Auteur : tsuki
Source : The gazette
La lumière du jour caresse mon visage endormi. Ils m'ont porté jusque dans la chambre d'Uruha. Tu n'as pas quitté la chambre depuis, tu n'as pas non plus lâché ma main. Je n'ai pas encore réussi à ouvrir les yeux même si je suis conscient. Kai est venu plusieurs fois prendre de mes nouvelles. Ta présence me fait un bien fou. J'entends la porte qui s'ouvre et la voix de Ruki qui s'élève dans la pièce.
-Il ne c'est pas réveillé ?
-Non, toujours pas.
-Il a besoin de se reposer de toute façon.
-Oui.
-Tu devrais y aller toi aussi.
-Non je préfère attendre qu'il se réveille.
-Mais tu n'as même pas pris le temps de soigner tes blessures !
-Elles ne sont pas profonde.
-Ce n'est pas une raison ! Tu pourrais les désinfecter au moins.
-Ca ira, ne t'inquiète pas.
-Et tu ne veux toujours pas nous dire pourquoi tu t'es retrouvé dans cet état ?
-Non... je l'ai mérité de toute façon et puis c'est mieux comme ça.
-Personne ne mérite d'être battu de cette façon.
-...
Et Ruki sortit. Uruha se leva et lâcha ma main. J'ouvris les yeux, ne sentant plus sa chaleur et les mots sortirent d'eux même :
-Ne me laisse pas...
Le blond se retourna, me fixa avec une expression de surprise puis sourit de soulagement.
-J'allais simplement attraper ta guitare.
Il empoigna l'instrument, se rassit sur la chaise et entama une douce mélodie. Je n'ai plus de fièvre, et tu sembles si calme, comme si tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve. Pourtant un hématome sur ton visage prouve le contraire.
Mon corps tremble légèrement mais je me sens déjà mieux. Les notes se posent sur le silence, tu murmures doucement, tes doigts fins caressent les cordes et ton visage s'éclaircit. Mes yeux se baladent sur ton corps frêle et s'arrêtent sur ton visage. Ce désir envoutant, il est là, je le sens. Il est de plus en plus grand, de plus en plus intense.
J'essaye de le refouler mais rien n'y fait, plus je te vois, plus je te veux. Et cette façon de jouer... pareil à celle d'un dieu jouant de la harpe. Ta voix résonne finalement :
-Aoi ?
-Ne ?
-Tu n'as rien vu n'est-ce-pas ?
Ton visage a changé. Tu es inquiet, je le vois. Vu quoi ? Les coups qu'ils t'ont portés ? Ou ce qu'ils t'ont infligés avant les coups ? C'est évident. Mais tes yeux semblent prier pour que ce soit le contraire. Mais je ne peux nier et je veux avant tout t'aider.
-Je ne dirais rien aux autres.
-Tu... tu as vu quoi exactement ?
-Tout. Du moment où tu es rentré dans l'hôtel et cela jusqu'à ce que tu en sortes.
-Aoi... je ne... je n'ai...
- Tu n'as pas à te justifier.
Uruha détourna la tête. Je me redressai et lui attrapa le poignet. Tu n'as pas à avoir honte, car de nous deux c'est bien moi le plus sale. La drogue souille encore mon sang et il n'y a pas si longtemps je vivais encore sous un pont. Tu n'oses pas me regarder.
-Uruha... je ne dirais rien.
Tes yeux daignent enfin me regarder, mais ton sourire a laissé place aux larmes. Je t'attire vers moi et je te mets sur mes genoux pour passer mes bras autour de ta taille. Tu ne retiens plus ton chagrin et je sens ton corps secoué par les sanglots. Tu as enfouis ton visage dans mon cou et tu t'es blottis contre mon torse pour mieux pleurer.
Pourquoi tant de larmes bel ange ? J'aimerais être celui qui les arrête, mais je ne vois pas comment y parvenir. C'est vrai qu'au fond je ne te connais pas, alors j'espère de tout c½ur que ma présence suffira. Mes mains se baladent presque insolemment sur tes reins. Tu as la peau douce, si douce... tes doigts agrippent nerveusement mon T-shirt.
S'il te plaît, sèches tes larmes... j'ai l'impression que je vais finir par m'y noyer. Tu desserres lentement ta prise... ta respiration semble s'être régularisé. Tu laisses tomber ta tête sur mon épaule et laisses échapper un murmure :
-Gomen...
-Pas grave, tu en avais besoin.
