Se lever pour recommencer (chap 4)

Se lever pour recommencer (chap 4)

Auteur : tsuki

Source : The gazette


Chapitre 4

La lumière du jour caresse mon visage endormi. Ils m'ont porté jusque dans la chambre d'Uruha. Tu n'as pas quitté la chambre depuis, tu n'as pas non plus lâché ma main. Je n'ai pas encore réussi à ouvrir les yeux même si je suis conscient. Kai est venu plusieurs fois prendre de mes nouvelles. Ta présence me fait un bien fou. J'entends la porte qui s'ouvre et la voix de Ruki qui s'élève dans la pièce.

-Il ne c'est pas réveillé ?
-Non, toujours pas.
-Il a besoin de se reposer de toute façon.
-Oui.
-Tu devrais y aller toi aussi.
-Non je préfère attendre qu'il se réveille.
-Mais tu n'as même pas pris le temps de soigner tes blessures !
-Elles ne sont pas profonde.
-Ce n'est pas une raison ! Tu pourrais les désinfecter au moins.
-Ca ira, ne t'inquiète pas.
-Et tu ne veux toujours pas nous dire pourquoi tu t'es retrouvé dans cet état ?
-Non... je l'ai mérité de toute façon et puis c'est mieux comme ça.
-Personne ne mérite d'être battu de cette façon.
-...


Et Ruki sortit. Uruha se leva et lâcha ma main. J'ouvris les yeux, ne sentant plus sa chaleur et les mots sortirent d'eux même :

-Ne me laisse pas...

Le blond se retourna, me fixa avec une expression de surprise puis sourit de soulagement.

-J'allais simplement attraper ta guitare.

Il empoigna l'instrument, se rassit sur la chaise et entama une douce mélodie. Je n'ai plus de fièvre, et tu sembles si calme, comme si tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve. Pourtant un hématome sur ton visage prouve le contraire.
Mon corps tremble légèrement mais je me sens déjà mieux. Les notes se posent sur le silence, tu murmures doucement, tes doigts fins caressent les cordes et ton visage s'éclaircit. Mes yeux se baladent sur ton corps frêle et s'arrêtent sur ton visage. Ce désir envoutant, il est là, je le sens. Il est de plus en plus grand, de plus en plus intense.
J'essaye de le refouler mais rien n'y fait, plus je te vois, plus je te veux. Et cette façon de jouer... pareil à celle d'un dieu jouant de la harpe. Ta voix résonne finalement :

-Aoi ?
-Ne ?
-Tu n'as rien vu n'est-ce-pas
?

Ton visage a changé. Tu es inquiet, je le vois. Vu quoi ? Les coups qu'ils t'ont portés ? Ou ce qu'ils t'ont infligés avant les coups ? C'est évident. Mais tes yeux semblent prier pour que ce soit le contraire. Mais je ne peux nier et je veux avant tout t'aider.

-Je ne dirais rien aux autres.
-Tu... tu as vu quoi exactement ?
-Tout. Du moment où tu es rentré dans l'hôtel et cela jusqu'à ce que tu en sortes.
-Aoi... je ne... je n'ai...
- Tu n'as pas à te justifier.


Uruha détourna la tête. Je me redressai et lui attrapa le poignet. Tu n'as pas à avoir honte, car de nous deux c'est bien moi le plus sale. La drogue souille encore mon sang et il n'y a pas si longtemps je vivais encore sous un pont. Tu n'oses pas me regarder.

-Uruha... je ne dirais rien.

Tes yeux daignent enfin me regarder, mais ton sourire a laissé place aux larmes. Je t'attire vers moi et je te mets sur mes genoux pour passer mes bras autour de ta taille. Tu ne retiens plus ton chagrin et je sens ton corps secoué par les sanglots. Tu as enfouis ton visage dans mon cou et tu t'es blottis contre mon torse pour mieux pleurer.
Pourquoi tant de larmes bel ange ? J'aimerais être celui qui les arrête, mais je ne vois pas comment y parvenir. C'est vrai qu'au fond je ne te connais pas, alors j'espère de tout c½ur que ma présence suffira. Mes mains se baladent presque insolemment sur tes reins. Tu as la peau douce, si douce... tes doigts agrippent nerveusement mon T-shirt.
S'il te plaît, sèches tes larmes... j'ai l'impression que je vais finir par m'y noyer. Tu desserres lentement ta prise... ta respiration semble s'être régularisé. Tu laisses tomber ta tête sur mon épaule et laisses échapper un murmure :

-Gomen...
-Pas grave, tu en avais besoin.


Tes yeux se ferment et tu plonges bientôt dans un profond sommeil. Je me rallonge en prenant soin de ne pas te réveiller, puisque tu sembles avoir confondu l'oreiller avec mon torse. Mes paupières se font de plus en plus lourdes. Pourtant, je resterais bien là, à l'admirer... ton visage angélique, presque insolent, ton corps fin... tu es tombé bien loin du paradis petit ange. Tes ailes se seraient-elles brisées quand tu veillais encore sur nous ? Ne t'en fais pas, tu peux te reposer maintenant... c'est moi qui prendrait soin de toi et je tacherais de reconstruire le paradis d'où tu t'es égaré. Mais Morphée ne me laissa pas le temps de penser plus et m'enveloppa de ses bras rassurant.

*****************

Ruki s'installa dans le canapé, alluma la télé et se mit à chercher un programme qui serait susceptible de l'intéresser. Il fut vite rejoins par Kai qui résolu le problème de Ruki en éteignant la télé. Il balança la télécommande plus loin, s'étala de tout son long et prit les jambes de son camarade en guise d'oreiller. Le brun fixa intensément le plafond et lâcha :

-T'as appris quelque chose ?
-Non, Uruha reste obstinément muet et Aoi dormait encore.
-On sait se qui c'est passé pour Aoi...
-Oui...
-Tu en as fait quoi du sachet ?
-Je l'ai jeté...
-Et Uruha ?
-J'en sais rien, mais je commence à m'inquiéter.
-Pourquoi ?
-Après avoir quitté la chambre je suis un peu resté dans le couloir pour écouter.
-Mais c'est une atteinte à la vie privée sa monsieur ! XD
-Baka ! >.<
-Ah nan ! Dis pas ça !
-Bref, je les ai entendu parler et Aoi à l'air de savoir se qui est arrivé à Uruha.
-Et ?
-Et ça n'avait pas l'air drôle du tout puisque Uru a fondu en larme.
-A ce point ?!
-Oui mais le point positif c'est que maintenant il dort. ^^
-Ensemble ?
-Ba oui, il n'allait pas dormir par terre !
-C'est un scoop ça ! Regard pervers en direction du couloir.
-Ils dorment Kai.
-Et alors ? Il peut se passer plein chose qu'en on dort ensemble. ^^
-Baka !
-Naaaaaaaannnn ! Je suis juste réaliste.


Le brun se leva d'un bond et partit rejoindre Reita. Celui-ci était assis sur son lit et jouait de la bass. Kai sauta sur le matelas pour avoir l'effet voulu : autrement dit, pour avoir toute l'attention du bassiste. Il reçu une tape sur la tête pour toute confirmation et alors s'ensuivi une méchante bataille de polochon qui eu vite fais de mettre à terre le trouble paix. Comme à son habitude, Reita plaqua sa victime au sol et lui immobilisa les bras.

-C'est bon ? T'es calmé ?
-Lâche-moi grosse brute ! T__________T
-T'avais qu'à pas sauter sur mon lit comme un crétin !
-Lâche-moi où je te dis pas ce que je sais. ^O^
-Mais c'est du chantage !
-Nan, c'est du marchandage ! ^^
-Marchandage ? O_o
-Oui, oui.
-Ce mot n'est pas dans mon vocabulaire alors tu souffriras !
-En même temps tu ne dois pas avoir grand-chose dans ton vocabulaire ! XD
-Pardon ?! >.<
-Je plaisanteeeeeeeeee !!!!! Regard implorant débordant de larmes.


Le bassiste se lève et libère le comédien. Le brun se relève à son tour et prend place aux côtés de son bourreau sur le lit.

-Uru et Aoi dorment ensemble. ^^
-Vrai ?
-Si je te le dis !
-Ca ne veut rien dire.
-Rooooo, fait pas le désintéressé !
-Mais je suis hétéro moi monsieur ! Alors ce genre de chose c'est pas pour moi.
-La semaine dernière t'étais bi ! >.<
-C'est suivant mes humeurs. XD
-... il se fout de moi là ? >.< x2
-Bon on va voir ?
-Quoi ?
-J'ai changé d'avis. ^^
- ????????


Reita se leva et partit en direction de la chambre d'Uruha. Il fut vite rejoins du batteur surexcité. Tout deux se collèrent à la porte pour vérifier si les deux jeunes hommes dormaient encore. Kai poussa la porte et pénétra dans la pièce, suivi de prêt par le bassiste. Ils s'arrêtèrent pour observer la scène s'offrant à leurs yeux amusés. Uruha était recroquevillé contre son aîné et il avait posé sa tête sur son torse. L'une de ses mains cachait sa bouche et l'autre était placée sur le ventre d'Aoi. Kai s'avança un peu plus. Le guitariste brun encerclait la taille d'Uruha avec son bras gauche. Reita choppa le batteur par le bras et lui chuchota à l'oreille :

-Et si on s'amusait ?
-Comment ?
-Tu vas voir.


