Auteur : Tsuki
Source : Toujours The gazette !
Se lever pour recommencer
Chapitre 2
La soirée était déjà bien avancée quand j'ai quitté le pont. Les rues sont de plus en plus froides. Je n'aime pas vraiment venir ici, mais c'est plus fort que moi, j'en ai encore besoin et si je ne veux pas avoir d'ennuis il faut que je les paye.
Un jour, j'arrêterais... quand ?
Je n'en ai aucune idée, mais il faudra bien que je décroche.
Un groupe m'attend au bout de la rue.
-T'as le fric ?
-Oui.
-Ok, amène-toi.
Je les suis, sans rien dire. Nous arrivons devant un grand immeuble désaffecté, ils me font rentrer et me font m'arrêter devant une porte. L'un deux m'interpelle :
-Le boss est à l'intérieur.
Mon estomac se resserre. Je sais pertinemment que l'argent que j'ai ne suffira pas. J'inspire un bout coup et je rentre. La pièce est sombre, mes yeux se perdent dans l'obscurité. Une voix résonne dans le fond de la salle :
-Tu n'es pas venu les mains vides j'espère ?
-Non.
-Apporte-moi ça !
Je m'approche et lui tend un sac. Il le saisit et le vide sur la table. Le cliquetis des pièces me fait frissonner.
-C'est tout ?
Cette phrase a des airs de coup de fouet.
-Je vous apporterais le reste la prochaine fois.
-La dernière fois aussi tu m'as dit ça.
-Je sais...
-En plus, j'ai remarqué un truc...
-Quoi ?
-Tu m'en prends de moins en moins, t'aurais pas l'intention de décrocher par hasard ?
-Non, c'est juste que... j'ai de moins en moins d'argent.
-Vous m'en direz tant ! Tu te fous de ma gueule ?
-Non.
-Alors tu seras ravis de prendre ça !
Il déposa plusieurs sachets sur la table. De longs frissons parcoururent mon corps.
-Je ne contais pas t'en prendre autant aujourd'hui...
-Et pourquoi ?
-Je vous l'ai dit, je n'ai pas assez d'argent.
-Dit plutôt que t'as pas l'intention de m'en reprendre ! Mais je peux pas me permettre de perdre un client.
-Je vous jure que je n'ai pas arrêté !
-Les gars !
Le groupe de tout à l'heure entra dans la pièce. Inconsciemment, mon corps tremblait. Oui je voulais décrocher ! Oui j'en avais assez de dépendre de cette connerie...
Mais quand on rentre là dedans, la sortie est dure à retrouver. L'un d'eux m'attrapa le bras et me le plaqua contre la table. Il prit une ceinture et me l'enroula autour du poignet. Un autre sortit une seringue.
Non ! Je commence à peine à ne plus en dépendre !
Je ne veux pas replonger...
De légers picotements me font prendre conscience qu'à présent, me débattre ne servira plus à rien...
Ils relâchent mon bras.
-Comme ça, je suis sûr que tu reviendras.
-...
-Je te fais cadeaux de ça.
Il glissa un sachet dans ma veste.
-Foutez-moi le dehors !
Mes jambes ne réagissent plus. Un des types m'empoigne et me traîne à l'extérieur.
Une fois sortis, il me soulève et m'envois contre le sol, puis s'ensuit une rouée de coup. Je n'ai plus aucun réflexe, alors je subis et je me mords mes lèvres afin de ne pas pleurer.
Des heures semblent s'être écoulées depuis qu'ils m'ont laissé dans cette rue. Je ne sens pas la douleur des blessures parcourant mon corps, la drogue fait bien son travail.
Je croyais ne plus jamais ressentir ça, mon esprit est embrumé et ma vision flou. Je me relève et je commence à marcher.
Je ne sais pas où je dois aller.
Les passants me regardent avec dégoût, d'autres avec pitié.
La solidarité n'existe plus.
De l'aide ?
Pour quoi faire, je n'en ai pas besoin. Mon pied percute quelque chose et je me retrouve de nouveau à terre. Cette situation est agaçante, j'ai envi de hurler, j'ai envi de pleurer.
Mes yeux se ferment et avant de sombrer j'ai bien cru entendre quelqu'un m'appeler :
-Aoi ! Est-ce-que ça va ?
Comme il est doux ce son. Une agréable chaleur m'enveloppe. Je suis si bien... si la mort ressemble à ça, alors je veux qu'elle m'emmène. Allez, je suis prêt, prends moi...
-Prends-moi...
-Tout de suite ?
- ??????
-On se connaît à peine ! Est-ce-que j'ai l'air d'un garçon facile ?
Mes paupières se soulèvent et laissent apparaître un visage souriant. Mon réveil est accompagné de plusieurs rires. J'essaye de me relever mais une douleur aux côtes m'en empêche.
-Reste couché ! Tu es sérieusement abimé.
-Kai ?
-Tu te souviens de moi ?!
-Oui...
-Heureusement que je passais par là pour rentrer, sinon tu serais resté dans cet état.
-Ah...merci...
-Tu peux te reposer ici autant que tu veux !
-Non ça ira... je ne veux pas vous encombrer.
-De toute façon t'as pas le choix ! >.<
Un garçon blond s'avança à ma hauteur et déposa un verre d'eau sur la table de nuit.
-Kai a raison et puis tu ne nous encombres pas du tout.
-Merci...
-Je m'appelle Ruki.
-Moi c'est Aoi.
-Lui là-bas c'est Reita.
Il montra le jeune homme qui était assis aux pieds du lit. Le bruit de la porte d'entrée les fit tous se retourner.
-Je suis rentré !
-Et ça, c'est sûrement Uruha. Intervint le batteur.
Ruki sortit de la chambre et appela le nouveau venu. Les deux jeunes hommes revinrent ensemble et le Uruha en question me salua. De ma vie, je n'ai jamais vu un visage aussi fin et gracieux. Kai me donne un coup de coude pour me faire revenir sur terre.
-Ah... pardon, je m'appelle Aoi.
-Enchanté, moi c'est Uruha.
Il se retourne et sort de la chambre. Ruki et Reita font de même. Le brun s'assoie à mes côtés et me demande :
-Ca va ?
-Oui.
-Je crois que tu aimerais récupérer quelque chose.
Il se lève et rapporte une guitare.
-Merci de l'avoir prise avec toi.
-Je me suis dis que tu pourrais me montrer un ou deux morceaux.
-Je ne peux pas rester, je n'ai rien pour payer cet appartement.
-Ruki est d'accord pour que tu restes si tu essayes de trouver du boulot.
-C'est vrai ?
-Puisque je te le dis !
Il se lève et me laisse tout seul. Finalement, c'est peut-être un nouveau départ. Une nouvelle chance.
A suivre...
Aoi: Une nouvelle chance ? Mes fesses ouais !!! è_é
Tsuki: * le frappe * Tu vas te taire oui !!!! >.<
Aoi: Il y a atteinte à beau guitariste là !!!! Qu'on l'enferme cette folle !!!!
Tsuki: * l'assome * C'est qui que tu traites de folle ?
Aoi: X_x
