Elle n'est pas censée savoir ce qui s'est passé entre eux, et Kai ne croira jamais cette histoire de changement de corps.

- Uruha...
- Hum ? Interroge le guitariste sans pour autant relever les yeux de ce qu'il fait.
- Tu voudrais bien... aller parler à Kai ?
- Pourquoi ?
- A propos de ce qu'il s'est passé ce matin.
- Ce n'est pas à moi de régler ça. Tu es seule fautive dans cette histoire.
- Je sais que je n'aurais pas du trahir notre promesse, mais tu as embrassé Aoi toi.
- Embrasser quelqu'un et coucher avec quelqu'un, c'est totalement différent chérie.
- On n'a pas...
- Et heureusement !
- ...



Aoi relève la tête vers eux et hausse un sourcil. Le châtain lui répond par un simple sourire et se remet à accorder son instrument.

Uruha...
Quoi ? Souffle t-il agacé.
Parle-lui.
Et pour lui dire quoi ?
Que... Que tout ça n'est qu'une grosse erreur.
Sayuri... Personne ne nous croira.
...
Il s'en remettra.
Mais il n'a eu aucune explication. Il ne sait même pas pourquoi tu...
TU l'as repoussé.
Uruha, je t'en prie, fais un effort. Oui, j'ai fait une erreur, mais Kai n'est pas obligé d'en subir les conséquences.
Je ne suis pas obligé d'en subir les conséquences non plus.
Ce qu'il s'est passé ne t'a donc pas servi de leçon ?! S'impatiente la plus jeune,
Et quelle leçon aurais-je du tirer de cette mésaventure ?
Arrête de ne penser qu'à toi ! S'énerve Sayuri à bout.
Parce que tu crois que tu sers quels intérêts toi là?
Ceux de Kai !
Laisse-moi rire ! Ce sont tes intérêts, et les tiens seuls que tu sers ! C'est parce que tu as mauvaise conscience que tu veux que j'intervienne. As-tu pensé une seule seconde à ce que j'ai pu ressentir en me retrouvant dans une telle situation ? Tu croyais sérieusement être la seule victime de l'histoire ?
Je n'ai...
Avant de me dire ce que j'ai à faire, reconsidère d'abord tes propres fautes et assume-les.


La dernière réplique du guitariste impose le silence et il se lève pour aller rejoindre sa place. Ce n'est certainement pas à lui de régler cette histoire. Sayuri doit se débrouiller seule.

Aoi ! Concentre-toi un peu bon sang !
...
T'enchaînes fausse note sur fausse note. Râle le chanteur.
Pardon... J'suis crevé, j'ai mal dormi cette nuit.
Oh ciel ! Un deuxième Uruha ! Clame Reita en riant.
La ferme Rei. Engueule le châtain.


Malgré la remarque du bassiste, un léger sourire vient discrètement étirer les lèvres d'Uruha, et il se remet à jouer. La raison de la fatigue du brun... Il la connaît mieux que n'importe qui. Il a vraiment retrouvé son corps au bon moment. Aoi va enfin prendre la peine de revenir vers lui... Ses yeux scrutent un instant le beau brun, puis s'en vont se figer sur leur batteur. Il n'a pas dit un mot de toute la matinée... Doit-il réellement rester les bras croisés ? Un soupir passe ses lèvres, et il entonne :

Bon ! On arrête pour aujourd'hui. On arrivera à rien dans cette ambiance.
Quoi ?! S'étonne le plus jeune.
T'as bien compris. Aoi tu rentres dormir, Sayuri, tes parents doivent s'inquiéter, alors va les voir. Ruki et Reita, vous faites ce que vous voulez. Et Kai... Faut que je te parle.


L'étudiante relève brusquement la tête et plonge ses prunelles dans celles du guitariste. Uruha détourne rapidement le regard et va ranger son instrument. Bluffé devant l'autorité du châtain, personne ne conteste, et ils quittent tour à tour le studio. Le silence retombe rapidement, et Uruha se retrouve seul avec le batteur.