Tes yeux se ferment et tu plonges bientôt dans un profond sommeil. Je me rallonge en prenant soin de ne pas te réveiller, puisque tu sembles avoir confondu l'oreiller avec mon torse. Mes paupières se font de plus en plus lourdes. Pourtant, je resterais bien là, à l'admirer... ton visage angélique, presque insolent, ton corps fin... tu es tombé bien loin du paradis petit ange. Tes ailes se seraient-elles brisées quand tu veillais encore sur nous ? Ne t'en fais pas, tu peux te reposer maintenant... c'est moi qui prendrait soin de toi et je tacherais de reconstruire le paradis d'où tu t'es égaré. Mais Morphée ne me laissa pas le temps de penser plus et m'enveloppa de ses bras rassurant.
*****************
Ruki s'installa dans le canapé, alluma la télé et se mit à chercher un programme qui serait susceptible de l'intéresser. Il fut vite rejoins par Kai qui résolu le problème de Ruki en éteignant la télé. Il balança la télécommande plus loin, s'étala de tout son long et prit les jambes de son camarade en guise d'oreiller. Le brun fixa intensément le plafond et lâcha :
-T'as appris quelque chose ?
-Non, Uruha reste obstinément muet et Aoi dormait encore.
-On sait se qui c'est passé pour Aoi...
-Oui...
-Tu en as fait quoi du sachet ?
-Je l'ai jeté...
-Et Uruha ?
-J'en sais rien, mais je commence à m'inquiéter.
-Pourquoi ?
-Après avoir quitté la chambre je suis un peu resté dans le couloir pour écouter.
-Mais c'est une atteinte à la vie privée sa monsieur ! XD
-Baka ! >.<
-Ah nan ! Dis pas ça !
-Bref, je les ai entendu parler et Aoi à l'air de savoir se qui est arrivé à Uruha.
-Et ?
-Et ça n'avait pas l'air drôle du tout puisque Uru a fondu en larme.
-A ce point ?!
-Oui mais le point positif c'est que maintenant il dort. ^^
-Ensemble ?
-Ba oui, il n'allait pas dormir par terre !
-C'est un scoop ça ! Regard pervers en direction du couloir.
-Ils dorment Kai.
-Et alors ? Il peut se passer plein chose qu'en on dort ensemble. ^^
-Baka !
-Naaaaaaaannnn ! Je suis juste réaliste.
Le brun se leva d'un bond et partit rejoindre Reita. Celui-ci était assis sur son lit et jouait de la bass. Kai sauta sur le matelas pour avoir l'effet voulu : autrement dit, pour avoir toute l'attention du bassiste. Il reçu une tape sur la tête pour toute confirmation et alors s'ensuivi une méchante bataille de polochon qui eu vite fais de mettre à terre le trouble paix. Comme à son habitude, Reita plaqua sa victime au sol et lui immobilisa les bras.
-C'est bon ? T'es calmé ?
-Lâche-moi grosse brute ! T__________T
-T'avais qu'à pas sauter sur mon lit comme un crétin !
-Lâche-moi où je te dis pas ce que je sais. ^O^
-Mais c'est du chantage !
-Nan, c'est du marchandage ! ^^
-Marchandage ? O_o
-Oui, oui.
-Ce mot n'est pas dans mon vocabulaire alors tu souffriras !
-En même temps tu ne dois pas avoir grand-chose dans ton vocabulaire ! XD
-Pardon ?! >.<
-Je plaisanteeeeeeeeee !!!!! Regard implorant débordant de larmes.
Le bassiste se lève et libère le comédien. Le brun se relève à son tour et prend place aux côtés de son bourreau sur le lit.
-Uru et Aoi dorment ensemble. ^^
-Vrai ?
-Si je te le dis !
-Ca ne veut rien dire.
-Rooooo, fait pas le désintéressé !
-Mais je suis hétéro moi monsieur ! Alors ce genre de chose c'est pas pour moi.
-La semaine dernière t'étais bi ! >.<
-C'est suivant mes humeurs. XD
-... il se fout de moi là ? >.< x2
-Bon on va voir ?
-Quoi ?
-J'ai changé d'avis. ^^
- ????????
