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Se lever pour recommencer (Chap 3)

Se lever pour recommencer (Chap 3)

Auteur : tsuki

Source: The gazette

Se lever pour recommencer


Chapitre 3


-Le petit dèj' est prêt !

8h30. J'avais oublié combien un lit pouvait être confortable et chaud. Je me lève malgré la douleur encore présente. Quand j'arrive dans la cuisine, ils sont déjà tous en train de débarrasser leur place. Kai s'avance vers moi et m'explique :

-On doit aller bosser, Uruha ne travaille pas aujourd'hui donc si tu veux quelque chose tu lui demandes.
-Ok.


Ruki attrape sa veste et me demande :

-Tu as bien dormis ?
-Oui, merci.
-Je t'ai préparé deux ou trois trucs comme je ne connais pas tes goûts !
-Merci c'est gentil.
-Allez, ou on va être en retard !


Reita m'adresse un rapide signe de la main et sort de la cuisine. Kai et Ruki firent de même et tout trois quittèrent l'appartement.
Après plusieurs minutes d'attente je me décide enfin à manger. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris un petit déjeuner comme celui-ci.
Le son d'une guitare sèche attire mon attention. Je me lève et pars en direction du bruit. Mes pas s'arrêtent devant ma chambre, enfin, c'est plutôt celle de Kai. Je me glisse à l'intérieur sans faire le moindre bruit.
Uruha est assis sur le lit et joue avec ma guitare. Il ne m'a pas vu, sans doute est-il trop absorbé... Ces gestes sont d'une douceur incroyable, il pose ses doigts sur les cordes pour les faire chanter. Quand je reconnais le morceau qu'il joue, c'est mon corps tout entier qui vibre. C'est une de mes compositions, il les a sous les yeux.
Quel bel ange...
Il est étrange ce sentiment qui m'envahit, ce sentiment de bien-être qui remplit mon corps petit à petit. Tu t'arrêtes de jouer. Tu m'as remarqué.

-Excuse-moi, je n'ai pas osé te demander si je pouvais te l'empreinter.
-Non ce n'est pas grave ! Tu joues bien.
-Merci. Elles sont de toi ?


Il montre mes compositions du doigt.

-Oui.
-C'est sympa, moi aussi je compose un peu.
-Tu me montres ?
-Si tu veux...


Je vais le rejoindre sur le lit et il commence à jouer. Les notes parlent d'elles même. C'est une mélodie douce et remplie de larmes. Elle est triste cette chanson, je le sens, je l'entends. Mes yeux se posent sur toi un instant. L'expression de ton visage a changé, il s'est renfermé.
Tu vis chaque note, n'est-ce-pas ?
Ton regard s'est arrêté sur le mien... tes yeux... je m'y noierais.
Tu as terminé ton morceau, pourtant le temps semble s'être stoppé au moment où tu m'as regardé. Je me détache enfin. Tu souris et me demandes :

-Tu as aimé ?
-Oui.
-Et si tu me montrais comment tu te débrouilles ?
-OK !


Tu me passes la guitare et c'est à mon tour de te faire rêver. Mes chansons sont mélancoliques mais pas aussi triste que les tiennes. Une sonnerie de portable me fait faire une fausse note. Tu cherches dans tes poches, t'excuses et décroches en râlant.

-Moshi moshi ?
-Viens ce soir !
-Mais vous m'aviez dit que je ne travaillerais pas aujourd'hui !
-J'ai changé d'avis, viens à 21h00 !
-...
-Ne soit pas en retard, c'est une personne importante !
-Très bien.


Tu pousses un soupir en raccrochant. Ce coup de fil t'a contrarié puisque tu fronces les sourcils d'un air qui se veut méchant. Je pose la guitare et tente le dialogue.

-Tout va bien ?
-Ne ?
-Tu n'as pas l'air dans ton assiette.
-C'est rien ! Un imprévu, c'est tout.