Le bassiste s'approcha des deux endormis et ouvrit le pantalon d'Aoi.

-Mais tu fais quoi là !!!! Intervint Kai.
-Ba je m'amuse. ^^
-T'as de drôle de façon de t'amuser toi.
-Mais nan ! T'as rien compris.
-Qu'est-ce-que je suis sensé comprendre ?
-I am the king of QUIPROQUO!!!
-Tu me refais la même en français s'il te plaît ?
-Je suis le roi du quiproquo.
- ????
-Pfffff, observe petit.
- >.<


Il prit la main d'Uruha et la glissa sous le boxer du brun encore sagement endormi. Ayant compris où voulait en venir Reita, Kai passa de l'autre côté du lit et fit passer la main d'Aoi sur les fesses d'Uruha. Les deux complices reculèrent et admirèrent leur ½uvre.

-Magnifique ! Rit le bassiste.
-Ouais, mais maintenant il faut attendre qu'ils se réveillent.
-T'as une batterie non ?
-T'es un géni !
-Je sais. ^^


Le batteur courut dans sa chambre tandis que Reita se replaçait derrière la porte entrouverte. S'en suivi alors un joyeux tintamarre dont tout l'immeuble profita. Kai revint avec un caméscope et observa attentivement la scène aux côtés du bassiste.

*****************

Mes rêves s'enchaînaient les uns aux autres et la douce chaleur d'Uruha me berçait, quand un bruit m'extirpa violemment du sommeil. L'esprit encore embrumé et les yeux pas tout à fait ouverts, je sentis Uruha remuait. Je relevai légèrement la tête afin d'analyser la cause de se vacarme. Mon regard s'arrêta sur mon pantalon, il était ouvert et Uruha avait passé sa main sous mon boxer. C'était donc ça cette chaleur ?! Uruha tourna la tête vers moi et me demanda encore à moitié endormi :

-C'était quoi ce bruit ?
-Tu... tu...
-Je quoi ?
-Tu pourrais enlever ta...
-Hey ! Depuis quand t'as les mains baladeuses ?! >.< Coupa le blond.
-Quoi ?


Je m'aperçu alors où ma propre main avait glissé. Ne sachant quoi faire je lui rétorquai :

-Tu peux parler !
-Ne ?


Il fit un bond en arrière et tomba du lit par la même occasion. Il se releva puis balbutia :

-Gomen ! Je... je ne... n'ai... pas fais... euh, exprès...
-C'est bon, je ne vais pas en faire un drame. ^^


C'est alors que plusieurs rires nous parvinrent aux oreilles. Uruha se retourna vers la porte et courut l'ouvrir en hurlant :

-Je vais vous tuer bandes de chacals !!!!
Je vis les deux coupables détaler comme des lapins. Le blond les prit en chasse et réussit à coincer le batteur dans la cuisine.
-Je vais bousiller ta batterie puis je ferais de toi de la charpie !!!!
-Pourquoi toujours ma batterie ! Elle vous a rien fait !
-M'en fous ! Ca va pas de faire des trucs pareil ?!
-C'était l'idée de Reita, je le jure ! ^^'
-Menteur !
-Nannnn ! Jte jure ! Il m'a forcé !
-Ba voyons. -.-
-Pitié croit moi ! Regard de chien battu puissance 1000 !
-Alors donne-moi le caméscope.
-Ah ba nan ! C'est plus marrant sinon ! ^^
-Chope le couteau qu'il y a sur la table. C'est un ordre !
-Tire la langue et se tire dans la chambre du bassiste.
-Aux pieds sale gosse ! >.<


Uruha tenta de rattraper le fuyard. Il se lança à sa poursuite et manqua de se bouffer la porte que le batteur venait de refermer derrière lui. Malgré la furieuse envie qu'il avait de vouloir assommer ces deux bakas, il n'arrivait pas à ouvrir la porte. Celle-ci n'avait pas de serrure et Uruha en déduit donc que les deux imbéciles qui lui servaient d'amis se servaient de leur poids pour la garder fermé.

-Besoin d'aide ?

L'interpelé sursauta de surprise.

-Aoi ! Ca va pas de me faire peur comme ça ?
-Désolé.
-Par contre, c'est vrai que je ne serais pas contre un coup de main.
-On va leur montrer de quel bois on se chauffe !


Le problème fut vite résolu. Nous entrâmes dans la chambre en catastrophe, Uruha coinça Kai au sol tandis que je me chargeais de Reita. Le bassiste attrapa un oreiller et me le balança, ce qui causa naturellement une méchante guerre de coussin et de couette. Nous fûmes vite rejoins par Kai et Uruha. La bataille faisait rage quand Ruki intervint frappant tout le monde sur le crâne.

-Mais vous allez vous calmer ! On entend que vous dans l'immeuble !
-C'est eux qui ont commencé ! protesta le batteur.
-Et je vais te croire. -.-
-Ba oui. La vérité ne sort que de la bouche des enfants, tu ne le savais pas ?
-Ca pour sûr tu m'en fais un beau gamin !
- >.<
-Rangez moi ce bordel et venez manger.
-Oui papa. Ironisa le bassiste.
-Chope la bass et fais mine qu'il va l'exploser par terre.
-Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!! Pitié ! Tout mais pas ça !
-Alors on s'active !
-Oui chef ! hurla Kai.
-Donne un grand coup sur la tête du batteur. Au fait Uruha, tu ne nous avais pas dit que tu jouais de la guitare ?
-C'est que je ne pensais pas que ça vous intéressez.
-Tu sais pas qu'on aime tout ce qui touche à la musique depuis le temps ?
-Gomen.


*Tilt*

-Et mais on a notre groupe ! S'exclamèrent Kai et Reita.
-Rangez et après on verra.


Le blond quitta la chambre. En deux temps trois mouvements les quatre musiciens remirent la pièce en ordre puis filèrent dans la cuisine. Ils s'installèrent et mangèrent de bon c½ur. Le repas terminé, tout le monde débarrassa sa place et Uruha se chargea de la vaisselle à contre c½ur. Les autres rejoignirent le salon et squattèrent le canapé. Ruki tendit une enveloppe à Kai.

-C'est quoi ? Demanda le batteur indécis.
-Une lettre pardi ! C'était dans le courrier. Elle était sous la facture d'électricité d'ailleurs.


Reita grimaça au mot « facture ». Le brun ouvrit l'enveloppe et lut la lettre. Le bassiste vit Kai blêmir.

-Alors ? C'est qui ?
-Un... un ami d'enfance.
-Il n'y a rien de grave ?
-Non, non, c'est rien.


Il se leva et partit dans la salle de bain. Confus, les trois jeunes hommes se regardèrent. Reita se leva à son tour et annonça :

-Je m'en occupe.
-Laisse le un peu tout seul quand même. Conseilla le blond.
-Pourquoi ?
-On ne sait pas ce qu'il y avait d'écrit dans cette lettre, il a peut-être tout simplement besoin de réfléchir.
-Kai ? Réfléchir ?
-Oui Reita ! >.<
-Où t'as vu qu'il était capable d'un tel truc toi ? XD
-On se regarde avant de juger les gens.
-Pfffff, ça ne m'atteins pas !


Le bassiste fit volt face et alla dans sa chambre. Ruki se leva à son tour et partit rejoindre Uruha à la cuisine. J'attrapai le journal et commença à chercher dans les annonces. Même si mes yeux étaient braqués sur le papier, mon esprit divaguait ailleurs. Jamais je n'avais encore vu Kai dans cet état. Lui qui souriait tout le temps et qui était rempli de bonne humeur. J'avais beau ne pas les connaître, je me sentais désormais de la famille et j'estimais que leurs problèmes étaient aussi les miens. J'avais envi d'aller lui parler, de le réconforter, mais je n'étais pas sûr de moi. Le mieux ce serait que je demande conseil à Ruki. Je me lève et rentre dans la cuisine.

-Ruki est-ce-que je...

Mon c½ur a bien faillis s'arrêter. Je suis peut-être en train de rêver, non, tout est réel. Ses lèvres sur les tiennes, ses mains sur tes hanches... pitié réveillez moi !

A suivre...

Aoi: Tu m'étonnes ! Vive le cauchemar!
Tsuki: >.<

# Posté le samedi 08 décembre 2007 13:22

Se lever pour recommencer (Chap 5)

Se lever pour recommencer (Chap 5)
Auteur : tsuki

Source : The Gazette




Chapitre 5


Ruki entra dans la cuisine. Il s'approcha d'Uruha, encercla sa taille et lui chuchota à l'oreille :

-Ca va mieux ?
-Oui, ne t'inquiète pas.
-Bien sûr que je m'inquiète. Je sais que tu as pleuré tout à l'heure.
-Ruki je...
-Dis moi ce qui c'est passé.
-Rien.
-Ne me mens pas.
-Je ne peux pas te le dire...
-Ca va faire un mois qu'on est ensemble et tu ne me fais toujours pas confiance ?
-Si bien sûr, mais...
-Mais ? Au début je n'ai pas insisté quand tu nous as demandé de ne pas poser de question sur ton boulot alors maintenant j'aimerais savoir.
-Non, je ne veux pas.
-Uru s'il te plait. Et regarde-moi quand je te parle.