Reita se leva et partit en direction de la chambre d'Uruha. Il fut vite rejoins du batteur surexcité. Tout deux se collèrent à la porte pour vérifier si les deux jeunes hommes dormaient encore. Kai poussa la porte et pénétra dans la pièce, suivi de prêt par le bassiste. Ils s'arrêtèrent pour observer la scène s'offrant à leurs yeux amusés. Uruha était recroquevillé contre son aîné et il avait posé sa tête sur son torse. L'une de ses mains cachait sa bouche et l'autre était placée sur le ventre d'Aoi. Kai s'avança un peu plus. Le guitariste brun encerclait la taille d'Uruha avec son bras gauche. Reita choppa le batteur par le bras et lui chuchota à l'oreille :
-Et si on s'amusait ?
-Comment ?
-Tu vas voir.
Le bassiste s'approcha des deux endormis et ouvrit le pantalon d'Aoi.
-Mais tu fais quoi là !!!! Intervint Kai.
-Ba je m'amuse. ^^
-T'as de drôle de façon de t'amuser toi.
-Mais nan ! T'as rien compris.
-Qu'est-ce-que je suis sensé comprendre ?
-I am the king of QUIPROQUO!!!
-Tu me refais la même en français s'il te plaît ?
-Je suis le roi du quiproquo.
- ????
-Pfffff, observe petit.
- >.<
Il prit la main d'Uruha et la glissa sous le boxer du brun encore sagement endormi. Ayant compris où voulait en venir Reita, Kai passa de l'autre côté du lit et fit passer la main d'Aoi sur les fesses d'Uruha. Les deux complices reculèrent et admirèrent leur ½uvre.
-Magnifique ! Rit le bassiste.
-Ouais, mais maintenant il faut attendre qu'ils se réveillent.
-T'as une batterie non ?
-T'es un géni !
-Je sais. ^^
Le batteur courut dans sa chambre tandis que Reita se replaçait derrière la porte entrouverte. S'en suivi alors un joyeux tintamarre dont tout l'immeuble profita. Kai revint avec un caméscope et observa attentivement la scène aux côtés du bassiste.
*****************
Mes rêves s'enchaînaient les uns aux autres et la douce chaleur d'Uruha me berçait, quand un bruit m'extirpa violemment du sommeil. L'esprit encore embrumé et les yeux pas tout à fait ouverts, je sentis Uruha remuait. Je relevai légèrement la tête afin d'analyser la cause de se vacarme. Mon regard s'arrêta sur mon pantalon, il était ouvert et Uruha avait passé sa main sous mon boxer. C'était donc ça cette chaleur ?! Uruha tourna la tête vers moi et me demanda encore à moitié endormi :
-C'était quoi ce bruit ?
-Tu... tu...
-Je quoi ?
-Tu pourrais enlever ta...
-Hey ! Depuis quand t'as les mains baladeuses ?! >.< Coupa le blond.
-Quoi ?
Je m'aperçu alors où ma propre main avait glissé. Ne sachant quoi faire je lui rétorquai :
-Tu peux parler !
-Ne ?
Il fit un bond en arrière et tomba du lit par la même occasion. Il se releva puis balbutia :
-Gomen ! Je... je ne... n'ai... pas fais... euh, exprès...
-C'est bon, je ne vais pas en faire un drame. ^^
C'est alors que plusieurs rires nous parvinrent aux oreilles. Uruha se retourna vers la porte et courut l'ouvrir en hurlant :
-Je vais vous tuer bandes de chacals !!!!
Je vis les deux coupables détaler comme des lapins. Le blond les prit en chasse et réussit à coincer le batteur dans la cuisine.
-Je vais bousiller ta batterie puis je ferais de toi de la charpie !!!!
-Pourquoi toujours ma batterie ! Elle vous a rien fait !
-M'en fous ! Ca va pas de faire des trucs pareil ?!
-C'était l'idée de Reita, je le jure ! ^^'
-Menteur !
-Nannnn ! Jte jure ! Il m'a forcé !
-Ba voyons. -.-
-Pitié croit moi ! Regard de chien battu puissance 1000 !
-Alors donne-moi le caméscope.
-Ah ba nan ! C'est plus marrant sinon ! ^^
-Chope le couteau qu'il y a sur la table. C'est un ordre !
-Tire la langue et se tire dans la chambre du bassiste.
-Aux pieds sale gosse ! >.<
Uruha tenta de rattraper le fuyard. Il se lança à sa poursuite et manqua de se bouffer la porte que le batteur venait de refermer derrière lui. Malgré la furieuse envie qu'il avait de vouloir assommer ces deux bakas, il n'arrivait pas à ouvrir la porte. Celle-ci n'avait pas de serrure et Uruha en déduit donc que les deux imbéciles qui lui servaient d'amis se servaient de leur poids pour la garder fermé.