Tu te lèves et pars dans la salle de bain. La journée risque d'être longue. J'attrape le journal qu'il y a sur la commode et je cherche dans les annonces. Je m'allonge, et je pousse un gémissement de douleur. Mes côtes sont encore douloureuses.
Les évènements d'hier refont surface petit à petit, l'argent, les coups, la drogue... ma veste !
Je sors du lit et cherche dans la chambre. Aucune trace. Je m'assois pour me calmer et je me mets à réfléchir à voix haute.

-Je ne l'avais plus quand je me suis réveillé, mais je l'avais quand Kai m'a trouvé...

Je fais les cents pas dans la pièce.

-Elle était sale... il a du la mettre au sale ! Oh, non !

Je cours vers la salle de bain pour regarder dans la panière de linge sale. J'ouvre la porte et fouille à une vitesse digne des plus grands sportifs. Je n'ai pas remarqué qu'il y avait de la bué. Je trouve enfin le vêtement quand j'entends une voix derrière moi m'interpeller :

-On frappe avant d'entrer.

Je me retourne et tombe nez à nez avec Uruha. Il porte une serviette autour de la taille, ses cheveux mouillés lui tombent sur les épaules et quelques gouttes d'eau glissent encore sur la peau de son torse. La joie d'avoir retrouvé ma veste se transforme vite en gêne.

-G-O-M-E-N-A-S-A-I !!!!

Je sors aussi vite que je suis rentré pour aller me réfugier dans ma chambre.
Mon dieu qu'il est beau !
Beau ?
Cette pensée me foudroie. Il a un beau corps, certes, il a une bouille d'ange, certes, il est gentil, certes et il joue de la guitare, certes ! Mais ce n'est pas une raison pour tomber amoureux d'un... d'un... d'un HOMME ! Je dois être en manque, je n'ai pas pris ma dose ce matin, c'est sûrement à cause de ça !
Et si la drogue n'y était pour rien ?
Cette dernière révélation m'achève. Je m'étends sur le lit et je serre ma veste. Un bruit de plastique me fait fermer les yeux. Le sachet est toujours là.
J'aurais voulu qu'il n'y soit plus... combien de temps tiendrais-je sans m'en servir ? J'en ressens déjà le besoin, c'est léger mais c'est là, je ne peux pas le nié, j'en ai besoin. Je me lève pour fermer la porte à clé. Je dois tenir. Je pose ma veste sur une chaise et je m'étends de nouveau, attendant le moment fatidique, ce moment que je répugne, le moment où je ne peux plus lutter contre cette envie, cette dépendance. Je t'ai entendu frapper à la porte. Mais j'ai préféré t'ignorer, j'ai préféré ignorer mes sentiments.
Le temps passe, les aiguilles tournent. Il est 20h et mon corps tremble. Je transpire, j'ai soif, je ne me sens pas bien. Je perçois des bruits venant de l'entré.
Ils sont sûrement rentrés. Kai m'appelle et frappe la porte.
Cette épreuve c'est la mienne, vous ne pouvez pas m'aider.

-Aoi ! Ouvres la porte !

Ruki s'avance vers Kai qui est de plus en plus inquiet.

-Il ne répond pas ?
-Non.
-Laisse-lui encore une heure.
-D'accord.


Ils retournèrent à la cuisine. Reita s'avança et demanda au batteur:

-Alors ?
-Il refuse d'ouvrir.
-On peut toujours enfoncer la porte !
-Tout en finesse !
-C'est radical.
-Ca pour être radical, ça l'est !


Ils s'assirent et commencèrent à manger. Uruha mangea en quatrième vitesse, attrapa son manteau et fila mettre ses chaussures. Le bassiste l'interpela :

-Où tu vas ?
-Au boulot ! Mon patron m'a appelé ce matin !
-Mais il t'exploite ma parole !
-Je suis payé en conséquent, ne t'inquiète pas.
-Hum... t'es pas une machine non plus !
-Je pense que je reviendrais demain matin.
-OK ! A demain !


Et il sortit. Les trois amis se regardèrent un instant. Ruki se leva de table et commença à faire la vaisselle. Reita fila dans sa chambre, suivi par Kai qui s'arrêta devant la porte qui restait obstinément fermée. Il s'assit dans le couloir et attendit patiemment que le délai soit écoulé. 21h30 ! Kai tenta vainement de recommencer à frapper, ce qui n'eu évidemment aucun effet. Il appela en criant :

-Reita !!!!!!!!
-Quoi ?
-J'ai besoin de tes muscles !
-J'arrive !