Ruki le fit se retourner.

-J'ai... j'ai les mains mouillées.

Le blond sourit, attrapa un chiffon et le passa sur les mains du guitariste.

-Merci.

Ruki prit Uruha par la taille et le serra fermement contre lui. Il passa une main dans ses cheveux puis plongea son visage dans le cou blanc de son amant.

-Je t'aime Uruha.
-Moi aussi.


Ruki releva la tête et embrassa langoureusement le guitariste. Uruha rompit le baiser.

-Pas ici, ils pourraient nous voir.
-T'inquiètes, Kai est dans la salle de bain et Reita est partis dans sa chambre.


Il reprit la bouche de son amant et l'invita à y laisser entrer sa langue. Uruha s'abandonna totalement au chanteur. Les mains expertes de Ruki frôlant ses hanches le faisaient frissonner. Le bruit de la porte lui fit relever les yeux et il put apercevoir Aoi entrer.

-Ruki est-ce-que-je...

Uruha se pétrifia. Aoi... pourquoi a-t-il fallut que ce soit toi qui pousse cette porte ? Ruki s'arrêta net et bredouilla quelques mots :

-Tu... tu voulais quelque chose ?
-Non ça, euh... ça ira...


Je fis volt face et partit dehors. De l'air, j'ai besoin d'air... Je marchais sans vraiment savoir où j'allais. Mes pas me conduirent dans un parc. Je m'assis près d'un arbre. La première chose qui m'avait fait peur était la possibilité qu'Uruha n'aime pas les hommes, mais je n'avais pas envisagé qu'il soit déjà avec quelqu'un.
Mais pourquoi ais-je l'impression que cela t'a gêné que je vous ais vu ? Est-ce-que par hasard tu aurais des sentiments pour moi ? Non, c'est stupide ! Tu as seulement dus penser que j'étais comme toutes ces personnes qui pensent que l'homosexualité ne devrait pas exister. Une voix familière me sort de mes pensées. Kai ? Il est en train de discuter avec un jeune homme blond.

-Je ne pensai pas que tu viendrais.
-Je n'avais pas vraiment le choix vu ce que tu avais marqué sur la lettre.
-Je vois que tu as l'air heureux de me revoir.
-...
-Ce n'est pas très gentil ce que tu as fais la dernière fois. On ne part pas de chez les gens sans prévenir.
-Je ne veux pas revenir.
-Pardon ?
-J'ai des amis maintenant et en plus je suis en collocation avec eux.
-Tu dis ça comme si tu avais le choix !
-...
-Allez ramène toi !


Le blond lui attrape le poignet et le tir vers lui. Il s'est rapprochai de son visage et lui a chuchoté quelque chose que je n'ai pas entendu. Il le suit sans protester. Je ne sais pas si je dois intervenir. Je le vois bien qu'il le suit à contre c½ur, mais ais-je vraiment le droit de m'interposer ? Non, mais je ne ferais pas la même erreur que la dernière fois.
Quand Uruha était en difficulté j'ai été incapable de réagir. Il a beaucoup fais pour moi, depuis le début, alors je l'aiderais. Je me lève et cours pour le rattraper. Ils sont sortis du parc et il l'a emmené dans une rue. J'ai le souffle court et mon c½ur s'accélère. J'arrive dans la rue et je cris pour qu'il s'arrête :

-Kai !
-Aoi ? Qu'est-ce-que tu fais ici ?
-Un... un simple... hasard...
-Comme quoi le hasard fait bien les choses ! C'est un ami à toi ?
-Non ! Pas... pas du tout !
-Dans ce cas, ça te poseras aucun soucis s'il nous accompagne ?
-Il... il n'a rien à voir là dedans !
- Ca ce n'est pas mon problème !
-Que lui voulez-vous ? Intervint le guitariste.
-On veut juste renouer les liens qui nous unissaient autrefois.
-Les liens ?
-Besoin d'un dessin, on dirait ! Si vous lui montriez de quoi je veux parler, les gars ?


Cinq hommes s'avancèrent et m'encerclèrent. Cette situation me mettait d'autant plus mal à l'aise car elle ne m'était pas inconnue. Mais cette fois je n'étais plus sous l'effet de la drogue et même si mon corps semblait encore faible, je pouvais me défendre.
Ma réflexion à peine terminée, un poing se dirigea dangereusement vers moi. Je l'esquivai et en redonnai un, tout en tâchant de ne pas rater ma cible.
Voyant un de ses camarades à terre, le plus baraqué me prit par le col et me mit une droite avec une force inouïe. Un autre me mit un coup de genoux. Je tombai le souffle coupé, à cinq contre un le résultat était courut d'avance. Je reçu un autre coup au visage qui me fit m'étaler au sol.

-Laissez-le ! protesta désespérément le batteur.
-Sois pas si pressé, ton tour viendra aussi.


Ma vision se troubla et, avant de fermer les yeux, je pus voir Kai tombait aux pieds du blond. Pardonne-moi, j'ai encore été impuissant. Décidemment, je ne sers vraiment à rien. Les ténèbres prirent mes dernières forces. J'ai froid... si froid. Mon corps est encore tout engourdit quand je reprends conscience. Je suis allongé sur un sol recouvert d'eau, ils ont passé une chaîne autour de ma cheville et l'ont accroché au mur. Kai est un peu plus loin. Lui aussi est enchaîné, il est recroquevillé sur lui-même et il sanglote.

-Kai ? Ca va ?
-Je suis tellement désolé... je ne voulais pas t'embarquer là dedans...
-Mais non ! Je t'ais suivi de mon plein grès.
-Pardon quand même...
-Tu les connais ?
- Oui... ce sont des anciens amis...
-Amis ?
-Oui...
-Ils ont une drôle façon de te montrer leur amitié.
-...
-Pourquoi est-ce-qu'ils te font ça ?
-C'est à cause de ce qu'il c'est passé il y a deux ans...
-Je t'écoute.
-A l'époque, je ne connaissais pas encore les autres et mes amis c'étaient les mecs que t'as vu dans la rue. Au début, je m'entendais bien avec eux, mais ils ont commencé à changer... ils passaient leur temps à se battre... à voler les gens... plein de chose que je supportais de moins en moins. Et puis il y a eu cette fille.
-Une fille ?
-Oui. On avait décidé de passer la soirée dans le parc et quand on est arrivé, il y avait une fille qui était assise sur le banc où on se mettait d'habitude. Ils ont commencé à la taquiner... et ça a mal tourné... elle a paniqué et a giflé celui qui lui tenait le bras. Ils l'ont frappé et... ils... je... j'ai essayé de m'interposer... j'ai rien pus faire...


Il n'arrivait plus à articuler. Les sanglots s'étaient transformés en larmes de douleur. Un poids énorme venait de s'enlever, il n'avait jamais parlé de cette histoire à personne. Pourtant, c'est tout les soirs que cet instant lui revenait en mémoire... les cris, ce visage affolé, ces mains cherchant de l'aide.

-Kai ?
-Ils l'ont violé... alors, j'ai fuis, lâchement... j'ai appelé la police et je, après... je n'ai jamais su ce qui lui était arrivé, je ne sais pas non plus comment ils ont fait pour ne pas se faire avoir. J'ai peur... j'ai toujours eu peur en faites.
- Peur de quoi ?
-De la croiser un jour. J'ai peur qu'elle se souvienne de moi... j'ai peur qu'elle est peur de moi.
-Mais tu n'es pas coupable ! Tu ne lui as rien fais toi !
-Justement ! Je n'ai rien fais... j'aurais dû l'aider au lieu de fuir.
- Tu as fais le bon choix.
-...


Des pas retentirent. Le garçon blond s'avança jusqu'à nous et s'arrêta devant le batteur. Il tenait un bidon.

-Pas trop froid fillette ?
-Laisse Aoi en dehors de ça, s'il te plaît.
-Mais bien entendu, il sera juste spectateur.
-Ne le touche pas ! coupa le guitariste.
- La ferme !


Il souleva le batteur par les cheveux, tel une poupée, et lui attrapa le visage.

-Tu nous as bien foutu dans la merde.
-Shuya...
-Je vais te rendre la monnaie ta pièce.


Il lui mit un violent coup de poing dans l'estomac. Kai tomba sur le sol le souffle court. Shuya dévissa le bouchon du bidon et versa son contenu sur le batteur suffoquant. Il s'accroupit et interrogea sur un ton qui ce voulait innocent :

-Est-ce-que tu sais ce que c'est ?
-...
-Je vais t'aider à comprendre.