Viens.
Où ?
On va boire un coup.
...


Kai suit le guitariste sans broncher, et quelques minutes plus tard, tout deux pénètrent dans un bar qu'il ne connaît pas. Son ami s'accoude au comptoir et commande une bière.

Tu veux quoi ?
La même chose...
...


Uruha paye leur consommation, attrape les deux pintes et va s'installer à une table du fond. Le batteur prend place sur la banquette, et place ses deux mains sur la chope.

Tu vas la réchauffer...
Quoi ?
La bière. Si tu la tiens comme ça, tu vas la réchauffer.
Oh...
Bon... Et si tu me disais ce que t'as sur le c½ur ?
...
Tu ne veux pas ?
Et dire quoi ? Tu étais là pourtant. Tu es bien placé pour connaître la raison de mon humeur.
J'aimerai que tu fasses comme si... Comme si j'étais Sayuri. Raconte-moi.
Pourquoi ?
Parce-que.
...


Le brun plonge ses iris dans le liquide ambré et soupir.

Tu étais d'accord pourtant...
Il était d'accord tu veux dire.
Qu...
Je suis Sayuri, n'oublie pas. Corrige le guitariste en buvant une gorgée de bière.
...
Continue.
Il... C'est parti d'une simple bataille de polochon... Mais, quand je me suis retrouvé au dessus de lui... Je... J'ai eu envi de l'embrasser.
Tu l'as fais ?
Oui...
Et après ?
Je lui ai demandé pourtant... « Arrêt-moi ». Mais... Il ne m'a jamais arrêté, bien au contraire...
Je vois...
Uruha... C'est quoi ce cirque ? J'ai pas besoin d'un psy bordel !
...
Pourquoi tu ne me dis tout simplement ce qui ne va pas ?
Je ne t'aime pas.
...
Et tu ne m'aimes pas non plus.
Mais... Je... Qu'est-ce qui te permet d'affirmer ça ?!
...
Et puis, pourquoi avoir voulu aller si loin ?
Aoi.
Quoi ?
Je voulais savoir si j'étais réellement amoureux de lui.
Qu... Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est pourtant simple. Je m'étais dit que si je n'arrivais pas à coucher avec le type au profil parfait... Alors c'est qu'Aoi devait vraiment être le bon.
...
C'est moche, je sais. Je t'ai utilisé. Mais... Il est temps que tu remettes tes propres sentiments à leur place.
Mais... Mais qu'est-ce que tu racontes bordel ?!


Alors que le brun perd clairement patience, Uruha finit d'une traite sa pinte et plonge calmement ses yeux dans ceux de son interlocuteur.

Kai. T'es amoureux de Sayuri. Il serait peut-être temps que tu t'en rendes compte. Tu crois pas ?
...
Et puis... T'es pas fait pour être gay.
Tu...
Écoute... Tu peux me considérer comme le pire des enfoirés si ça peut te soulager, mais... Dis-toi que l'erreur est humaine. Tu en as fait une en voulant coucher avec moi, voilà tout. J'ai décidé de changer... Mais je ne deviendrai pas parfait pour autant.
...
Désolé si tu t'attendais à des excuses. Je n'en déballerai pas pour quelque chose dont je ne suis pas fautif.


Le batteur reste figé de surprise et ne sait quoi répondre face à cette franchise déstabilisante.

Bon... J'y vais.
Uruha...
Ouais ?
Ça va changer quelque chose ?
Entre nous ? Non. Pas pour moi en tout cas. A toi de voir si tu préfères te comporter différemment avec moi à partir de maintenant. Et cela juste à cause de quelques préliminaires sans suite.
...
Bois pas trop. Oublie pas que tu tiens pas l'alcool.