Ni une, ni deux, le bassiste accourut à la rescousse et enfonça la porte. Kai se précipita à l'intérieur pour trouver une chambre vide. Les fenêtres étaient grandes ouvertes et un drap en pendait. Ruki arriva en trombe et engueula les deux imbéciles présents :

-Mais ça va pas la tête ? Qu'est-ce-qui va dire le propriétaire ?! Qui va payer les réparations ?!
-T'inquiètes.
-Quoi ?! Mais vous êtes cinglés ! Je vis avec des imbéciles !


Reita se releva le corps légèrement endoloris.

-Aoi a filé. On doit le retrouver !
-Et la porte ? Elle va se réparer toute seule ?
-Aoi est plus important ! Coupa le batteur soucieux.


Il empoigna Reita, attrapa sa veste et courut à l'extérieur. Il donna deux ou trois explications au bassiste puis ils se séparèrent afin d'augmenter leur chance de le retrouver.

*************

20h55.
Uruha pressa le pas et rentra dans un hôtel. Il monta plusieurs escaliers et sonna à une porte. Un homme qui faisait le double de lui le laissa passer. Il passa dans une petite chambre, là il posa ses affaires, se déshabilla, enfila un bustier mauve, un minishort et le compléta avec des jarretières. Il se coiffa rapidement, se maquilla légèrement et quitta la pièce pour en rejoindre une autre. Il s'arrêta derrière la porte qui donné sur le salon.
Des voix inconnus, d'autres familières se faisait entendre. L'estomac serré et la gorge noué, Uruha avança vers les gens présents.
L'un deux, un jeune homme en costume, se leva pour l'accueillir et le présenta aux autres.

-Voici mon cadeau de bienvenu, en espérant qu'il vous plaise.
-Merci pour cette attention.
-Je vous en pris.


Uruha prit place aux côté de l'invité. Ils parlèrent affaire pendant plusieurs heures. Évidemment, lui ne participait pas. Il n'était là que pour leurs yeux, pour leur plaisir.
Au début, il était venu pour postuler pour un poste de serveur et finalement il avait été embarqué là dedans. Il avait déjà essayé de protester, de fuir, mais rien n'y avait fais. Il restait désespérément prisonnier de cette situation.
22h30, l'affaire est conclue.
L'invité sort du salon et va dans une chambre.
Le jeune homme prends Uruha à part et lui explique :

-Ce type est bourré de pognon, alors tâche d'être à la hauteur.
-Oui.


Il le lâche et retourne s'asseoir. Uruha se dirige vers la porte et l'ouvre d'une main tremblante. Ce n'est pas la première fois pourtant. L'homme est déjà prêt, il est assis sur le lit et fume un cigare.

-Approche !

Il obéit. L'individu le prend par le poignet et l'allonge sur le lit. Il le déshabille lentement et fait passer ses doigts le long de ses hanches. Après avoir retiré tout les vêtements du « jouet », l'homme se mis à califourchon sur le blond et, caressa la peau offerte. Constatant que son cigare devenait encombrant, il l'éteignit sur le ventre du soumis. Uruha ne put retenir un gémissement de douleur. Le bourreau, prenant goût au jeu, menotta son cadeau aux barreaux du lit et passa sa langue sur le corps du blond. Le jeune homme se maudit alors d'avoir obéit. Malgré l'avertissement de son patron, il tenta de demander :

-Est-ce-que vous pourriez me détacher ? Les menottes me font mal.

Pour toutes réponses, le blond reçu une gifle. Il sentit l'homme lui soulever les cuisses. La peur le dominait totalement, d'habitude il essayait d'y prendre plaisir mais ce soir c'était différent. Cet homme était violent et ne se souciait guère de ses souffrances. Son corps tremblait, le bourreau se rapprocha d'un coup et pénétra sa victime qui ne put retenir un cri de douleur. Les à-coups devenaient de plus en plus violents. Entre deus râles, l'homme interrogea sur un ton de reproche :

-Qu'est-ce-que tu attends pour jouir ? C'est ton boulot, non ?
-...
-T'es bien une pute, non ?