-Besoin d'aide ?
L'interpelé sursauta de surprise.
-Aoi ! Ca va pas de me faire peur comme ça ?
-Désolé.
-Par contre, c'est vrai que je ne serais pas contre un coup de main.
-On va leur montrer de quel bois on se chauffe !
Le problème fut vite résolu. Nous entrâmes dans la chambre en catastrophe, Uruha coinça Kai au sol tandis que je me chargeais de Reita. Le bassiste attrapa un oreiller et me le balança, ce qui causa naturellement une méchante guerre de coussin et de couette. Nous fûmes vite rejoins par Kai et Uruha. La bataille faisait rage quand Ruki intervint frappant tout le monde sur le crâne.
-Mais vous allez vous calmer ! On entend que vous dans l'immeuble !
-C'est eux qui ont commencé ! protesta le batteur.
-Et je vais te croire. -.-
-Ba oui. La vérité ne sort que de la bouche des enfants, tu ne le savais pas ?
-Ca pour sûr tu m'en fais un beau gamin !
- >.<
-Rangez moi ce bordel et venez manger.
-Oui papa. Ironisa le bassiste.
-Chope la bass et fais mine qu'il va l'exploser par terre.
-Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!! Pitié ! Tout mais pas ça !
-Alors on s'active !
-Oui chef ! hurla Kai.
-Donne un grand coup sur la tête du batteur. Au fait Uruha, tu ne nous avais pas dit que tu jouais de la guitare ?
-C'est que je ne pensais pas que ça vous intéressez.
-Tu sais pas qu'on aime tout ce qui touche à la musique depuis le temps ?
-Gomen.
*Tilt*
-Et mais on a notre groupe ! S'exclamèrent Kai et Reita.
-Rangez et après on verra.
Le blond quitta la chambre. En deux temps trois mouvements les quatre musiciens remirent la pièce en ordre puis filèrent dans la cuisine. Ils s'installèrent et mangèrent de bon c½ur. Le repas terminé, tout le monde débarrassa sa place et Uruha se chargea de la vaisselle à contre c½ur. Les autres rejoignirent le salon et squattèrent le canapé. Ruki tendit une enveloppe à Kai.
-C'est quoi ? Demanda le batteur indécis.
-Une lettre pardi ! C'était dans le courrier. Elle était sous la facture d'électricité d'ailleurs.
Reita grimaça au mot « facture ». Le brun ouvrit l'enveloppe et lut la lettre. Le bassiste vit Kai blêmir.
-Alors ? C'est qui ?
-Un... un ami d'enfance.
-Il n'y a rien de grave ?
-Non, non, c'est rien.
Il se leva et partit dans la salle de bain. Confus, les trois jeunes hommes se regardèrent. Reita se leva à son tour et annonça :
-Je m'en occupe.
-Laisse le un peu tout seul quand même. Conseilla le blond.
-Pourquoi ?
-On ne sait pas ce qu'il y avait d'écrit dans cette lettre, il a peut-être tout simplement besoin de réfléchir.
-Kai ? Réfléchir ?
-Oui Reita ! >.<
-Où t'as vu qu'il était capable d'un tel truc toi ? XD
-On se regarde avant de juger les gens.
-Pfffff, ça ne m'atteins pas !
Le bassiste fit volt face et alla dans sa chambre. Ruki se leva à son tour et partit rejoindre Uruha à la cuisine. J'attrapai le journal et commença à chercher dans les annonces. Même si mes yeux étaient braqués sur le papier, mon esprit divaguait ailleurs. Jamais je n'avais encore vu Kai dans cet état. Lui qui souriait tout le temps et qui était rempli de bonne humeur. J'avais beau ne pas les connaître, je me sentais désormais de la famille et j'estimais que leurs problèmes étaient aussi les miens. J'avais envi d'aller lui parler, de le réconforter, mais je n'étais pas sûr de moi. Le mieux ce serait que je demande conseil à Ruki. Je me lève et rentre dans la cuisine.
-Ruki est-ce-que je...
Mon c½ur a bien faillis s'arrêter. Je suis peut-être en train de rêver, non, tout est réel. Ses lèvres sur les tiennes, ses mains sur tes hanches... pitié réveillez moi !
A suivre...
Aoi: Tu m'étonnes ! Vive le cauchemar!
Tsuki: >.<