Un vague signe de la main, et le châtain sort tranquillement du bar. Il n'était pas forcé de le faire... Et pourtant, il l'a fait. En temps normal, il n'y aurait pas prêté attention... Cet incident avait finalement eu quelques répercutions sur son comportement. Le guitariste passe ses mains sur sa nuque et dit pour lui-même :

Je suis trop gentil en faite.

Un sourire éclaire son visage, et il retourne au studio pour récupérer sa voiture. Hum... Kai n'a pas le permis. Pas de voiture par conséquent. Et son appartement est assez loin du studio d'enregistrement...

Arf ! Tant pis ! Ça lui fera les pieds à cet imbécile !

Chassez le naturel, et il revient au galop. Uruha grimpe dans sa voiture et laisse son regard traîner sur le pare brise. Les nuages s'amoncèlent lentement, menaçant le soleil qui tente inlassablement de réchauffer l'atmosphère.

J'en connais un qui va rentrer sous la pluie...

Ses iris dévient sur les aiguilles de sa montre, puis de nouveau sur le ciel.

A quinze heure pile... Si un nuage passe devant le soleil, je rentre...

Son attention se reporte sur l'heure, et il suit attentivement le parcourt de la trotteuse. Trois, deux, un... Quinze heure. Ses orbes noisettes vont fixer le soleil, et un petit rire franchit ses lèvres.

Alors va pour Aoi.[/justify]

# Posté le lundi 01 juin 2009 05:34

Last night before go to hell ~ Chapitre cinq

Last night before go to hell ~ Chapitre cinq
Titre : Last night before go to hell

Auteur : Tsuki

Song : Globus ! *o*

Déclaration : Et bien, comme d'habitude, je m'excuse de l'attente. Mais les vacances m'ont permis de me ressourcer et donc de finir ce chapitre ! J'ai encore eu une nouvelle idée pour le prochain chapitre, alors ce sera plus simple de le commencer, en espérant que le reste suive. ^^ Dans ce chapitre, je lève le voile sur les actes d'Uruha vis à vis de sa s½ur. Votre curiosité sera donc satisfaite... Mais je fais rentrer un autre point d'interrogation pour le coup. Je m'en excuse... C'est la faute à Aoi. Je n'ai pas relu, la flemme, je voulais juste poster parce-que j'avais promis à maman. Excusez donc les fautes de frappe et d'orthographe que je n'aurais pas vu. Merci à maman et à ma plus jeune fille qui m'ont bien soutenue et boosté ! Bonne lecture !

Chapitre cinq


- Jouons...

Jouons... Mais jouer à quoi ? Au jeu du chat et de la souris ? Et dans ce cas, qui sera le chat ? Et la souris ? Malgré l'envie qu'il a de contrôler les choses, il sait parfaitement comment seront distribués les rôles. C'est certainement ça, qui l'agace le plus. N'y a t-il donc aucun moyen pour qu'il réussisse à renverser la situation en sa faveur ? Échanger les rôles... Oui, il doit à tout prix y parvenir. Le compte à rebours tourne inévitablement, et il ne sait toujours pas s'il doit craindre ce qu'il y a au bout. Ses prunelles tentent de sonder leurs jumelles aux couleurs de l'obsidienne puis retournent fixer la surface limpide. Aoi est un fin stratège... Il devra ruser s'il veut pouvoir gagner la partie. Ruser... Sans retirer sa main de celle du messager, Uruha se redresse lentement, un sourire provocateur illuminant son visage.

- A votre aise mon cher...