Il sortit un briquet et l'alluma. Mon c½ur fit un bond dans ma poitrine.

-De l'essence.
-Shuya... fait pas ça...
-Ca fallait y penser avant d'appeler les flics.
-Shuya...
-Je veux t'entendre chialer. Je veux te voir te tordre de douleur.


Le blond fit glisser la flamme sur le sol. Tout alla très vite, les flammes se propagèrent et enflammèrent les vêtements du batteur.

-SHUYA !!!!!!!!

Mon cri fût recouvert par les hurlements de peur et de douleur de Kai. Impuissant, je suis impuissant ! C'est alors qu'un jais d'eau, sortit de nulle part, vint éteindre le feu meurtrier. Reita se précipita sur le corps blessé.

-Kai ! Tu m'entends ! C'est moi, c'est Reita ! Tiens le coup !

Il courut vers moi, sortit son portable, composa un numéro et m'ordonna :

-Appelles les urgences et occupe-toi de Kai !
-Attends ! Et toi ?!
-Moi j'ai deux ou trois trucs à régler ! Magne-toi !
-Ok.
Pendant que je donnais les coordonnées aux urgences, Reita revint près du batteur.
-Allez, accroche-toi ! Je vais le butter cet enfoiré.
-Non... Reita... s'il te plait... ne... ne fait... pas ça...
-Ta gueule ! Contente-toi de guérir !


Le bassiste se releva et courut hors du bâtiment. Son c½ur battait la chamade. Il ne cessait de penser à ce qui aurait pu se passer s'il ne les avait pas trouvés avant. Il avait vu Shuya sortir et ayant déjà eu affaire à lui dans le passé, il savait parfaitement où celui-ci contait se planquer. Il traversa la ville et en deux temps trois mouvements il se retrouva devant un grand hangar désaffecté. Il y rentra et trouva le blond entouré de trois autres gars.

-C'est toi Shuya ?
-Ouais. Mais à qui ai-je l'honneur ?
-A quelqu'un qui va te cogner.
-Serait-ce une menace ?
-Non, c'est un avertissement.
-J'aime pas tes grands airs.
-J'aime encore moins tes manières. Rétorqua le bassiste un sourire aux lèvres.
-On va te défoncer.
-On ? Le grand garçon que tu es ne sais pas se défendre tout seul on dirait.


Les quatre hommes se jetèrent sur lui. Animé par la colère, Reita esquiva les coups et mit K.O. ses adversaires. Il s'accroupit devant Shuya et lui dit :

-T'as de la chance que j'ai pas d'essence sur moi.
-T'es... t'es un ami à Kai ?
-Ouais et ce que tu lui as fait ça m'a pas vraiment plus.
-Il l'a mérité.
-Quand tu me dis ça, j'ai encore plus envi de t'exploser le crâne.
-...
-Ca te dit de faire un feu de joie ?
-Déconne-pas !
-T'es vraiment un bouffon.


Il se releva, attrapa une planche et l'assomma avec.

-T'es vraiment con.

Il sortit du hangar, fila dans une cabine téléphonique et appela la police.

***************

Ses yeux s'ouvrirent lentement sur une pièce aux murs blancs. Il tourna légèrement la tête et aperçu Aoi endormi sur un fauteuil, une serviette le recouvrant. Comment en étaient-ils arrivés là ? Tout était tellement flou, la seule chose qui lui revenait à l'esprit était cette douleur insupportable. Ces flammes parcourant son corps, cette peur étouffante... Reita. La porte s'ouvrit et laissa entrer trois personnes ne lui étant pas vraiment inconnu. Reita s'approcha du lit et murmura :

-Tu nous as fichus une sacrée trouille.
-Gomen.


Ruki et Uruha s'avancèrent à leur tour et constatèrent l'état de leur camarade. Le regard du guitariste se posa sur Aoi. Kai le remarqua et dit à l'intention de son ami :

-Je ne voulais pas l'embarquer dans cette histoire.
-Ce n'est pas ta faute, Aoi est du genre à se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.


Ruki comprit tout de suite que Uruha faisait référence à ce qui c'était passé quelques heures avant. Il était désormais sur que son amant n'était pas indifférent au guitariste brun.

-Les médecins nous on dit que tu pourrais bientôt sortir. Je suis arrivé juste à temps on dirait ! ^^
-Je te remercie beaucoup.
-C'est surtout tes jambes qui ont été le plus touché.


Un gémissement les fit tous détourner les yeux vers Aoi. Le bassiste sourit et lança :

-On se réveille enfin belle aux bois dormant ?

Tout le monde rit de bon c½ur. Tout le monde sauf toi... mon ange.

A suivre...

Aoi: O_O
Tsuki: Ba quoi?
Aoi: T'es une vrai sadique ma parole!
Tsuki: Mais non! ^O^

# Posté le samedi 08 décembre 2007 13:58

Modifié le samedi 08 décembre 2007 14:34

Se lever pour recommencer (Chap 6)

Se lever pour recommencer (Chap 6)
Auteur : tsuki

Source : The Gazette


Chapitre 6

Ton visage s'est encore faufilé dans mes rêves cette nuit. Tu me parlais de toi, de ce qui fait ta vie, de tes joies et de tes pleurs. Ils sont doux et dur à la fois, ces rêves...
Ne m'appartiendras-tu que dans ces moments là ? Je me lève et pars dans la cuisine. Ca fait maintenant une semaine que Kai a quitté l'hôpital. Une semaine que je ne sais plus comment me comporter avec toi. Ruki est partit travailler et Reita a prit des vacances pour s'occuper de Kai. Il est très attentionné.
Je n'ai trouvé qu'un petit job à mi-temps et aujourd'hui je suis en repos. Il n'y a personne dans la cuisine, mais ce n'est pas chose étonnante depuis quelques temps. Reita a prit l'habitude de faire manger Kai dans sa chambre et toi, je crois que tu as cessé de prendre le petit déjeuner. Tu n'es plus qu'une ombre. Tu m'évites un peu plus chaque jour et je n'ai plus entendu ta voix depuis trop longtemps. Cela doit s'arrêter !
Cette situation m'oppresse et c'est sûrement pareil pour toi. C'est décidé, aujourd'hui je vais te dire la vérité. Je me dirige vers ta chambre et j'entre sans frapper. Tu es allongé sur ton lit et tu sembles perdu dans de profondes pensées. Tu m'as entendu rentrer, et pourtant tu ne daignes même pas me regarder. Comme tu es froid. Je m'approche et je m'assoies sur le lit. Tes yeux semblent enfin m'avoir remarqué.

-Qu'est-ce-qu'il y a ?
-Je voudrais te parler.
-Si c'est à propos de ce que tu...
-Ecoutes-moi d'abord ! Coupais-je un peu sèchement.
-...
-J'en ai assez que tu m'évites sans arrêt.
-Je ne...
-Laisse-moi finir. Je n'ai rien contre le fait que tu aimes les hommes.
-...
-Mais je dois t'avouer quelque chose.
-Nani ?
-Voilà, depuis qu'on a commencé à parler ensemble, je n'ai pas put m'empêcher de constater que mes sentiments pour toi n'étaient pas ce qu'on a pour un ami.
-Où tu veux en venir ? demanda timidement le guitariste blond.
-Uruha je t'aime.


Le c½ur du blond manqua un battement.

-Aoi je...
-Oui je sais, tu es déjà avec Ruki.
-Je ne...
-Tu n'as pas à te justifier, je comprends tout à fait que tes sentiments ne soient pas réciproques. Mais je voudrais seulement qu'on arrête ce cinéma et qu'on redevienne de bons amis.
-Amis ?