Et il reprit les va et viens encore plus violemment. Des larmes silencieuses tombèrent de ses yeux et finirent leur course dans ses cheveux humides de sueur. La nuit parût une éternité. L'aube daignât enfin pointer le bout de son nez à travers les rideaux. Uruha ouvrit les yeux qu'il venait à peine de fermer sous le poids de la fatigue. L'homme avait quitté la chambre et son patron était assis sur une chaise. Il attendait visiblement son réveil.

-Tu as bien dormis ?
-Oui...
-Tant mieux, parce-que c'était ta dernière nuit ici !
-...
-Tu as été plus que décevant.
-J'en suis désolé.


Le jeune homme s'avança vers le lit, s'assit et embrassa tendrement le blond. Il lui sussura à l'oreille :

-C'est dommage, je t'aimais bien. Moi tu ne m'as jamais déçu.

Il le fit se rallonger et entama les caresses, passant du visage au torse, du torse aux hanches, des hanches à l'intérieur des cuisses. Lentement il glissa entre ses jambes, prit en bouche le pénis du blond et tout en montant et descendant, il continua à caresser ses cuisses. Un gémissement plaintif sortit de la gorge d'Uruha.

-Qu'est-ce-qui t'arrives ?
-C'est... c'est juste que je suis fatigué.
-Fatigué ?
-...
-Alors qu'est-ce-que tu fous encore ici ?


Il sortit du lit et lui balança ses affaires.

-Va te changer et rejoins moi dans le salon.

Uruha obéit. Il retourna se changer, se démaquilla et rejoignit son patron. Il était entouré de plusieurs gardes du corps. Il alluma une cigarette et ordonna :

-Foutez-moi ça dehors et faites en sorte qu'il comprenne ce qui l'attend si jamais il parle trop !

Ils l'empoignèrent et le jetèrent dehors. Ils le frappèrent chacun leur tour et lui laissèrent une liasse de billet. Le corps endoloris, Uruha tenta de se relever pour rentrer, mais ses jambes refusaient tout simplement de le porter. Il sentit une main tremblante se poser sur son épaule.

-Aoi ?

Mon nom dans ta bouche ressemble à une plainte douloureuse.
Ton corps tremble autant que le miens. Je les ais vu te jeter, je les ais vu te frapper, mais mon corps n'a pas pu réagir.
Je ne te serais pas d'un grand secours dans mon état. Pourtant te voir dans cette situation me rends triste.
Tes yeux se noient lentement dans un flot de larmes incontrôlables. Je te serre dans mes bras, peut-être que cela t'apaisera... au fond, c'est moi que ça apaise, oui, ta présence me fais un bien fou.
C'est à mon tour de me noyer, mais moi, je me noie dans les sueurs froides de mon corps. Les rôles ont changé, tu as compris que j'étais mal et c'est désormais toi qui m'enlace pour me supplier de ne pas fermer les yeux.
J'ai froid... mais je ne cèderais pas. Je ne veux pas replonger, c'est fini.
Des pas précipités se dirigent vers nous. Je reconnais la voix de Reita, il m'appelle, me somme de revenir.
Mais je suis déjà loin... je vais revenir, mais laissez moi un peu de temps.
Tu sais Uruha, je crois que je me relèverais ne serai-ce que pour te venger.
Je n'aurais pas du te suivre, mais je l'ai fais et je les ai vu te faire du mal. Je l'ai ressenti au plus profond de ma chair... ils ont souillé ton corps si fragile.
Pardon de les avoir laissé faire. A mon réveil, c'est toi que je veux voir.
Uruha, je t'aime.

A suivre...

Aoi: Genre... Comme si j'allais déballer des trucs comme ça à Uruha ?! T'es vraiment tordue comme fille !
Tsuki: >.< Tu casses l'histoire là !
Aoi: Et alors ?
Tsuki: * s'en va * Je suis une auteur incomprise !
Aoi: Ba voyons... >.>

# Posté le jeudi 06 décembre 2007 13:51

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