Son sourire s'élargit et il s'incline légèrement pour déposer un baiser sur le dos de la main de son interlocuteur. Il ne doit pas perdre... En aucun cas. Il a placé sa fierté bien trop haut. Le jeune écrivain relève délicatement la tête, laisse de nouveau le silence instaurer le doute, et repart vers sa demeure sans prononcer mot. Puisqu'il tient tant à le provoquer, alors soit ! S'il pensait le déstabiliser en le plongeant dans un passé erroné, et bien c'est raté. Il en faudra plus... Oui, beaucoup plus. Sur le chemin qui le mène chez lui, Uruha ralentit le rythme et prend le temps de fermer les yeux. Les premiers rayons du soleil se faufilent entre le feuillage des érables, et viennent réchauffer sa peau blanche. Il doit réussir à faire abstraction... Abstraction de cette situation invraisemblable. Ses paupières se soulèvent lentement et il s'arrête sans en comprendre lui-même la raison. Ses iris restent plantés vers ce plafond de verdure qui lui obstrue le ciel. Le vent souffle délicatement, emportant avec lui les feuilles mortes. L'automne s'est installé avant même qu'il ne le sente arriver. La forêt a quitté sa robe d'été pour arborer un manteau aux couleurs rougeâtres. Qu'il sonne mélancolique ce paysage ! Et pourtant... Il l'aime tellement cette saison.

- La saison des souvenirs.

Oui... Ça résonne de cette façon... Dans sa tête. Une faible inspiration, et le châtain reprend sa marche. Alors que le petit chemin s'enfonce toujours plus dans le bois, lui le quitte et rejoint le sentier de pierre blanche qui le mènera jusqu'à sa terrasse. Il gravit les quelques marches et referme ses doigts sur la poignée. Ces gestes, aussi banals soient-ils, il les a toujours fait... Chaque jour, à la même heure, peut-être même à la même minute. Cette paisible routine, il veut la retrouver. Ce quotidien régit par le temps sans vraiment l'être au final.

- Rends-moi ma vie.

Ses sourcils se froncent devant ses propres paroles et il pousse sa porte d'entrée d'un geste déterminé. Faire abstraction... L'écrivain se précipite à l'étage, débranche son ordinateur portable et retourne l'installer dans le salon. Il allume la chaîne-hifi, met un disque et va prendre des morceaux de bois qui sont entreposés dans un panier en osier. Il les jette dans la cheminée, ajoute deux, trois feuilles de journal qu'il enflamme, et remonte à l'étage. Il s'enferme dans la salle de bain, se déshabille et prend une douche froide. Sans prendre la peine de se sécher, il enfile un yukata et va redescend pour s'asseoir sur son canapé. La musique cesse un instant, et il peut entendre son propre souffle. Un souffle rapide. Depuis quand a t-il besoin de courir ? Craindrait-il finalement que le temps ne le rattrape ? Son regard se fige sur les flammes qui lui font face et il ramène son ordinateur sur ses jambes.

- C'est absurde...
- En quoi est-ce absurde d'avoir peur ?
- Je n'ai pas peur.
- Alors pourquoi ta poitrine se soulève t-elle si rapidement ?


Des doigts fins dégringolent de son épaule et se posent lascivement sur le haut de son torse, lui créant d'incontrôlables frissons. Les cheveux du messager viennent s'échouer contre son bras droit, et un murmure glisse sur son oreille :