Uruha blêmit. Même si son c½ur s'était tourné vers Ruki, ses pensées n'en demeuraient pas moins pour le brun.
Ruki ou Aoi ?
Il fallait faire un choix, mais lequel ? Toutes les questions s'entremêlaient les une aux autres et un long silence s'installa dans la pièce. Trouvant la situation intenable et le visage d'Uruha dangereusement pâle, je décidai de quitter la chambre. Une main me fit me rassoir et en une fraction de seconde tu m'avais tiré sur toi pour que nos lèvres se touchent. Ta bouche a ce goût sucré qu'ont les cerises en été. Ta langue caresse doucement mes lèvres, elle me somme de la laissé rentrer. Je lui cède le passage et nous entamons un ballet envoûtant. Tes mains passent sous mes vêtements et s'attardent sur mon dos. Suis-je en train de rêver ? J'ai peur que si je te touche, tu disparaisses. J'ai peur que mes mains passent au travers de ton corps, comme si tu n'étais qu'une illusion.
Mais mon désir est trop brûlant, alors je laisse mes membres agirent d'eux même. Mes doigts tremblant passe le long de ton corps, dessinent tes courbes. La passion que j'ai pour toi me dévore. Savoir que tu es mien me rends fou. Maintenant que je suis sûr que tout cela n'est pas un rêve, je conte bien en profiter.
Mais en ais-je seulement le droit ?
Je savoure chaque parcelle de ton corps. Mes mains se sont chargées de te retirer ton haut et je prends plaisir à mordiller les deux boutons de chairs sur ton torse. Nos corps enflammés se frottent, se caressent, s'appellent. Le désir brûlant qui parcoure mes membres t'habite aussi. Je veux te sentir encore plus près de moi mais je sens que tu n'es pas à l'aise. Tu as peur en faites. Mais ne t'inquiète pas mon ange, je serais doux. Je te déshabille et découvre enfin cette peau dont j'ai tant rêvé.
Tes mains tremblantes tentent de retirer mon pantalon. Je te rassure par de simple caresse et je t'aide pour te donner un peu plus confiance. Il n'y a plus aucune barrière entre nous. La tentation est trop forte, je n'en peux plus, alors je rentre en toi le plus tendrement possible. Tu pousses un cri de surprise et tu mords ta main pour te faire taire. Tu ne devais pas t'y attendre, je suis peut-être allé un peu vite, alors je t'embrasse, comme pour me faire pardonner.
Mes coups de hanches s'accélèrent. Je sens ton souffle contre mon coup et ton corps se cambre comme pour mieux m'accueillir à chaque fois. Je n'aurais jamais pensé que faire l'amour à un homme pouvait être aussi bon. Je sens la fatigue engourdir mes muscles, alors je me libère en toi et nous jouissons en parfaite harmonie. Je me retire et je m'étends à tes côtés. Je lèche ton cou où perlent quelques gouttes de sueur. Tu m'encercles la taille et te blottis un peu plus contre moi.

-Et maintenant ? Murmura le blond.
-Nani ?
-Qu'est-ce-qu'on va faire ?
-Tu parles de Ruki ?
-Oui...
-Je ne sais pas vraiment.
-Je l'aime... autant que je t'aime...
-On fera attention.
-Mais vis-à-vis de Ruki ce n'est pas très honnête, non ?
-Je sais, mais je ne vois pas d'autres solutions.
-...
-Et puis ce n'est pas pour te vexer, mais tu n'as pas été très honnête avec lui dès le début.
-Hein ?
-Par rapport à ton ancien boulot.
-Je... je lui manque vraiment de respect...
-...
-Lui qui est toujours aussi prévenant à mon égard... je suis un monstre...
-Ne dis pas ça.
-Et qu'est-ce-qu'il va dire si il apprend tout ça !


Il resserra son étreinte et fourra son visage dans mon cou. De toute façon, le mal était fait, on ne pouvait plus faire marche arrière. J'étais heureux qu'Uruha partage mes sentiments, mais maintenant il allait être tiraillé entre deux personnes. Il devrait faire un choix tôt ou tard. Le bruit de la porte d'entrée retentit et la voix de Ruki raisonna :

-Je suis rentré !

Uruha se leva d'un bond. Il s'empressa de remettre ses vêtements et m'envoya les miens en pleine figure. Il était plus qu'évident qu'à ce rythme là, il ne tiendrait pas longtemps. Le plus important c'était de paraître naturel. Hors là, Uruha faisait plus que paniquer ! Je me levai à mon tour et je rejoignis le salon afin d'accueillir le seul travailleur du jour.

-Ohayô !
-Bonjour Aoi.
-Bien bossé ?
-Ouais, mais je ne suis pas mécontent d'en avoir fini.
-Tu m'étonnes !
-Le déjeuner est prêt ?
-Euh...
-Me dis pas qu'avec quatre personnes ici il n'y en a pas un qui a pensé à faire la bouffe ?!
-Disons que...
-Il faut tout faire dans cette baraque !


Et il partit dans la cuisine. Uruha arriva en trombe.

-Il est de bonne humeur ?
-Non pas vraiment. ^^'


La voix du blond retentit de derrière la porte.

-Ba pourquoi tu m'as dit que vous aviez rien préparé ?!
-O_o'


Les deux guitaristes se regardèrent indécis. Ruki revint et embrassa le blondinet. Ce baiser le fit sursauter.

-Ruki... euh...
-Plus la peine de faire semblant, il est au courant maintenant.
-Oui... c'est vrai...
-Ca ne te dérange pas Aoi ?
-Euh... non.


Reita entra dans le salon, un plateau vide à la main.

-Salut tout le monde !
-Salut le vacancier ! répondit Ruki.
-C'est toi qui a préparé à manger ? demanda Uruha.
-Ouais ! Kai avait faim.


Les trois garçons restèrent bouche bais. Reita ne cuisinait jamais d'habitude et encore moins quand c'était pour les autres. Le bassiste reprit à l'adresse des deux guitaristes:

-En plus les gamins avaient l'air occupé donc j'ai pas voulu déranger.

Uruha vira rouge tomate pendant que je fusillai Reita du regard. Ruki nous regarda un instant puis partit dans la cuisine ne comprenant apparemment pas où voulait en venir le bassiste. Uruha agrippa mon bras et balbutia :

-Il... il nous a vu... on est fichu...
-Mais non !


Ruki s'assit à table et commença à manger.

-Tu manges pas avec les deux bakas ?
-Pas de quartier ! Si Kai n'avait pas eu faim il n'y en a pas un de vous qui aurait fait la bouffe !
-C'est sûr ! On était tous trop concentrés dans ce qu'on faisait !
-Toi à la limite, mais les deux autres je ne vois pas !
-Ah ! Ba, eux c'était plus profond. ^^
-O_o
-Bon je retourne voir le grand malade !


Il laissa Ruki qui était désormais en train de méditer sur ces dernières paroles. Il passa devant les deux guitaristes sans dire mot et fila rejoindre le batteur. Kai était allongé sur le lit et dormait profondément. L e bassiste s'avança doucement vers lui, lui mit la couverture dessus et s'assit pour l'observer. Il semblait si paisible ainsi.
Pourtant, il savait très bien que Kai était comme le plus fragile des enfants en ce moment. Et comme tous les enfants, le batteur faisait souvent des cauchemars. Alors il restait là, à veiller sur son sommeil, comme ça il serait sur que si ce petit garçon se réveillait en sursaut, il serait là pour le réconforter. Il chassa les quelques mèches de cheveux qui venaient chatouiller le visage de l'endormi. Il se pencha, lui déposa un baiser sur le front et lui chuchota :

-Dors bien petit séraphin.
-Merci ô grand gardien !


Reita recula de surprise et put voir un large sourire apparaître sur le visage du batteur.

-Baka !

Le batteur éclata de rire.

-Remarque, je suis flatté.
-Il n'y a pas de quoi ! Bouda le bassiste.
-Mais si ! Tu aurais put me qualifier d'ange, mais au lieu de ça tu m'as attribué le grade de séraphin ! C'est pas rien ! Je ne savais pas que tu t'y connaissais ?
-J'ai dis ça pour rire ! Je savais même pas ce que ça voulait dire !
-Bien essayé !
-Baka !
-Alors je suis un séraphin baka !


Et il rit de plus belle. Reita lui envoya un coussin dans la tronche pour le faire taire.

-On frappe pas un malade !
-Bien essayé !


Le batteur attrapa un oreiller à son tour et le lança sur son adversaire. Le bruit de la bataille de polochon vint vite aux oreilles des guitaristes qui, curieux, allèrent dans la chambre du bassiste pour constater la situation. En voyant Reita brandir le coussin sur Kai, Uruha se précipita pour l'arrêter.

-Reita grosse brute ! Le médecin a dit qu'il avait besoin de repos, pas de coup d'oreiller !
-Il joue la comédie depuis trois jours ce baka !!!!
-Nani ?
-Le croît pas ! Il raconte que des craques ! Pleura Kai.


Mais Reita eut vite fait de faire gicler le gêneur et le guitariste blond se retrouva au sol. Conscient qu'il ne faisait pas le poids, il leva les yeux, sortit un mouchoir blanc, le secoua et annonça :

-J'abandonne.

Aoi qui était resté spectateur jusque là, se lança dans la bataille. Il sauta sur Reita sous les acclamations du batteur. Comprenant qu'une main pour se débarrasser de son adversaire ne suffirait pas cette fois, le bassiste balança son coussin sur Kai, chopa le guitariste par le bras et l'envoya rejoindre Uruha.
La chute aurait été plus critique si elle ne c'était pas faites sur le blond qui se retrouva coincé sous le corps de son aîné. Ce qui n'était pas non plus pour lui déplaire. Le brun releva la tête et sourit. Il s'approcha de l'oreille du blond et lui murmura :

-Ca fait deux fois qu'on se retrouve comme ça aujourd'hui.

Les joues du blondinet virèrent automatiquement au rouge.

-Vous vous amusez bien ?

Toutes les têtes se tournèrent vers la porte où se tenait Ruki. Le batteur se releva tant bien que mal et dit :

-C'est Reita qui a commencé !

Pour toutes réponses, il reçu un coup de polochon sur le crâne de la part du bassiste. Aoi se leva et sortit de la chambre en balbutiant :

-Je... je vais... ranger la table de... de la cuisine.