- Cela ne te rappelle t-il aucun souvenir ?
- ...
- Ces instants que tu passais seul... Dans ta chambre. Parce-que ton père t'interdisait d'en sortir.
- Non...
- Pourquoi te refusait-il l'accès au salon à chaque fois que ta s½ur venait vous rendre visite ?
- Je ne sais pas...
- Bien sûr que si tu sais... C'est juste que tu ne veux pas t'en rappeler.
- ...
- De ces bruits... De ces souffles...
- ...
- Tu t'en souviens... De la fois où tu as osé transgresser la règle ?
- Oui.
- Tes yeux d'enfant ont vu ce qu'ils n'auraient jamais du voir.
- ...
- C'est à partir de là, non ? C'est à partir de cet instant que tout à été décidé. Qu'as-tu ressentit Uruha ?
- De la haine... Je crois...
- Oui... Est-ce bien normal pour un enfant ? Le premier sentiment qui aurait du te submerger, c'est l'incompréhension. Pas la haine. Parce-que tu n'étais pas censé saisir le sens de leurs actes... Comment savais-tu ?
- Mikoto... Elle me racontait déjà tout...
- Elle disait que c'était normal, et elle te montrait aussi... Mais quand tu l'as vu de tes propres yeux...
- Je voulais la protéger.
- Non. Tu étais jaloux.
- Non... Ce n'est pas ça.
- Si. Ton père te volait ta s½ur bien aimée.
- ...
- Mais tu n'as jamais rien fait, n'est-ce pas ?
- Je ne pouvais rien faire... Je n'étais qu'un enfant. Que sais-tu de la souffrance d'un enfant qu'on laisse aux bras de la solitude ?
- Rien. Je ne sais rien. Et je voudrai que tu m'apprennes.
- ...
- Est-ce cette solitude qui t'a poussé à continuer à aimer Mikoto ?
- Où est le mal ? Un frère n'a t-il pas le droit d'aimer sa s½ur ?
- Pas de cette manière Uruha.
- ...
- Même en grandissant, alors que tu aurais pu oublier, tu n'as fais que nourrir un peu plus cet amour.
- Je n'ai jamais...
- Un amour interdit Uruha.
- ...
- Un amour que ta s½ur a essayé de stopper malgré sa peur de te blesser... Mais tu n'as rien voulu entendre. Malgré ses pardons, malgré ses prières... Après tout, elle aussi, n'était qu'une enfant.
- C'est entièrement sa faute... Elle m'a fait miroiter tant de chose... Je n'ai jamais pu oublier son visage...
- Ce n'était pas sa faute, et tu le sais très bien... Et tu l'as détesté, le jour où elle s'est mariée, n'est-ce pas ?
- Je n'ai pas à répondre.
- Parce-qu'on rentre dans le vif du sujet... Ça t'effraie.
- ...
- Voyons voir... Si c'était il y a dix ans, alors tu ne devais avoir que dix-sept ans à l'époque, et elle... Tout juste vingt et un. C'est jeune pour se marier... Peut-être devait-elle se débarrasser d'un poids ?


L'écrivain soupir et enlève la main qui reposait sur lui.

- Je ne l'ai pas empêché de se marier que je sache !
- Parce-que tu estimes que tu en avais le droit peut-être ?
- ...
- Mais cette partie de l'histoire m'importe peu... C'est après... Le jour qui a suivi son mariage... Te souviens-tu ?
- Oui. C'est douloureux, donc nous arrêterons là cette discussion.
- En quoi est-ce douloureux ? C'est bien toi qui lui a demandé de venir te rejoindre.
Pourquoi ?
- Je voulais seulement lui annoncer mes projets futurs. Mes études, mon déménagement...
- Alors que tu n'avais que dix-sept ans, tu t'imaginais ta vie futur ?
- Je ne voulais pas rester chez mon père.
- Ce pourquoi tu es venu habiter ici ?
- Oui.
- Faux !
- ...
- Ça c'est l'excuse pour te donner bonne conscience, mais la vérité c'est que tu ne voulais plus avoir le lieu de ton crime constamment sous les yeux.
- Quand ais-je commis ce crime ?! S'impatiente le jeune homme.
- J'étais là Uruha.
- ...
- J'étais là quand tu t'es mis à genoux devant elle. J'étais là quand tu lui as crié tes sentiments avec rage. J'étais là quand tes mains ont agrippé ses fines épaules. J'étais là quand tu l'a supplié de te suivre.
- Et alors ?! Hurle le châtain en se levant brusquement, faisant chuter son ordinateur par la même occasion.
- Et alors ?
- Oui ! Nous nous sommes disputés ! Et alors ? Cela n'arrive t-il jamais à des frères et s½urs ? C'est normal ! On ne peut plus normal ! Je ne suis pas en faute ! Je ne l'ai jamais été !
- Et après Uruha ? Après cette dispute ?
- Elle est tombée ! Je ne suis pas fautif !
- Elle a reculé parce-que tu l'effrayais.
- En quoi étais-je effrayant ?!
- C'est ton amour égoïste qui lui a fait peur... Alors elle a reculé... Et elle est tombée dans la rivière. N'est-ce pas ?
- ...
- Elle ne savait pas nagé, depuis toute petite déjà... Elle avait toujours cette phobie de l'eau. Tu le savais, mieux que personne. Alors pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir plongé pour la récupérer ? Tu savais nager toi, à dix-sept ans.
- ...
- Tu savais nager.
- Je n'ai pas à répondre.
- Ce n'est pas une question Uruha. C'est une constatation.
- Assez ! S'emporte t-il en fermant les yeux.


Aoi passe derrière lui, et emprisonne ses poignets.

- Dans ton monde, on pourrait appeler ça de la « non assistance à personne en danger », mais dans le mien, ça s'appelle un meurtre.
- C'est faux ! J'ai sauté dans la rivière !
- Une fois que tu as vu sa main disparaître au milieu du courant ! Comme ça, tu étais certain de ne pas pouvoir la récupérer.
- C'est faux !
- Tu n'as pas supporté qu'elle t'abandonne pour un autre homme. Ton amour pour elle c'est transformé en désir de possession. Qu'importe par quels moyens tu devais y parvenir, mais ta s½ur ne devait appartenir à personne d'autre que toi.
- Silence...
- Pourquoi te voiles-tu encore la face ?
- Tais-toi monstre !


Alors que les mots se sont échappés de sa bouche, l'écrivain sent deux mains le retourner, et il se retrouve nez à nez avec son bourreau.

- Qui de nous deux est le monstre Uruha ?
- ...
- Réfléchis-bien. Qui de nous deux a laissé mourir une pauvre femme innocente ?
- Je n'ai rien fais...
- Avoue. Avoue et je te conduirai devant Dieu.
- Jamais...
- ...
- Je n'avouerai pas ce que je n'ai pas fais !
- Imbécile... Tu t'obstines même après avoir été confronté à la vérité.
- Vérité erronée !


Sa colère prend le dessus, et il repousse violemment son vis à vis. Il a tenté de la sauver, il n'est pas en faute ! Non ! Qu'on arrête de le suspecter une fois pour toute ! Il n'y est pour rien ! Ce n'était qu'une simple dispute... Une simple dispute. Anéantis, l'accusé tombe à genoux, sa tête partant se loger entre les paumes de ses mains. Comment ? Comment arrive t-il à le mettre si facilement hors de lui ? Pourquoi ces mots l'atteignent-ils ? Ne devait-il pas se forger une carapace ? Faire abstraction ? Où est donc passée cette détermination qui l'habitait il y a peu ?

- Uruha...

L'index de son interlocuteur vient lui relever le menton, et les sombres prunelles scrutent une nouvelle fois les siennes.

- Les aiguilles du temps tournent toujours... Es-tu sûr de ne pas vouloir faire un effort ?
- Pourquoi ce ton mielleux ? Je ne suis pas un enfant qu'on amadoue avec de douces paroles.
- Et pourtant... Recroquevillé ainsi, je t'ai pris pour ce petit garçon. Ce garçon qui jouait à cache-cache... Et qui a encore perdu.
- C'était Mikoto...
- De quoi parles-tu ?
- Je perdais contre Mikoto... Pas contre toi.
- Et qui te dis que nous n'avons pas déjà joué à cache-cache ensemble ?
- ...Je ne comprends pas.
- Et tu n'es pas censé comprendre...
- Je... Quel âge as-tu ?
- Je suis mort.
- Quel âge aurais-tu alors, si tu n'étais pas mort ?
- ...
- ...
- Vingt-sept ans ?
- Vingt-sept ans.
- Un problème mon chou ?