Le chanteur le laissa passer et regarda les trois autres. Uruha s'assit et demanda :

-Tu as bien mangé ?
-Oui merci !
-C'est important de faire un bon repas qu'en on travaille ! clama le batteur.
-Toi, au lieu de dire n'importe quoi, tu vas me faire le plaisir de te coucher et de te reposer comme le médecin l'a dit.
-Mais euh ! Je suis plus malade !
-Il a dit dix jours au lit maximum avec le moins d'effort possible pour laisser les plaies cicatriser !


Kai obéit sur le champ.

-Quand à toi Reita tu vas me ranger tout se bordel !
-Pourquoi moi ?
-Parce-que c'est toi qui est responsable de Kai et donc de sa chambre.


Le bassiste ne répondit pas. Il était en tort dans tout les cas et il ne valait mieux pas mettre le chanteur plus en colère qu'il ne l'était déjà.

-Uruha !
-Nani ?
-T'as un job à trouver, non ?
-Euh... oui.
-Alors au boulot !


Le guitariste obéit et fila dans sa chambre. Ruki jeta un dernier coup d'½il à la chambre puis repartit vers la cuisine. Kai se rassit dans le lit et regarda Reita qui s'affairait à ranger. Se sentant observé, le bassiste se retourna et demanda :

-Quoi ?
-Tu t'es fait avoir.
-Pourquoi ?
-Ruki a dit que tu étais responsable de moi et donc de MA chambre.
-Et alors ?
-On est dans ta chambre, non ?
-... Tilt
-Mouhahaha !
-Vas-y marres-toi ! De toute façon ça aurait rien changé.
-Pourquoi ?
-Ba c'est ma chambre, donc j'aurais quand même dus la ranger.
-Euh... ouais.
-Alors ? C'est qui le baka ?
-Ok, tu marques un point !
-Reita the winner !
-Euh... je te remercie.
-Nani ?
-Tu t'es beaucoup occupé de moi ces derniers temps et je trouve ça sympa.
-C'est parce-que qu'au fond je t'aime bien. ^^
-Merci... ça me touche... beaucoup.
-Arrêtes ! Tu va me faire rougir grande folle !
-Imbécile !


Kai se recoucha et finit par s'endormir. Reita termina de ranger, attrapa sa bass et s'assit dans un fauteuil. Il joua quelques morceaux qu'il avait lui-même composé puis s'arrêta pour contempler le visage endormi du batteur.

-Un jour, je te le dirais avec des mots... mais laisse moi encore un peu de temps...

Kai tourna la tête et ronchonna dans son sommeil. Le bassiste sourit.

-Mon petit séraphin.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 14:19

Modifié le mercredi 21 mai 2008 03:19

Se lever pour recommencer (Chap 7)

Se lever pour recommencer (Chap 7)
Auteur : tsuki

Source : Les beaux gosses de the Gazette !


Chapitre 7


Ruki se dirigea vers la cuisine d'un pas sûr. La situation était devenue plus qu'alarmante, il fallait y mettre un terme. Après tout il n'était pas dupe. Uruha avait changé et il en savait pertinemment la raison. Il poussa la porte et, sans bruit, s'approcha d'Aoi qui s'affairait à ranger la table.

-Je peux te parler ?

Je me retournai et me retrouva nez à nez avec Ruki. Il s'avança un peu plus, m'obligeant à reculer contre la table puis posa ses mains sur celle-ci de part et d'autre de mon corps pour pouvoir me dominer. Je me sentais étrangement petit d'un coup. Il me regardait droit dans les yeux sans dire un mot. Il leva sa main droite et fit glisser son doigt sur mes lèvres. Il se rapprocha encore et me chuchota à l'oreille :

-Chut.

Son index descendit le long de mon cou, de mon torse puis termina sa course sur ma hanche.

-Est-ce-que c'est comme ça que tu l'as séduit ?
-Je... je ne vois pas de quoi tu parles.
-Tu es sûr ? Je peux être plus explicite si tu veux ?
-Ruki tu te...


Il m'emprisonna les lèvres et passa ses mains sous mon t-shirt. Mais à quoi joue t-il ? Je tentai de lui demander d'arrêter mais il en profita pour approfondir le baiser. Il daigna enfin me lâcher et me demanda :

-Est-ce-que tu aimes Uruha ?
-Mais non voyons !
-Je veux en être sûr !
-Et comment tu comptes t'y prendre ?
-D'une manière ou d'une autre.
-Ma parole ne te suffit pas ?
-La parole d'un drogué n'a pas grande valeur.
-Je pensais que ça n'avait aucune importance pour toi.
-Depuis que tu tournes autour de lui, si.
-Je t'ais dit qu'il n'y avait rien !
-Permet moi d'en douter.


Sentant que la situation m'échappait, je décidais de me retirer de la cuisine. Je devais en parler à Uruha. Si nous voulions continuer à nous voir alors il faudrait redoubler de vigilance. J'entrais dans sa chambre sans frapper et je l'empoignais. Il eut à peine le temps d'enfiler ses chaussures que nous étions dans le parc.

-Aoi ! Ne me tire pas comme ça ! Tu vas finir par déchirer ma chemise !

Je le fis s'asseoir sur un banc et lui expliqua :

-Ruki a des doutes.
-Déjà !
-Oui et il me l'a bien fait comprendre.
-Non, non et non ! Tu avais dit que si on restait naturel, tout irait bien !
-Mais je n'avais pas prévu que Reita en dise autant !
-Qu'est-ce-qu'on va faire ?


Il commençait réellement à paniquer et avait les larmes aux yeux. Je le rejoignis sur le banc et le serra dans mes bras pour le rassurer.

-Il faut simplement qu'on ne fasse plus un seul faux pas.
-J'ai peur. Cette situation est trop compliquée. Je ne veux pas vous perdre, je tiens trop à vous.
-Je sais.


Je l'étreignis un peu plus. Il glissa ses mains sous mon haut et déposa un doux baiser dans mon cou. Nous sommes restés plus d'une heure à parler puis nous sommes rentrés. Tu es parti dans ta chambre et moi dans celle de Kai. En passant dans le couloir, j'ai vu Reita qui dormait à moitié sur le lit où était couché notre malade. Je m'étalai sur le lit et m'endormi aussitôt. Sûrement trop tôt, puisque je ne t'ai pas entendu rentrer dans la chambre, ni t'asseoir à côté de moi.

-Aoi... Comme j'aimerais que tout soit plus simple.

Uruha se releva et sortit ne voulant pas réveiller l'endormi. Il se dirigea vers sa chambre, ouvrit la porte et s'arrêta net en constatant que Ruki l'attendait, assis sur son lit.

-Tu es allé border Aoi ?
-Non... pourquoi tu dis ça ?
-Pour rire.
-Ah... euh tu, tu voulais me parler alors ?
-Non. J'ai le droit de venir voir celui que j'aime sans raison, non ?
-Si bien sûr.
-Et est-ce-que celui que j'aime daignerait venir me faire un câlin ?


Le guitariste acquiesça d'un signe de tête et rejoignit le blond. Il se glissa sous les draps et se colla au chanteur qui le prit dans ses bras. Il l'aimait tant cette étreinte réconfortante, et savoir qu'un jour il risquait de ne plus y avoir droit... cela le rendait de plus en plus perplexe. Il attrapa le bras du chanteur et le serra comme pour l'empêcher de le quitter.
Ruki lui releva le menton et l'embrassa. Il passa une main dans la chevelure du guitariste tandis que l'autre se faufilait sous ses vêtements afin de caresser cette peau qu'il aimait plus que tout. Uruha avait de plus en plus de mal à garder son sang froid.
Il ne savait pas comment se comporter. D'après Aoi, Ruki avait des doutes et pourtant il faisait comme si de rien n'était. A par peut-être sa première question un peu sarcastique mais n'importe qui aurait pus plaisanter à ce sujet. Oui mais voilà, ce n'était pas n'importe qui... Sentant le guitariste soucieux, le chanteur rompit le silence :

-Si quelque chose ne va pas, tu peux m'en parler tu sais ?
-Oui... je sais...
-Donc, tout va bien ?
-C'est que j'ai peur de... de mal faire les choses.
-Quel genre de choses ?
-Eh bien, je... je ne sais pas. Quand je suis avec toi, j'ai peur de faire quelque chose qui pourrait de vexer ou pire, te blesser !
-Tu n'as rien fait de tel jusqu'à présent, et même au contraire, tu as toujours été là pour moi et tu m'as toujours satisfait dans quelque domaine que ce soit.
-Oui mais...
-Tu n'en es pas persuadé ?
-Pas... pas vraiment. Je crois que tu me surestimes.
-Mais non !
-Je ne suis pas aussi parfait que tu le dis.
-En tout cas tu ne m'as jamais déçu.
-Tu... tu te trompes !
-Jusqu'à preuve du contraire j'ai raison ! C'est plutôt toi qui te sous-estime, et je peux aisément te le prouver !
-Je... je ne vois pas comment.
-Me suis-je plains au moins une fois après que nous ayons fait l'amour ?
-Ca... ça n'a rien à voir, et puis tu n'es pas forcé de tout me dire.
-J'ai toujours été honnête avec toi et je le resterais quoi qu'il en coûte !
-Je... je ne...
-Si les mots ne suffisent pas...