Alors qu'il s'apprête à rétorquer, une paire de lèvre le fait taire et une sensation de froid sur ses hanches le fait sursauter. Ça ne peut pas recommencer éternellement... Mais maintenant, plus que l'envie de gagner, c'est la curiosité qui le pousse à lui tenir tête. Emporté par un élan de fureur, le jeune homme fait pression sur la nuque du messager, et l'oblige à approfondir ce baiser. Il ne veut plus être celui qui nage en plein flou. Il ne veut plus être sans arrêt pris au dépourvue. Pourquoi ne peut-il avoir aucune carte en main ? On lui a volé ses chances dès le départ. Aoi rompt cet échange, et fixe un instant le châtain. Cette nouvelle assurance, juste durant quelques secondes, elle l'aurait presque désarçonné. Conscient de l'effet qu'à produit son geste, Uruha se redresse sans dire mot, et grimpe à l'étage, laissant son adversaire de marbre. Un sourire illumine alors le visage du brun, et il se laisse tomber sur le canapé. Ses iris se plantent sur le plafond et il inspire fortement. Allons... Le jeu n'est pas terminé. Il doit se ressaisir. La grande horloge l'informe de chaque seconde écoulée et sa conscience n'en est que plus légère. Des secondes, puis des minutes, et enfin... Une heure. Ne devrait-il pas être en train d'employer ce temps ? Un nouveau sourire, et il se relève.

- J'ai bien cru que cette hésitation t'avait enchaîné.

Le messager fait volt-face, et son sourire se fige inexplicablement.

- Kai... Alors, tu peux me voir ?
- Je t'ai toujours vu... Messager.
- ...
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi me vois-tu ? Tu ne devrais pas. Seul Uruha en est capable.
- Ne panique pas. Je préfère de loin quand tu es plein d'arrogance.
- De quel côté es-tu ?


Un rire sournois, à peine audible...

- Mais qu'est-ce que tu racontes Aoi ? Je n'ai jamais été d'aucun côté. Contrairement à toi, je ne suis pas là dans un but précis. Moi, j'observe, parfois j'interviens... Mais jamais au point de faire changer le court de l'histoire.
- Mais personne n'est capable de savoir de quoi sera fait demain... Tu changes forcément le court des choses en t'impliquant.
- Ce serait le cas... Si je n'étais pas moi.
- Toi ?
- Oui, moi.
- Qui es-tu ?
- Ça, tu aimerais bien le savoir.
- Oui.
- Tu n'en n'as pas besoin pourtant. Je sais déjà vers quel main se tourne le destin... Je sais qui de vous deux sortira gagnant de cette joute infernale.
- Je le sais aussi.
- C'est pour ça que je me complais à vous épier dans votre duel. Vous semblez tout les deux tellement sûr de pouvoir gagner.
- Je gagnerai.
- Alors je continuerai de vous regarder. Mes yeux n'en perdront pas une miette, et je me régalerai de chaque émotion. Votre agonie sera ma jouissance.
- Démon...
- Tu n'es pas si loin du compte... Tout dépends de quel point de vue on se place.
- Ton nom ?
- Kai.
- Ton véritable nom.
- N'as-tu rien d'autre de mieux à faire que de me poser des questions vaines, messager ? Ta proie risque de te filer entre les mains.
- Les chaînes invisibles que je lui ai apposé le retiennent déjà prisonnier de mon étreinte forcé.
- Des chaînes invisibles ?
- Oui... Parce-qu'il ne s'en n'est pas encore rendu compte...


Les sombres iris du messager se portent sur l'étage, et un sourire vient étirer ses fines lèvres.