Il s'assit et retira ses vêtements. Puisque le guitariste ne semblait pas vouloir entendre raison, il allait tout faire pour le faire changer d'avis. Il s'avança un peu plus et se mit à califourchon sur le blondinet qui paraissait de plus en plus gêné.
Ruki fit glisser ses mains habiles sur le corps qui s'offrait à lui, puis déboutonna lentement la chemise qui faisait obstacle à cette peau si douce. Puis doucement, il descendit entre ses cuisses pour retirer le pantalon qui devenait encombrant. Il releva la tête et sourit.

-Avec ça, tu vas changer d'avis mon poussin, c'est sûr.

Uruha rougit violemment. Ruki le mit dos à lui et lui caressa les hanches. Le guitariste sentit une main glisser sous son boxer puis un doigt glisser en lui. Il tenta vainement de retenir un gémissement.

-Ruki... ah... ce n'est... ah...
-Laisse-toi simplement faire.


Il introduit un deuxième doigt et Uruha gémit de plus belle. Le chanteur rit et demanda :

-Tu veux poussin ?
-Ah... ii yo... ah...


Le poussin abandonna toutes résistances et retira son boxer. Trouvant le jeu amusant, Ruki encercla la taille du guitariste et se frotta langoureusement contre lui tout en laissant aller sa langue sur sa colonne. Puis il caressa le membre durcissant de manière à faire un peu plus languir son poussin. Uruha, haletant, tenta de faire cesser cette douce torture entre deux gémissements :

-Ruki... ah... ar... arrête de... ah... jouer...
-Comme tu voudras poussin.


Il cessa les caresses et tira le bassin à lui. Ruki laissa échapper un râle tandis qu'Uruha essayait de contenir ses gémissements. Le chanteur accéléra le rythme de ses vas et viens. Ne pouvant se retenir plus longtemps, le blond se libéra en son amant qui s'effondra sous le poids de la fatigue. Ruki remit le drap sur le corps frêle et tremblant de son poussin puis le laissa se blottir contre lui. Il déposa un doux baiser sur le front en sueur du guitariste et chuchota à son oreille :

-Tu vois bien que tu ne me décevras jamais.
-...
-Je t'aime tant mon poussin.


Il lui mordilla l'oreille et s'endormit. Uruha fit de même tant il était épuisé. Son sommeil fut agité, parsemé de cauchemars. Des cauchemars où Ruki l'abandonnait, des cauchemars où Ruki découvrait la vérité. Des cauchemars à en perdre la raison... Il se réveilla en sursaut et constata qu'il n'était que quatre heure du matin. Ruki dormait toujours profondément et il entreprit d'aller grignoter quelque chose. Il passa devant la chambre de Reita et aperçut le bassiste qui dormait aux côtés du batteur qui s'amusait avec les cheveux de l'endormi. Uruha se faufila dans la chambre et interpela Kai :

-Tu dors pas ?

Le batteur manqua de faire une crise cardiaque. Il se reprit et répondit naturellement :

-Nan, et toi ?
-J'ai faim.
-Ah ! Aoi aussi avait faim il y a une heure. Sourit le brun.
-Vraiment ?
-Si je te le dis !
-Bon je te laisse avec ta belle aux bois dormant.


Kai reporta son attention sur le bassiste. Uruha tourna les talons et partit dans la cuisine. Comme il s'y attendait, il trouva le guitariste brun assit à la table. Il était en train de manger une pomme et semblait plongé dans de profondes pensées. Uruha s'approcha silencieusement, enlaça les épaules du brun et lui chuchota :

-Les enfants ne devraient pas veiller aussi tard.
-Mais que fais-tu debout dans ce cas ? Rit le brun.
-Mais euh ! Pourquoi t'as toujours réponse à tout !
-C'est comme ça !
-T'arrives pas à dormir ?
-Non, j'ai trop de chose dans la tête.
-Ah ! Moi aussi.
-J'avais envi de prendre l'air.
-C'est un peu tard pour prendre l'air, non ?
-...
-Je peux t'accompagner si tu veux ?
-Avec plaisir.


Ils enfilèrent une tenue plus approprié pour sortir et quittèrent main dans la main l'appartement silencieux. Silencieux certes, mais pas aveugle... une ombre se dessina dans l'entrée où manquaient deux pairs de chaussures... celles des deux guitaristes.

-Finalement, c'est toi qui joue avec moi.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 14:24

Modifié le samedi 08 décembre 2007 14:35

Se lever pour recommencer (Chap 8)

Se lever pour recommencer (Chap 8)

Auteur : tsuki

Source : The Gazette



Chapitre 8 (le dernier !)

Sentir ta présence en cette nuit de pleine lune me rends si heureux. Le parc est silencieux comme jamais et j'ai l'impression que le monde nous appartient ce matin. Toi et moi, main dans la main comme dans mes rêves. Laisse-moi profiter de cet instant, laisse-moi t'admirer encore une fois. Ta peau sous le clair de lune est un spectacle donc je ne peux me passer. Cette balade semble te faire autant de bien qu'à moi.
Nous nous arrêtons un instant devant une fontaine. Tu montes sur le rebord et tu tombes maladroitement dedans. Je n'ai pas eu le temps de te rattraper. Tu me regardes et tu ris. Tu ris comme un enfant. Tu te relèves et vas dessous l'eau qui tombe à flot. Quel gamin ! Tu as remarqué mon sourire et tu me jettes de l'eau. Tu lèves les bras et cours vers moi en criant :

-Je veux un câlin !
-Ne m'approche pas !


Une vraie course poursuite s'engage. Mais malheureusement pour toi, je connais ce parc comme ma poche. Je ne compte plus les fois où j'y jouais de la guitare alors que je ne vous connaissais pas encore. Par ici, par là, je tourne et hop je t'ai semé. Je m'allonge sur l'herbe pour reprendre mon souffle. C'est si facile de jouer quand on est sûr de gagner ! Je prends appuis sur mes coudes et j'observe les alentours. J'espère qu'il ne s'est pas perdu ?! Une main me tira violement en arrière et me couvrit la bouche. Un homme se plaça devant moi et dit :

-Moi qui pensais que t'avais fini par crever ! En faites tu te portes plutôt bien !

Mon estomac se noua. Il s'accroupit face à moi faisant signe aux trois hommes qui l'accompagnaient de ne pas me lâcher.

-Tu sais que tu me dois encore beaucoup d'argent ?

Il sortit un poignard et le fit glisser le long de ma gorge. Il me regarda de haut en bas puis ricana.

-Sauf si tu préfères payer en nature bien sûr ?

Ils libérèrent ma bouche pour que je puisse répondre. Je pris une grande inspiration et annonça sur un ton de défi :

-Plutôt crever !

Je reçu une claque en retour et ils me couvrirent à nouveau la bouche. Ils me forcèrent à m'agenouiller devant lui.

-T'as l'air de penser que t'as le choix !

Il s'approcha et déchira mon t-shirt avec son arme. Il prit un bout du vêtement et me l'accrocha autour du bras. Il me regarda et sourit. Non ! Il fouilla dans sa veste et en sortit une seringue. Je tentai de me débattre mais les trois autres me tenaient fermement.

-Et vous ! Lâchez-le !

Le guitariste encore trempé et essoufflé apparût. Il s'avança vers le groupe d'homme et donna un coup de pied dans la main qui tenait la seringue. Une fois l'objet à terre, il l'écrasa. Voyant que les agresseurs ne bougeaient pas, Uruha s'énerva :

-Je vous ais dit de le lâcher !

L'homme qui était accroupit en face d'Aoi se releva et fit face au nouvel arrivant. Il s'approcha de lui et éclata de rire en voyant la carrure de son adversaire. Il tourna la tête vers Aoi et dit :

-Tu as une amie très intéressante !

Le blond réagit aussitôt et envoya son poing sur cet homme. Il n'atteignit malheureusement pas son but. L'homme avait attrapé son poignet et le tenait fermement.

-Et maintenant ? Qu'est-ce-que tu comptes faire ?
-Lâche-moi !
-Tu sais à qui tu parles ?
-Non et j'en ai rien à foutre !
-Shikkata arrêtes ! Coupa Aoi.


Un des gars lui donna un coup pour le faire taire. Shikkata reporta son attention sur le blond.

-Mais c'est qu'il tient à toi le petit.

Il tira Uruha contre lui et l'embrassa violement tout en parcourant son dos avec la lame du poignard. Sentant l'arme contre ses côtes, le guitariste se laissa faire. Shikkata fit en sorte qu'Aoi ne puisse pas voir le poignard pour que l'impuissance du blond passe pour de la consentance. Il lui défit sa chemise et passa sa main libre sous le pantalon de la victime.
Des larmes d'incompréhension coulèrent sur les joues du brun qui tentait de se convaincre que tout ceci n'était qu'un cauchemar. Uruha tenta de le repousser, mais le bourreau ne fit que resserrer sa prise en prenant soin d'enfoncer la pointe de l'arme dans la chair de son, désormais, jouet. La douleur lui fit pousser un gémissement qui passa, pour la plus grande satisfaction de Shikkata, pour un gémissement de plaisir. L'homme arrêta un instant et s'adressa au brun désespéré.

-Finalement c'est peut-être mieux que ce soit lui qui paye à ta place.

Il approcha sa bouche de l'oreille d'Uruha et lui chuchota sur un ton menaçant :

-Tu as intérêt à jouer le jeu.
-Qu'est-ce-que tu comptes faire ?
-C'est juste pour rigoler.
-...
-Peut-être que la prochaine fois il y réfléchira à deux fois avant de me prendre pour un con.


Il déboutonna le bas du guitariste, passa sa main sous le boxer et entama les caresses tout en jouissant de l'impuissance des deux hommes. Il le fit reculer, le plaqua contre un arbre et plaça le poignard contre le ventre du blond. Il se pencha sur lui et lui sussura :

-Embrasse-moi.
-Nani !
-C'est un ordre !


Et il enfonça la pointe dans la peau fragile. Uruha poussa un cri de douleur et obéit malgré la peur qui le tenaillait. C'est alors que le brun aperçut de fines larmes sur les joues du guitariste. Comment avait-il pus douter de lui ? La peur peut-être ? Ce qui était sûr c'est que Uruha souffrait et qui plus est de par sa faute ! Il lui fallait agir, mais comment ?! Une voix résonna dans l'ombre, tel le glas :

-Je vous conseille de quitter les lieux sur le champ !

Shikkata s'arrêta net et tenta de voir qui venait de parler.

-Et à qui avons-nous l'honneur ? Clama t-il comme pour se rassurer lui-même.

Aucune réponse ne fit connaître. Uruha en profita pour tenter une fuite, mais Shikkata eu vite fait de l'en dissuader. Il lui mit une violente claque qui l'envoya au sol. Le guitariste n'eut même pas le temps de se relever que quelqu'un c'était placé devant lui et avait asséné un coup de pied à l'homme qui le maltraité. Le c½ur d'Uruha manqua un battement quand il reconnu son sauveur.

-Ru... Ruki...
-Il est un peu tard pour se promener, non ?
-Gomen...
-Et il est un peu tard pour des excuses aussi.


Il l'avait dit sur un ton monocorde, un ton remplis de tristesse et d'amertume. Malgré ça, il releva le guitariste et fonça sur les trois hommes qui tenaient toujours Aoi. Celui-ci avait reçu plusieurs coups et était dans l'incapacité de bouger. Uruha se précipita sur lui pour l'aider à s'éloigner de la bagarre. Les deux guitaristes furent surpris de constater que leur chanteur était plus que redoutable. Une voix rauque retentit de derrière eux :

-Crève !

Shikkata lança son arme sur Ruki. Le guitariste blond se releva d'un coup et courut rattraper le chanteur qui s'effondrait.

-Ruki !

Alors qu'il essayait de se calmer, il sentit une main lui tirer la tête en arrière. Shikkata se baissa à hauteur du corps inerte.

-Ca doit faire mal.
-Lâche-moi ! Il... il faut appeler une ambulance.
-Je t'en pris.


Il retira le poignard du ventre de Ruki et se dirigea vers ses trois compagnons qui c'étaient regroupés autour du guitariste brun. Uruha les vit sortir plusieurs objets mais la panique l'empêchait de bien les discerner. Ils se relevèrent et partirent du parc comme si de rien n'était. Instinctivement, le blond attrapa son portable et composa le numéro de Reita. Après une attente qui lui sembla une éternité, le bassiste décrocha à bout de souffle.

-Na... nani ?
-Reita ! Tu dois appeler une ambulance ! Ruki est blessé et Aoi... Aoi est... est inconscient ! Qu'est-ce-que je dois faire ? J'ai peur ! Ruki perd du sang et je... je sais pas quoi faire...
-Calme-toi ! Dis-moi d'abord où vous êtes.
-Dans le parc... pas loin de la grande fontaine...
-Ok ! Essais de garder ton calme, moi je m'occupe d'appeler des secours et j'arrive tout de suite.
-D'accord.


Il raccrocha et s'empressa de prévenir les urgences. Uruha resta un moment à écouter si quelqu'un d'autre allait reprendre le téléphone et à nouveau lui parler, mais c'était chose vaine. Il se sentait horriblement seul et le seul bruit se faisant entendre était la respiration saccadée du chanteur. Il aurait voulu voir si Aoi aller bien mais il craignait de lâcher le corps de Ruki. En pleure, il tenta d'appeler le brun.

-Aoi ? Aoi, s'il te plait... dit quelque chose... n'importe quoi...

Mais aucune réponse ne se fit connaître. Le blond prit son courage à deux mains et se releva en prenant soin de ne pas trop faire bouger Ruki. Celui-ci, ne sentant plus la présence du guitariste, supplia :

-Uru... ha... ne... ne me laisse pas...
-Je... je ne m'en vais pas. Les secours arrivent.
-Ne me... laisse... plus...
-Hai !


Uruha se rassit à ses côtés et lui teint fermement la main. Un bruit lui fit détourner la tête. Aoi venait de bouger.

-Aoi ? Daijobu ?
-J'ai... j'ai la... la tê... tête qui... tourne...


Il prit appuis sur ses bras et regarda autour de lui.

-Aoi ? Aoi, ne... ne bouge pas trop.
-Je ne... me... sens pas... pas très bien.


Tous tournent tellement vite. Je ne contrôle plus rien, j'ai des nausées. Mon c½ur bat si vite, j'ai envi de vomir. Ruki saigne... pourquoi ? Je ne me souviens plus... où sommes-nous ? J'ai peur, mon corps tremble. J'ai froid... si froid... que m'arrive t-il ? J'ai comme un n½ud à l'estomac... tout est flou. Je viens de vomir... Je n'ai plus la force de tenir sur mes bras... je m'écroule. Une chaleur... je la sens. C'est toi mon ange ?
Pourquoi est-ce-que tu pleures ? Ne parles pas si vite, je ne comprends pas. Si tu me tiens dans tes bras c'est qu'il y a une raison... je crois que je viens de comprendre. Je ne pensais pas qu'un jour j'en viendrais à me dire que je n'ai pas envi de partir. Moi qui avant avais tant souhaité quitter cet endroit. Les tremblements se font plus violents. Je veux rester avec toi mon ange... je sens des larmes coulaient sur mes joues... mais je ne sais plus très bien si se sont les miennes ou les tiennes ? A croire que je deviens fou... fou de toi ?
Tous ces vertiges m'éloignent de ta douce chaleur. Je n'aurais jamais cru que le monde pouvait s'éteindre... mais ne serais-ce pas plutôt moi qui m'éteins à petit feu. Je dois te dire quelque chose avant de partir.

-Uru... Uruha...
-Hai ! Aoi tient le coup ! Tu m'entends ? Les secours arrivent ! Tu... tu les entends ?
-Iie. Tu... tu es...
-Ne parle pas ! Ils vont te soigner !
-Ecoute-moi... s'il te... plaît...
-Na... nani ?
-Tu es vrai... vraiment la plus belle chose qui... qui me soit arrivé...
-Pourquoi tu dis ça imbécile ?!
-Ruki t'aime beau... beaucoup, alors je sais qu'il... qu'il prendra soin de toi.
-Baka ! Dis pas des choses comme ça ! Tu vas t'en sortir !
-J'aurais aimé t'entendre jouer... de... ma guitare encore une fois.
-Iie ! La ferme ! On jouera demain !
-Je suis désolé... je t'aime vraiment...
-Yamete !


Je trouve dommage de voir s'éteindre toutes ces choses... de les voir s'éteindre sans se rallumer. Seras-tu aussi beau de là haut ? D'autres voix ? Reita ? Kai ? Je suis heureux... finalement je vous verrais tous une dernière fois avant de partir.
Me perdre dans la douceur de vos bras et me noyer dans tes yeux... c'est peut-être ce que j'ai toujours désiré au fond. Mais tout de même... c'est un peu tôt... j'aurai voulu aider Reita à exprimer ces sentiments pour Kai. J'aurai voulu demander pardon à Ruki... et j'aurai voulu te serrer encore une fois dans mes bras.
Ton c½ur ne m'appartient plus... mais sache que je serais toujours là pour te protéger... d'une façon ou d'une autre. C'est stupide, mais maintenant, alors que je suis à la fin, je repense au début. Ce début ou vous n'étiez pas encore présent. C'est bizarre mais, je me demande si papa et maman vont bien ? Si dès fois ils pensent encore à moi, leur fils... et à cet instant ? Chers parents... votre fils est mort... et après ?
Arigato.

OWARI!

Aoi: O_o
Tsuki: ^^
Aoi: Mis tu m'as fais crever ?!
Tsuki: Viiiiiiiiiiii !!!
Aoi: Saleté! >.<

# Posté le samedi 08 décembre 2007 14:33