- A quel point je lui suis indispensable.
- N'es-tu pas un peu trop sûr de toi ?
- Non... Je le sens. Je suis présent dans chacune de ses pensées. Partout...Il me voit partout, me ressent à chaque endroit... Mon odeur, il la perçoit sur lui en continuité. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il tente, mon image persiste et le hante. Il ne m'échappera pas... Son corps s'est déjà abandonné entièrement au pêché. Pour le reste de son esprit, ce n'est plus qu'une question de temps. Et le temps, lui comme moi, n'en disposons pas de beaucoup. Alors... La fuite ? Non, sérieusement, seul un imbécile y songerait encore. Lui, il a déjà compris, qu'il fallait attaquer de front.
- Est-ce en ça qu'il te plaît tant ?
- N'est-ce pas en ça que vous nous trouvez attrayant ?
- Peut-être bien...
- Alors continuez donc à bien nous observer... Vous serez bientôt le spectateur de ma victoire écrasante.
- Trois fois...
- ...
- Par trois fois tu t'es mis à me vouvoyer. As-tu enfin compris à qui tu avais à faire ?
- Je ne suis certain de rien en ce qui vous concerne.


Son attention quitte une fois pour toute son interlocuteur, et le voilà déjà qui gravit lentement les marches de l'escalier en bois. Le bois grince sous ses pieds pourtant légers, et il part rejoindre l'écrivain qui s'est assoupi sur son bureau. Ses yeux perçants retracent chacune des courbes du jeune homme et s'arrêtent sur la bougie qui semble sur le point de mourir. Sa flamme vacille, mais ne s'éteint pas... Comme par peur de réveiller le bellâtre endormi. Les mèches aux reflets de l'automne du bel adonis retombent sur ses joues légèrement rougies, cachent à peine ses paupières closes et s'en vont chatouiller le front inerte. Les ombres des objets dansent insolemment sur ce visage de porcelaine. Un crayon toujours prisonnier entre ses doigts, l'enfant acculé s'est laissé tomber dans les bras de Morphée plutôt que dans les siens... L'image est plaisante. Le messager se rapproche un peu plus, et son index va frôler la chemise froissée qui recouvre le dos courbé. Dos qu'il a si ardemment caressé il y a quelques... Et si... Si il l'invitait à replonger ? Replonger dans leur passé commun ? Oui, ce pourrait être une expérience intéressante... Il se penche au dessus du corps inanimé, et observe inlassablement. Le souffle d'Uruha fait légèrement vibrer le recoin de la feuille sur laquelle il s'est assoupi, alors qu'à quelques centimètres à peine, la cire de la bougie s'échoue sur le bureau.

- Et si toi et moi, allions-nous promener dans le temps ?

H-48

# Posté le samedi 03 octobre 2009 21:38

Nyup ! <3

Nyup ! <3
Bonjour la compagnie !

Ça faisait longtemps que j'avais pas pris le temps de faire un article pour rien dire... Ou pour faire un article tout court même... u_u
Je tiens à m'excuser pour le peu de mise à jour.
Vraiment, pardon.
Ce n'est pas que je n'ai plus l'envie d'écrire, mais je ne trouve pas le temps, et je pense que je suis vraiment trop feignante.
Mon boulot me prend une grande partie de mon temps, alors une fois au calme, je trouve toujours autre chose à faire que de rester devant ma page blanche.
Et pourtant, j'ai vraiment envie de finir ces deux fictions.
Last night before go to hell me tient tellement à coeur...
Existe t-il un remède contre la feignantisme ? Oo

Pour répondre à kiwi76770, "kudasai" veut dire "s'il vous plaît".
Ouais, j'aime bien dispatcher de temps à autre des mots japonais dans mes textes...
Mais je le fais de moins en moins pour ma défense !


Aoi : Normal puisque tu écris moins... u_u
Tsuki : Ooooooh ! Aoiiiiii ! Dans mes bras vielle branche ! ^o^
Aoi : Vielle branche ? è_é
Tsuki : Euh... C'est pas ce que je voulais dire...
Aoi : *sors sa guitare*
Tsuki : Oh ! Mais elle est neuve ! *o* Tu vas pas prendre le risque de la casser quand même ? ç_ç
Aoi : J'ai de l'argent moi.... <<
Tsuki : Fuck... *sors un mouchoir*
Aoi : Meurs ! 8DDD
Tsuki : Adieu ! xD

# Posté le samedi 03 octobre 2009 21:56